‹ Paris chantantChapitre 5 sur 130 · L'OUVREUSE DE LOGES ET LA LOUEUSE DE CHAISES · texte numérisé non relu

L'OUVREUSE DE LOGES ET LA LOUEUSE DE CHAISES

Air : Salut. 6 mon pays !

Madame Pastoureau, ouvreuse de loges au théâtre de la Porte-Saint-Martin, et Mademoiselle Béchamelle, loueuse de chaises à l'église NoIre-Dame-de-Lorelte, se rencontrent : l'une vient d'acheter du mouron pour son serin, l'autre du mou pour son chat. Le dialogue suivant s'établit entre elles :

— Comment vous va, c' matin?

— Toujours mon ostalraie...

— Croyez-moi, chère amie, Mette/.-y d" l'eau d' plantain.

Et l'commerce? — Entre nous, Nous gagnons quelques sous.

Mon théâtr', faut qu' je l' dise, Va bien ; et votre église ?

— Ah ! madam' Pastoureau !

— Ah ! manuelle Béchamelle !

— C'est le mêm' numéro !

— C'est la même séquelle !

— Monsieur l'abbé Simon Hier a lait merveille ;

On était tout oreille Pour son nouveau sermon.

— L' dram' nouveau, Dieu merci, A très-bien réussi :

C'est là que se distingue 1/ fameux acteur Mélingue.

— Ah! madam1 Pastoureau! ele.

— On était enchanté

D' nos prêtres et d' nos vierges ; On s' disputait les cierges. ..

La chaise a bien été.

— Nos acteurs sont flambants !

J'ai doublé mes p'tits bancs...

Ces messieurs et ces dames S'arrachaient les programmes.

— Ah ! madam' Pastoureau ! etc.

— On r' marquait des premiers Ceux qui nièn'nt la boutique :

Les membres d' la fabrique, Et les gros marguilliers.

— Nos loges s' garnissaient, Nos couloirs s'emplissaient Des figur's débonnaires

De nos actionnaires.

— Ah ! madam' Pastoureau ! ele

— Aux passag's les plus beaux

De c'tte œuvr', que I' ciel bénisse, J'ai vu sangloter V suisse, Pleurnicher les bedeaux.

— Près d'un municipal Qu'a failli s' trouver mal,

J'ai vu, succès plein d' charmes !

Deux sergents d' ville en larmes.

— Ah! madam' Pastoureau ! etc.

— Pour nous sanctifier,

La grosse orgue en cadence De jolis airs de danse V'nait nous gratifier.

— L'orchestre, au grand comple'.

Chez nous exécutait,

Dans lesscèn's pathétiques, Des hymnes, des cantiques.

— Ah ! madam' Pastoureau ! ele.

— Les plus beaux ornements, Et les fleurs les plus belles, Dans toutes les chapelles Offraient mille agréments.

— Nous avions 1' mêm' bonheur :

Des décors la fraîcheur,

Des coslum's la richesse, Enl'vaient encor la pièce.

— Ah! madam' Pastoureau! ele.

— Notr' curé rayonnait ; Pour lui, quel jour de fête !

A l'offrande, à la quête, Faut voir connu' ça sonnait !

— L' directeur est content ; Notr' dram' fait de l'argent.

— Ma foi, viv'nt les loueuses!

— Ma foi, viv'nt les ouvreuses!

— Ah! madam' Pastoureau! etc.

Il ir> 1 rnov

l'.UMS CHANTANT.

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