‹ Paris chantantChapitre 48 sur 130 · SI · texte numérisé non relu

SI

é=Pê

Crrj:

la noc' for - - cte à per - - pé - tu - i P

IÉÈÉ

Jîîi

Hop

hop! hop ! hop! Al - Ions, C/i/' - ca/v/, vile au ga - - lop !.. Hop! Iioj> ! hep

£eh

hop! Tu n'en au - ras ja -niais de trop.. . ( Criant: ) Hop! hop! hopHiop! O hais!

i l'Opéra.

Mais, sais-tu bon qu'la p'til' Zizinc Va nous faire entrer?... que bonheur!. . Zizin'. vois-iu? c'est ma cousine ; A l'Opéra qu'est dam' de chœur.

Elle es! inainl'nanl d'ia liaut' volée; Eli ben!... malgré ses apparats, Elle a l'eslim' du coryphée, El si ça n'est pas des ingrats.

Reine on la mellra, Des ris, des rats De l'Opéra!! .

Biblut. —Allons, vivement !.. liions par l'entrée des misses! .. Que chance, hein !.. j'entends déjà les scieurs de bois du général Musard!... En v' là une puissance cossue, que celle de Zizine !... sans compter qu'elle a ses entrées dans les plus grands salons de Paris... au Salon de Mars!... au Salon de Flore!... a la salle Saint-Georges !.. Allrape l'escayer, nous v'Ia dans la salle.. Ohais!... les masquaou!... les flain- Iraraou!... vous tairez-vous, les braillaraou?... hein! que bal!... que foule.'., que bacchanal !... aie donc, va comme j' tepousse!... m' faut d' la place, d'abord ! Ah !... qu' c'est bêle!... à cause des costumes, de n' pas pouvoir entrer seul'ment dans l' Pigeonnier.

Poti\. — Quéqu' c'est qu'eu I' pigeonnier?...

Hmilot. — Hé! c'est le foillier!... ça s'appelle comme ça, parce que c'est une grande volière à pigeons... Tiens !.. viens les voir aux carreaux... r'garde-les s' prom'ner là d'dans!... y en a-l-il !... (/( roucoule.) n ion ! ..rrrou!...rrrou!... rrrou !... faites la roue, mes

petits!... ça n' vous empêchera pas d'èt' plumes.. ... c'te nuit. Mais tu n' peux pas comprendre ça, toi, Potin, vu que c'est pour loi d' ['liistoire qu'est par trop naturelle!-. Oh! Potin!... arrive! arrive ! arrive!... v' là du bruit, on s' pousse!... c'est quéqu' chose de beau!. . j' disais ben, moi ; c'est l'entrée dans le bal de monsieu Chicard, surnommé le grand Farce-à-Parl.

Cbicahii, entrant. — Tiens!... te v' là, la laitière suisse!... j' viens de rencontrer un couvreur qui m'a parlé de toi!...

Potin. — Bravo!

CmciRo. — Quelle foule!... pauvres femmes! .. eu t' là des belles qu'on presse!...

Potin, suivant toujours Chicard. — Bravo!...

Bidlot, formant un porte - voix de ses deux mains, et faisant le crieur : — Demandez les cent calembours et bons mots débites sur tous les théâtres de Paris : un sou!

Un paveeb, passant devant Chicard. — Ris donc un brin, Chicard!...

Ciiicaiid. — Voyez-vous çj, 1' paveur!... comment se porte ta demoiselle?...

Potin. — Bravo !...

Ciiiciim. — V là un marchand de volailles qui veut t' parler d'elle'....

Pari*. — Bravo!...

Biiilot, continuant de rrier. — Demandez encore les cent calembours, etc., etc.

Uni: tiuhi'E iie jeunes MASQUES, entrant. — Ohé! la musiiiique !... ohé' les danseuses!... qu'est-ce qui veut du cancan et de la chaloupe à mort?...

Gin uin. —Tais-toi donc, lié! maçon !.. tu n' trouves donc plus les mois longs?... Oh! quel nez!., que pif!... c'est un effet de l'art... on le reconnaîtra maigre

ça,- avec ta danseuse de l'Opéra... c'est loi l'auteur de l'Ode aux rats... va donc, rat d'auteur!...

Birlot, criant. — Demandez plus que jamais les cent calembours débités par MM. Odry, Levassor, sur les théâtres de Paris; demandez : un sou !. .

Ciiioard. — Zut!... je m'en vas!...

Birlut. — Suivons-le, Potin !.. y va, ben sûr, à la Courtillel... Juste!... y prend un fiacre!... (criant ) Ohais! Cliicard dans un fiacre !. . attrape le marchepied, Potin !... roulez, cocher!... tapez derrière ! counu !... connu!... tapez derrière !...

Viv' le carnaval,

La noce et le bal! ..

Mais, dans cett' fêle, Moi, j'dis qif c'est bête D'êl' condamné comnf Cliicard attristé A la noc' forcée à perpétuité!...

Hop ! hop! hop! hop:

Pauvre Cliicard ! plus de galop !!

Hop ' hop ! hop ! hop !

Tu n'en avais jamais de trop'

A la Courtille.

Vois-tu d'ici cT enseign' qui brille, C'est Desnoyer et I' Grand Vainqueur; Ce n'est vraiment qu'à la Courtille

Une r carnaval est en honneur !

On dit qtf tout I' mond' paye à la porte. Moi qui n'aim' que 1' plaisir gratis.

Je vas filer, suis-moi, qu'importe?

On passe à la laveur des cris

Des lilis,

Des fi fi s.

El des malins finis!

Entrez !... c'est payé!... vive la ligne !.. v' la comme ça s' joue !... Ohé! le comptoir, ohé!... qu'est-ce que c'est que ce genre-là, de forcer les gens i'e prendre une bouteille en entrant?.. Enfoncé, Desnoyer, le teinturier! et son vin, qu'empêche d'entrer!...

Ih Espagnol. — Ah ça!... est-ce que vous n'allez pas vous taire, les moutards:...

Biblot. — Ou! c'f Espagnol !... avec son chapeau en parasol!... voyez-vous ça, M. Traiala'... gare, que i' passe!..

Un matelot.— Dis donc, gamin, à quelle heure qu'on i' couche ?...

Birlot. — Va donc dire à ta mère qu'a te mouche!... as-tu vu, M. Turlututu !.. en v'ià un, de marin, qu'a passé sousl' pontEuxin.'... c'est lui qui l'a vu en mer, suspendu avec des fils de fer I... va donc, mauvais canotier, dans ton bateau de d'ehez I' ferblantier !. . marin d'eau de vaisselle !. . flambard de la Bièvre'. . corsairedu canal de l'Ourcq!...

Use Alsacienne. — Balai, balai! . poul mouches! . balais bien beaux et bien faits !...

Chicibu. - Tais-toi donc, l'Alsacienne, avec tes bas ■

laids; on voit bien que les bas sont aussi laids que les manches qui sont dedans!., a-t-on jamais pu voir des bas si noirs !...

B.inoT. — Demandez, messieurs, mesdames, les cent calembours et bons mots, etc.

U.i titi.— Tiens!... bonjour, la Goualeuse!... l'aitesdonc d' la place à c'Ie voleuse!... vertueuse:... dérangez-vous donc, j' vous en prie, pour Mlle Fleur-dt- Marie, qui vient promener par ici son petit rosier fleuri.

Cuicino. — Quel air de souris effrayée!... n' dirait-on pas qu'on veut l'avaler, celte jeune vierge de la vallée!...

Us badouillab». — Tu n'as donc pas fini, Cliicard, avec ton catéchisme poissard?... tu n'as donc toujours que ça à nous dire, pour nous faire rire ?... Voyes-vous c' matou? qu'est le roi du bagou!

Cbicakd. — Ah ça... je demande la parole, .le veux m'expliquer avec ces jeunes Frrrrancés.

f. Chicarii, grimpant dans Vorehesl re eu guise de tribune.

Ecoulez, mes p'tils enfants!. .

J' veux vous avouer qué'qu' chos' depuis longtemps, Voici l'instant 1... le vrirrai moment ! De vous parler franch'menl!

Eh ben ! écoulez, Sans vous faire prier !

(Tout le monde s'approche ; profond silence

Depuis longtemps je me suis aperçu De l'avanlag' qu'on a d'être inconnu ; Depuis que vous m'avez fait roi du carnaval. Savez-vous bien, petits, que ça ni'einbcl' pas mal! Faut être juste, aussi, Quand ça (inira-l-y?. .

Comment !... y faut qu' je sois partout ! Que je cancanne à votre goul !

Quand je n' suis pas en Irain.

Il me faut, bel et bien.

Avec mes gants à la Crispin,

Faire le comédien !

El crier, quand j'ai l'humeur quinleusc :

Ohais ! les goualeuses !!!

Les voleuses! el les balocheueueuses!...

Eh bien !... puisque vous y meiliz

De la ténacité, Je vas vous dire la vérité!. .

[Attention générale.

Cbicard, avec effusion.

Eh bien! vrai!!... je suis embêté D' la royauté !

( Vive sensation.)

A lel point, voyez-vous?

Que j' n'en veux plus pour deux sous!' Bien plus! en deux mots, Et retenez le propos,

ti'.l

J'en ai plein V dos. «

(Marques d'adhésion.) Ça vous plait-y c' que j' vous dis?

fOU .n'IMill -I-

Oul, oui, oui.

CHICMO , continuant -

Eh bien, mes p'iits amis, J' suis éreinté. Faits-moi V plaisir De m' procurer la paix cl île m' laisser dormir... {Il se couche sur une table et se drape dansson habit de marquis.)

Le nu i i mu s'élance sur la table où est couché

Clticard, en s'écriant :

Page 1