MADEMOISELLE SARAH BERNHARDT
Emission de 33,333 obligations d'aller leur voir jouer la comédie.
On sait que les journaux politiques et les autres n'éprouvent aucune répugnance à recevoir beaucoup d'argent pour recommander à leurs abonnés un tas d'affaires plus ou moins véreuses.
Vous n'ignorez pas comment cela se pratique ; on chante sur le mode majeur tous les avantages d'une combinaison qui consiste à bâtir des moulins sur le sommet du Mont- Blanc sous le prétexte que le vent ne manquera pas, et la famille Gogo qui est extrêmement nombreuse en France se jette sur les actions avec un empressement incroyable.
Celles-ci tombent quinze jours après à 10 centimes audessous de zéro ; et qui rit dans sa barbe?
Ce n'est pas l'excellente famille Gogo.
L'affaire que nous recommandons à nos lecteurs n'a aucun rapport avec celles dont nous venons de parler. C'est un placement de toute sûreté et en même temps une bonne action. Qui ne serait heureux de voir mademoiselle Bernhardt, qui fait tailler ses plumes dans une pelotte de ficelle, se développer et engraisser, à mesure que mademoiselle Céline Montaland qui finira par prendre le dôme de Saint-Augustin pour jupe de dessous, reviendrait à des proportions plus modestes?
Eh bien ! la société qui se fonde a ce double but. Un médecin décoré — ils ne le sont pas tous encore — a trouvé un moyen pour faire passer, à l'aide d'une machine électrique, l'embonpoint de mademoiselle Céline Montaland sur les épaules de mademoiselle Sarah Bernhardt.
Nous recevons pour prôner cette affaire industrielle — autant le dire tout de suite — un petit million.
Mais nous sommes de trop bonne foi, et nous nous ferions trop de scrupules de tromper nos lecteurs pour ne pas leur dire :
NE SOUSCUIVEZ PAS
tJIO PARIS-CANARD
Le journal de V Autre Monde n'eut que quarante numéros. Son dernier écho fut celui-ci.
Cueilli sur la pierre tumulaire d'un défunt époux cette touchante plainte d'une veuve inconsolable :
Mes larmes ne le ressusciteront pas.
C'est pourquoi je pleure !
La critique du journal de VAutre Monde est plus profonde qu'on ne se Timagine. Cette feuille parut au moment du débordement des journaux financiers. Il y en avait à Paris 894 qui mettaient en coupe réglée répargne publique. D'aucuns, anciens cochers, des déclassés de toutes sortes, n'ayant aucunes ressources, sans domicile, confectionnaient un journal, et, en avant le chantage I J'en connais un qui en avait dix-sept, un autre neuf. Le truc était bien simple. La même copie servait; le titre seul changeait sous presse. Vingt-cinq exemplaires, les bureaux sous le deuxième marronnier de la place de la Bourse et le tour était joué.
Ils visaient les maisons en vue. Comme la chenille, ils choisissaient les meilleures feuilles de Tarbre. M. Ferdinand de Lesseps était pour eux, « le grand Français » s'il éclairait. M. Marius Fontane en sait quelque chose. Dans le cas contraire, risthme de Suez était une blague, le Panama un vol. Ces gredins, véritable Condottieri^ vivaient grassement de la faiblesse et de la bonté d'âme des uns, de la vanité des autres. Ils vécurent jusqu'au
Krach. A ce moment il fallut bien qu'ils rentrassent dans leurs cavernes. Le Krach eut, au moins^ cela de bon qu'il nous débarrassa de cette engeance et rendit à la presse financière, à la vraie, sa véritable valeur. Nous sont restées seulement les feuilles dignes de ce nom ; le Messager de Paris, la Semaine financière , \e Petit Journal financier. Ce dernier, sous la direction de M. A Mollien, un jeune, qui met cet axiome en pratique : « QuePinté- « rêt d'un journal financier est de n'engager sa « clientèle que d'après sa propre conviction et de « faire passer les intérêts de ses abonnés avant le « sien. »
Pour terminer cette étude, il faut citer le Xoiœeau Journal et l'invention de M. Alphonse Millaud pour l'imposer aux lecteurs. Hélas ! le lecteur fut rétif, mais l'invention du père la réclame survivra.
Tout Paris l'a connu.
A l'angle du faubourg Montmartre et du boulevard Bonne-Nouvelle, comme jadis Bamboche devant Lazzari, boulevard du Temple, se tenait le père la réclame. Il arrêtait les passants comme ne le ferait pas le roi des Pitres. Il tenait un journal à la main. Le Xouceau Journal naturellement. Il le lisait :
... Nous avons le regret d'annoncer un nouveau crime qui dépasse, en monstruosité, tous ceux connus jusqu'ici.
Un prêtre s'est livré à une série d'attentats à la pudeur sur des petites lilles confiées à sa garde. Ce satyre ne s'est pas contenté de les violer ; il les a assassinées. . .
Tout à coup il s'arrêtait. Puis, avisant dans la foule une « bonne tête » et le saisissant par le revers de son habit, il lui disait :
— N'est-ce pas, monsieur, que c'est une infamie ? L^homme ahuri répondait :
— Oh I c'est horrible.
— Eh bien I reprenait le père la réclame, montez au premier, vous vous abonnerez et vous lirez la suite.
Il va sans dire que c'était un caiictrcl, tout comme Vhirondelle que m'adresse l'ami Meus3^pour clore
cette première série :
D'air et de soleil épris Le citadin se promène, Cherchant entre les toits gris Le ciel bleu qu'Avril ramène.
Jl fait un tour matinal Sur le quai de la Tournelle, Ayant lu dans son journal Qu'on y voit une hirondelle.
Rien ne s'offre à son regard, Pas un bec, pas une plume.
L'hirondelle est un canard !
Scarron et les Eponges. — Les Sabliers. — Les Filtres. — Les Vans. — Plume et Ciseaux. — Comment on arrive parla réclame.— Un lecteur convaincu. — Paris-Viveur et la loi Tinguy. — Le Chien électrique. — Un journal de treize ans. — La Coquille, le Bourdon et l'Interversion. — Douleur de Paul de Saint-Victor. — Le Constitutionnel et M. Thiers i
Les deux Libertés. — Emile de Girardin et les Ukases. — Comment de Girardin entendait le journalisme. — M. Castagnary, critique dramatique. — Gasperini et le baron Brisse. — Le pâté de la chanoinesse. — Le mercredi des Cendres. — Roques de Filhol et le nommé Dieu. — Hector Pessard révolutionnaire. — Roi du journalisme et Reine d'Espagne. — Jules Vallès et le général Yusuf. — M. Francisque Sarcey et ses bretelles. — Le duel à la pleurésie. — Thiers et Girardin. — La première de Nos bons Villageois. — Question sans réponse. — Girardin socialiste. — Un bon tour. — La république mercière i8
La Presse. — Victor Hugo. — Girardin et Armand Carrel. — Un coup de pistolet sur Louis-Philippe. — Une lettre inédite de Bergeron à M. Félix Pyat. — Le soufflet de l'Opéra. — Une recompense nationale. — Ch. Monselet teneur de livres et romancier. — Napoléon III et Pie IX. — Mirés, — Ma religion me le défend. — Mirés et Solar. — Le mort vivant. — Poète et financier. — Mutations de la Presse. — Un abonné de 5o ans. 64
Le Guillois et Commerson. — La belle Olympe. — Le gros 20. — Le Hanneton en correctionnelle. — Le serment à l'Empereur par huissier. — Les boulangers agents électoraux. — L'homme aérien. — Que qu'ça m'fait. — L'Empereur à cheval. — Mort du Hanneton. — Son épitaphe 76
Les Punaises dans le beurre. — IS Inflexible. — Madame la Marquise est si bégueule! — Edmond About et Voltaire. — Marchai de Bussy. — Agonie au coin d'une borne. — M. Pinard et les fonds secrets. — A Juif, Juif et demi. — Le petit Chariot. — L'insecticide. — La tisane de linflexible 88
La Rue. — Le faux duel. — Le boniment de Vallès. — Jules Vallès jugé par Louis Veuillot et Paul de Saint-
Victor. — Les commères de la place Vavin. — Vallès et le Soleil. — Une visite chez le bourreau. — Le sauveur des assassins. — Le Rat mort et la Nouvelle Athènes. — Le mot est de moi. — Pipe-en-Bois. — Cochons vendus. — Epitaphe de Jules Vallès par M. Gh. Laurent 9+
Les Nouvelles. — La liberté de 1848. — A bas la Presse à un sou. — Les yeux verts de la Morgue. — Entre quatre planches. — Glatigny chez la princesse Mathilde. — Les deux Aveugles. — Il ne l'embrassera pas, — La paire de bottes. — Comédiens et spectateurs. — Où est le caissier? — Les Nouvelles de 1870 108
La Lune. — Lamartine, présent de Dieu. — Louis Veuillot. — André Gill. — En place; un vis-à-vis. — Pilotell et Raoul Rigault. — A la Chambre. — Evasion d'un traversin. — Le noyé de la Morgue. — Citoyen, à vous l'honneur. — Jules Vallès et André Gill. — La sardine gigantesque. — L^ foule et la fortune à tous. — Fin d'un faiseur. — Paris-Caprice. — Le suicide de Détouche. — Homme de lettres et blanchisseuse. — Un journaliste fumiste. — Lafosse. — Un coup de revolver. — Un chapeau légendaire. — \J Electeur libre. — Ernest Picard et Veron. — Les chercheurs de truffes. Voulez-vous la lune? — La cage aux poules. — Arthur Picard et Lapalisse 120
\J Avenir National. — M. Etienne Arago. — La baignoire de M. Haussmann. — Trois galons pour un bain. — Le
maire de Paris et Grille d'Egout. — Mahias pour extrait. — M. Thiers est trop petit. — La Patrie en danger. — Une partie d'échecs. — La veillée des armes. — Un propriétaire difficile. — La grande citoyenne et la Révolution sociale. — Le préfet de police, apologiste de Blanqui. — la Gaule libre. — Georges jBerry journaliste 142
Le Monde pour rire. — Havin et le nez d'Hyacinthe. — La renommée sans culotte. — Havin enfant de chœur. — L'éponge de Jouvence. — Le Centre gauche. — Florian Pharaon. — Thomas Puech. — Henry Duchesne. — Étrange Farcy, Camille Récit. — Le cocher patient. — Marc Fournier. ■ — Sa Majesté Invasion HI. — Le Journal de Paris. — M. Edouard Hervé et PAmnistie. — M. Ranc et le myope régicide. — Victor Noir au Journal de Paris < i53
Le Père Duchêne. — L'Impératrice et Maroteau. — On nous a saisis. — Lebiez et Barré journalistes. — Le Faubourg. — Delesveau et M. Bazin. — Puissant et xM. Francis Enne. — La Misère. — Désiré et Gustave Flourens, — Le Jocko. — Le Rrrran! Le Salut. — Les rastaquouères de lettres. — Les louanges de mademoiselle X... — Le lampiste allume; M. de R... éclaire. — Le Sifflet et Michel Anézo. — M . de Broglie et le cochon du Sifflet. — Saint Joseph. — Une victime de la réaction. — Le Carillon. — Encore saint Joseph et le maréchal — Pensées et maximes sur la femme. — Un dizain réaliste 171
Le Parlement. — Grégory Ganesco. — Le Courrier du dimanche. — Lettre de Ganesco à l'Empereur. — Ganesco vacher. — Du lait à onze francs le litre. — Ganesco en chaleur. — Une veste électorale. — Bons Belges. — Le gamin de la forêt de Fontainebleau. — La croix de M. Bravay . . . , 196
Le Courrier de France. — Le Mirabeau de Brioude. — Le fumeur hollandais. — Un pilier d'antichambre. — Les trente millions de Guyot-Montpayroux. — Les diamants de mademoiselle B... — Bismarck rend l'Alsace et la Lorraine à la France. — Tu gouverneras le monde. — M. Léonce Détroyat ambassadeur. — Le boudin et les cochons 206
Une fêlure. — Ici l'on pave. — Un bon discours. — Je ne me sers pas de ce papier. — 5oo francs ou 2000. — Stamir et Marchai. — Les fonds secrets et les réunions pubHques. — Gaston Vassy. — Arrêtez le train. — Pas de pain, mais des truffes. — Une bonne oraison funèbre. — Guillemot et les badingoins. — De la vraie ou de la fausse... — La croix d'officier de la Légion d'honneur pour l'Alsace- Lorraine. — Un gendarme et M. Fontaine 216
3l8 TABTE DES MATIERES
Paris sous la Commune. — Un fiacre pour le dépôt. — VActio7i. — V Affranchi. ■— Le Mot d'ordre et Racine de Buis. — L'Ami du peuple. — Le Vengeur. — Félix Pyat et Henri Rochefort. — Fusillés. — Un lapin qui bat du tambour. — Le Bien Public— Le Bonnet rouge. Le Bon Sens. — Cdin et Abel. — Le Châtiment. — La Commune. — La Caricature. — Le Corsaire. — Le Cri du Peuple. — La Discussion. — U Estafette. — Le Faubourg. — Le Fédéraliste. — Le Père Duchène. — La Mère Duchêne.— Le Fils du Père Duchêne. — Les ]simbonneaux sacrilèges. — Le Grelot. — Le Journal officiel. — Le National. — Le Mont-Aventin. — La Nation Souveraine. — Paris-Libre. — Le Pilori des Mouchards. — U Union française. — Un obus indiscret. — La liberté de la presse sous la Commune, .... 228
Les journaux pornographiques. — Le Gil Blas. — Ci gît 1880. — L'année pornographique. — La revue des Variétés. — Le cercle de la Presse et Rabelais. — M. Zola et la presse pornographique. — La Silhouette et le pot de chambre. — Le Boudoir. — V Evénement Parisien.
— Le Piron. — Le Boccace. — Le Décameron. — La Lanterne des cochons de Paris. — La Grivoiserie parisienne. — V Asticot. — Le Rabelais. — Alphonse et Nana. — Boccacio. — L'Evénement parisien. — L'art de manger les moules. — 2899 jours de prison. — L'Egayement parisien 273
Le Constitutionnel. — Tbiers socialiste. — Le Juif-Errant.
— Les 10,000 francs du père Aymés. — Le Journal des
raccourcis. — Appel aux condamnés à mort. — Une fantaisie macabre. — Le Courrier français. — La curée de Tabonné. — Le truc du déjeuner. — La coupure révélatrice. — Le citoyen Tolain. Une mauvaise farce. — Rossel et le général Cluseret. — Le Boulevard. — Une lettre de Méry. — Un sonnet de Baudelaire. — Jules Vallès sentimentaliste. — Les moulins à vent et M. Ludovic Halévy 281
EMILE COLIN. — LMPRIMERIE DE LAGNV
La Bibliothèque Université d* Ottawa Echéance
The Library University of -Ottawa Date due