SCENE IV
Les Mêmes, LOUISE, elle tient unpapUr.
LOUISE
Madame, voici ce que le domestique de madame Derville vient de rometlre pour vous. . . Bonjour monsieur Anatole. {A Val' vibux. ) Votre servante, mon parrain.
MAD. DEHMAISCE.
C'est le Journal des Modes. . . Ma tante y est abonnée, elle a toujours soin de me l'envoyer.
VAtviErx, d part.
Le Journal des Modes. . . Allons, encore une bonne lecUire.
JEA>', d Louise.
Et à moi, est-ce qu'on ne me dit rien ?
LOUISE
Bonjour, Jean. ( À part ) Comme il a l'air bête, ce matin.
JEAN
Je ne suis pas changé, mam'zelle ; je vous aime toujours.
MAD. DERMANCE.
Mais vovez donc, monsieur Anatole, comme ce canezou est élégant. {Elle lui montre la gravure du Journal des Modes.)
ANATO LE.
Quelle coupe enchanteresse! et comme ces gigots donnent de la tournure et de la grâce.
VALViETJX, d part.
Des gigots. . . Où vont-ils chercher tout cela?
MAD. DERMANCE, lui montrant une autre gravure. Et ceci ?
AINATOLE.
Délicieux! une robe-foulard à dessins de cachemire, avec manches-bérêls ; c'est du dernier goût.
VALviEfx, d part.
Une robe-foulard, à présenti de mieux en mieux.
MAD. DERMANCE, reprenant le première gravure. Vraiment, je suis enchantée de ces manches; et ces touffes de rubans, yoyez-donc!
ANATOLE
C'est bien cela , on en met jusqu'aux coudes. J'ai vu une robe absolument pareille, la veille de mon départ, chez Céliane; ce que j'admire surtout, c'est cette ampleur... VALviEcx, avec dérision.
Cela doit être agréable quand on veut se donner le bras.
ANATOLE
Ah! je conçois que ces maoches-Ià vous semblent un peu larges ; mais c'est tout-à-fait passé en principe.
AïK : De ta Robe et les boites.
Cette mode a pris de l'empire, Elle fait fureur à Paris, Et ces manclii's que l'on admire, Ont gagné jusqu'il nos Iiabits.
VALVILUX.
Si leur ampleur qui vous transporte, Augmentait encore vraiment.
Il faudrait faire élargir chaque porte Pour passer plus commodément.
LOUISE
31adame, le déjeûner est servi.
MAD, DERMANCE.
C'est bien , Louise. (A Valvieux.) Etes-vous des nôtres, mon voisin?
VALTiErx, avtc un peu d'humeur.
Madame, j'ai conservé Ws habitudes du villap;e, je déjeûae de bonne heure et je m'en trouve bien... Je vous laisse, mais pour peu de temps... j'ai des ordres à donner chez moi. ( -/ Anatole. ) ftiousieur, je vous salue. [A part.) Si je n'y prends pas garde» voiià un gaillard qui lui fera l'aire quelque sottise. (// sort.)