LES FLEURS ET LES SOUVENIRS
Ain : llr ïelva.
Marie, allons, c'est aujourd'hui dimanche, Jour de repos, d'espérance, d'amour, Et des buissons vois la couronne blanche Qui du printemps annonce le retour.
Plus de soucis, fermons sur eux la porte; L'ombre des bois va charnier nos loisirs. Et, lu le sais, toujours on en rapporte De belles fleurs el de doux souvenirs.
Jusqu'à ce soir, adieu, Paris superbe; Nous préférons à les longs boulevards L'humble sentier dont nos pieds foulent fherbe, Et la nature aux merveilles des arts.
Puisqu'on ces champs on respire et l'on aime. Ce bonheur-là suffit à nos désirs, Car dans les prés et dans les cœurs Dieu sème De belles fleurs cl de doux souvenirs.
Mais nous voici dans le bois solitaire Témoin discret de nos premiers serments; Te souvient-il d'un aveu téméraire?
Comme aujourd'hui c'était jour de printemps L'oiseau chantait sous l'épaisse charmille. L'écho voisin murmurait un soupir, Et puis tout bas je disais : Jeune fille, Laisse une fleur el garde un souvenir.
VoiS-lu là-bas ce vieillard qui s incline'.' Sa main tressaille en cueillant une fleur; Rien qu'à la voir son regard s'illumine, Avec respect il la met sur son cœur.
Courbe ton front, timide violette.
Car ion emblème a fait bien des martyrs, Et du vieillard la pauvre âme inquiète Trouve en la fleur de tristes souvenirs.
L'on n'entend plus qu'une voix enivranie, La voix qui chante et pleure au fond des bois. La rêverie, alors suivant sa pente, Vieni rappeler un songe d'autrefois.
Arbres, buissons, champs que la brise effleure Tout a frémi sous l'aile des zéphirs.
Recueillons-nous, mon ange, voici l'heure Des doux parfums, des jolis souvenirs.
Mais, quoi ! déjà la lune qui se lève Monte rapide el se cache à demi !
L'étoile d'or plane comme un beau rêve En se mirant dans le fleuve endormi.
Quand la lumière au logis nous ramène.
Songeant encore à d'innocents plaisirs, Nous rapporlons au moins pour la semaine De belles fleurs el de doux souvenirs.
ftOLLET.
•Mt