‹ Paris chantantChapitre 89 sur 130 · DEUXIÈME C01T1.KT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME C01T1.KT

Depuis, si je n' m'abuse, Grâce a cet appareil,

J'ai l.i science infuse, ICI j' lirais dans I' soleil !..

Avant, moi qu'était bête, Qu'était lourd comme un bceul !

.1' le parlais, dans cliuqu' lêtc

D' la pluie, ei du Pont-Neuf!...

Je te disais : La grosse Virginie a dansé ; La rivière est en hausse;

liO

Kl : I.

i renie a baissé

au moyen de cette Imlludiialinti

Tandis qu'a présent, c'est pu ça!

luminatoire, je puis te parler des Baleaux-canncs... des Joncs phénomènes... des Bonbons de Malte... Mauritains, du Savon-ponce, du Kaïffa, de 1*0*-

man, du Nafé, de la pâte Tachofuge et du Pavage

en boit, de plus en plus préférable au gré... des susdits inventeurs.... Je te dirai donc que Paris est en

proie à la Pavomanie la plus renforcée, et que, moi

qui te parle, je suis ferré à glace sur le pavage dit

l'eti morço d' boizosléréocomique. .. lequel aurait bien fait

l'all'aire de feu les chauffeurs. Je profiterai même de l'occasion pour te raconter comme quoi la fameuse Lenormand, l'Empirique de l'Empire... plus forte que la sébile d'Ecume... vient de payer, comme qui dirait sa dette à la nature... chose qu'elle avait oublié de lire dans son vieux craqueur de marc de moka... et, quand on pense, vois-tu, qu'ici, à Paris, on fait sa fortune en faisant accroire que le destin a la monomanie de déposer ses plus secrètes pensées dans le fond d'une cafetière, ça me fait dire :

gJ^^pÉ^my^np

Hein! quel - le nuit sa - lu - lai- re! Hain-te - liant, moi, ça m'é

claire. .. Et je me mo - que des gens Qui se laiss'nt four- rer de

ï3=g=rr=*

dans. Quand j'vois une af - fieli', ,1'lui crie: ah! j't'en fich'ÎVa l'en, va-

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- l'en, va -t'en, va - l'en, va -t'en!

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Cha

la - tan!!

PAKIS CHANTANT.

THOISlii.llE COUPLET.

J' voyais un diabl' «le gnome, Inventant, pas trop mal, La pommad' l'Iiilocome El le Cliou colossal!...

J'ai vu les vieux Rurgraves Claqués par cent Romains, Nouvelle espèc' d'esclaves Qui n' craint pas l'air aux main* ! . . Dans un' chaudièr' construite Tout en or, j'ai surpris Satan faisant la suite Des Mystèr's de Paris.

Etça n'a rien qui m'étonne, vois-tu?... vu quecetouvrage Chocnnsophique fait tellement floresque, qu'on vient de l'arquepineer dans l' monde le plus rupin ..à preuve,que j'en- >~ tendais, un jour que j'étais à la porte de l'Opéra, une jeune demoiselle qui disait, en parlant de la première chanteuse : — N'est-ce pas, maman, que, ce soir, la Goualeuse a été Chouette] .. Sans compter que le lion actuel tire la savate, 33, et pratique avec chic la Garde à Papa, et la Pochade à la Rodolphe ..car vois-tu, vieux!... il n'y a eu qu'une chose au monde... pour faire oublier les

l\fy*lère>

c'était la Voiture aérienne .. En voilà une mécanique chicocande

si promptement dégringoléquel'inventeuraobtenumédia.

tement le brevet du ParavoV. . .au trema-J chineétourdissante, '"' avec laquelle il est impossible de voler!.

Refrain : Hein !... quelle nuit salutaire!...

Maintenant, moi, ça m'éclaire... e'<

QUATRIÈME COUPLET

D'un chanteur à la mode J'ai vu les sacs d'écus ; J'ai vu Chicorabtidc Riche comme un Crésus!...

Et devant la chicane Au\ grands yeuv étonnés La bctt'rave et la canne Se battre en raffines!.'..

Pour vivre un peu moins maigres, Loin des fouets tourmenteurs J'ai vu messieurs les nègres Planter là... les planteurs!...

Et qui ;i

l'Allls CHANTAM

làl

Car ciilîn, tu sais que grftce a In eanne, les malheureux sont couverts de noirs... Oo s'occupe telle al d'eusses, vois-tu, que le nègre Boira par disparaître totale n et imperceptiblement de la surface delà boule, à preuve qu'un beau jour : bonsoir! ni vu, ni eonau, j' t'embrouille !...ça sera une race perdue, comme celle des carlins et des cochers d' COUCOU. .Mais ce n'est pas là... qu'est la pièce curieuse et intéressante... je t'ai parié nègre, et je I ai annoncé que la voiture aérienne n'était qu'un mauvais canard... Arrive ici un peu, mon vieux!... que j' te cause naagnétisse, galvanisée, sans vouloir dire pour ça qu'il s'agisse de l'argenture et de la dorure du sieur lîuoltz, particulier très connu, auquel il est bien prouvé, à présent, que la fortune vient toujours quand on dore, comme lui... Il s'au'it présentement d'un jeune Somnambule, Funambule ou Noctambule... qui travaille mieux, les yeux fermés, que toi-/.*-et moi les veux ouverts!... à preuve qu'il traverse, avec ses veux de sphinx, et à l'aide d'un bandeau très épais, toutes les espaces inimaginaires... il lit, décliilTreet observe la ponctuation à travers les muraille: comme seraient susceptibles de le faire tes deux sœurs, si toutefois elles étaient jumelles

Refrain : Hein!... quelle nuit salutaire!... Maintenant, moi, ça m'éclaire ;

Kl je me moque îles gens, etc.

les maisons et les rovaumes.

CINQUIÈME COUPLET

l'en ai la têt' timbrée V me casser le cou !...

Enfin, dans la chambrer, On me prend pour un fou!.

J'en ai vu, il' ces Topiques Radicaux, pectoraux, .l'ai vu des Cosmétiques A remplir des boisseaux!..

J'ai vu, pour les provinces, Des tas de Caoftt-choiiC, J'ai bu de V l:nu des princes J'ai flairer /lactilitiut.

Kl noie bien, ma vieille, que j' te passe l'Ambassade en Chine... ainsi nommée, parce qu'elle n'y pénétrera pas du tout... attendu que la fameuse muraille de ce pays n'est pas, comme on I' croyait, en porcelaine... mais, Ani/laise. Je ne te dis rien des Messagers parisiens, qui se battent à l'heure. .. qu'il est avec les commissionnaires comme des crocheteur».

ni

wmm'

des Chemins de fer atmosphériques, avec lesquels, sans vapeur, on va se donner de l'air ! .

Je ne te parle pas, non plus, des aventures du Télémaque, navire infortuné, auquel on n'a pas encore pu donner une position à mi-cale.... mais je te touche troi> mots de la statue de .Molière..

qu'on vient de placer au-dessus de la fontaine... /lichelicu. La Comédie française est venue le saluer... M. A. Régnier a enlevé sa toile... et ça a suffi pour inaugurer la fontaine avec une certaine pompe... Je finis la chose, en te disant que ce que j'ai entreperçu de plus bouffon, c'était un gros bataillon de grandissimes trompettes., un tasdegalapiasquisVn allaient criant partout : Plus de fumée! !... Pins de mal de mer'.'.... plus de filasse! !... plus de cheveux blancs! !... plus de vieux habits! !... plus de toux!!... plus de vieilles étoiles!!... plus d'enfants oisifs ! !... plus de frottage! !... plus p d'oignons brûlés! !... Ce à quoi la foule répondait : Nix ! nix ! nix !.. Ce qui m' fil rire glorieusement, en

m 'éctiant, avec le calembour, que le Garde des sols nous n'était pas Carde national'. '....

Hem !... quelle nuit salutaire!...

Maintenant, moi, ça m'éclaire;

Va je me moque des gens

Qui se laiss'nt fourrer dedans!. .

Quand je vois une affiche.

Je lui crie : Ali ! j' t'en fiche! !...

Va -t'en !

Va-l'en !

Charlatan...

chez

IMPRIMERIE NT? I. l'.EI.IX-LEI'RIKI'R ill.s, RUE np 11 MONNAIE, Il

CHANTEURS D INTERMEDES

Il est hors de doute que si l.evassor n'existait pas, faudrait l'inventer.

Cependant, si j'inventais Levassor, j'en ferais ou un dieu, ou une table, ou une cuvette, mais l'idée ne me viendrait pas de fairede lui tout cela tout à la fois. Je le prierais de choisir entre la gloire d'être le plus ébouriffant de nos chanteurs d'intermèdes, ou la tâche pénible, pour lui, déjouer la comédie, et pour le public de la lui voir jouer. Ceci demande peut-être quelques éclaircissements.

Nul plus que nous n'apprécie la finesse, la ténuité déliée, l'agrément de détails, la vivacité et même la fécondité du talent de Lcvassor. C'est une souplesse inimaginable d'in- Iflligence et d'observation. Il y a dans la manière dont il dit les choses, dans la façon dont il marche, dont il gesticule, dans son sourire aigu, dans son regard qui ressemble, si l'on lient le dire, à une étincelle endormie, dans (ont cet ensemble à la fois vif et don-

154 l'AHIS CHANTANT. — ■

met, dans ce mélange de chaleur et de sang-froid, une étonnante puissance d'attraction, et quelquefois une dépense d'esprit qui va jusqu'à la prodigalité. 'Les acteurs ont tous plus ou moins le talent de 1 imitation. Mais il ne faut pas s'y tromper. On peut imiter avec exactitude, rendre un type dans toute sa vérité, et toutefois ne pas atteindre le but que l'imitation se propose. A coté de la vérité, ou plutôt en même temps que la vérité, le spectateur demande autre chose, il veut que le personnage qu'on lui présente soit, dans sa parfaite ressemblance, une satire de lui-même; en un mot, il faut que l'imitation soit critique. Levassor est peut-être le seul qui ait su conduire ainsi le vrai jusqu'au comique, le comique jusqu'à l'épigramme, saus pour cela faire descendre le comique jusqu'à la parade, et la caricature jusqu'à la charge. Levassor n'oublie jamais qu'il est derrière la rampe d'un théâtre, et non sur des tréteaux de foire. 11 a ce beau privilège de faire rire les gens d'esprit.

Ce serait peut-être ici le cas de distinguer entre les boulions, les grotesques, les arlequins de tous genres qui encombrent nos théâtres, et le petit nombre de vrais comiques dont notre scène est douée. Mais passons.

Levassor n'est pas un comique parfait. Il a de moins ce qu'Achard a de trop. Celui-ci est tout expausif, tout en dehors, il soulève le rire avant la réflexion; celui-là est trop contenu, trop en dedans, et ce n'est que la réflexion qui nous le rend comique. Au lieu de peindre à grands traits, par des empalements hardis, par des touches fières et soudaines, Levassor pointillé, économise sa couleur, s'éprend des détails, s'épuise à tout rendre, et arrive, à force de finesse, à des effets exigus. C'est un peu le Miéris des acteurs de genre. Il oublie qu'un acteur est vu de loin , comme un'décor. Uue toile de fond qui serait touchée en miniature n'offrirait à l'œil que des masses confuses et monotones. Cela fait que Levassor, dès qu'il abandonne le bord de la rampe pour se mouvoir en pleine scène, au milieu d'une action, semble s'amoindrir et se perdre parmi ses camarades. On le cherche, on ne l'aperçoit plus. Mais on le retrouve à l'intermède, lorsque le rideau se lève sur lui tout seul, et qu'il s'avance tout au bord du théâtre, aussi près que possible de nos yeux et de nos oreilles. C'est alors seulement que nous découvrons les admirables petites beautés de cette spirituelle miniature.

Mous séparions tout à l'heure les vrais comiques des paillasses, ne devrait-on pas distinguer aussi entre les comiques de la scène et les comiques de salon? Levassor s'est beaucoup perfectionné dans les salons. C'est peut-être un malheur irréparable pour lqi.

Quoi qu'il en soit, il est désormais facile d'expliquer une bizarrerie que beaucoup de gens ne peuvent encore comprendre, c'est que Levassor, délicieux dans certaines pièces, est dans beaucoup d'autres d'une pâleur, d'une décoloration désolante. Pourquoi? le voici : tous les rôles où Levassor a brillé sont des rôles qu'il faudrait appeler des rôles d'inlermède, parce qu'à eux tous seuls, ils constituent toute la pièce. La pièce alors n'est plus qu'une scène comique plus ou moins prolongée. Otez-lui le personnage de Johnson des Trois Dimanches, qui est encore à la rigueur un intermède traversant toute la pièce, ses autres créations ne sont plus que des scènes comiques proprement dites. Le Bas-Bleu se compose de quatre intermèdes noués ensemble par un semblant d'action; les Informations Conjugales, de quatre autres intermèdes, cousus très pauvrement; la Famille des /Joui liés, de quatre intermèdes encore ; le Brelan de Troupiers, de trois intermèdes ; lesquels représentent, dans la première de ces pièces, les types d'un médecin, d'un Normand, d'un bas-bleu, et d'un étudiai)! ; dans la seconde, ceux d'un \ieil employé, d'une chan-

PARIS CHANTANT. Ih5

teose, d'un bossu, et d'un débardeur; dans la troisième, ceux de quatre variétés de bossus; dans la quatrième, enfin, ceux d'un invalide, d'un troupier el d'un conscrit ; autant de physionomies, autant de scènes originales et spirituelles, mais qui ne sortent point du genre si bien exploité par Levassor dans VEntracte au Paradis, le Postillon de ma nui Ablou et le Galopin industriel.

il résulte naturellement de tout cela que M. Levassor, qui est un homme d'esprit, devrait avoir assez de tact pour se renfermer dans la stricte nature de ses moyens, et ne pas abandonner, comme il le fait depuis quelque temps, ces chansonnettes qu'il nous débite si bien, Un peu de lassitude de sa part, peut-être un peu de vanité, quelques me (liantes langues disent un peu d'avidité, ont Uni par éloigner de lui Itérât, Edouard (. ranger. Bourget, et beaucoup d'autres auxquels Levassor doit le meilleur de sa réputation. Croyez-moi, monsieur Levassor, ne soyez pas coupable d'indill'érence en matière de chansonnettes; l'indifférence du public pourrait vous en punir.

Ht maintenant que j'ai à peu près démontré ce qu'il faudrait faire de Levassor, si, dans ce siècle où l'on invente tant de choses, on éprouvait le besoin de l'inventer, l'on me permettra de passer du théâtre au salon, et des chanteurs comiques de la rampe aux chanteurs comiques du piano.

Tenons-nous dans les généralités physiologiques.

Un chanteur de salon est, dans la pluralité des cas, employé quelque part, comme à l'administration des boues, à la grande ou à la petite voierie, au mont-de-piété, au contrôle du salon de Mars ou aux pompes funèbres. Quelquefois il est tout simplement compteur d'œufs à la halle ou marqueur de billard dans un estaminet des boulevards. Mais s'il s'est fait ce qu'il est dans la vie civile, il est devenu ce qu'il croit être, dans les arts, par la seule grâce de Dieu : c'est l'enfant de la nature. 11 chante pour chanter, comme les oiseaux du ciel; il chante surtout pour avoir le plaisir, vers neuf heures du soir, de mettre son habit de gala, celui qu'il avait le jour de ses noces ou lorsqu'il débuta dans la carrière, l'habit avec lequel il enterrera son vieux père ou son petit premier, celui qu'il met pour pleurer, et qu'il remet encore pour faire rire, un de ces habits-phénomènes que la mode retaille , retourne , recoupe, déforme, bouleverse chaque année, mais qui se laisse faire avec cette bonhomie souriante du vieillard que lutinerail une coquette.

Aussitôt que le chanteur de salon est dans son habit noir, il oublie qu'il est employé à mille francs, et qu'il déjeune, un jour sur deux, par les dents de foi. Os misérables détails de l'existence, il ne les connaît plus. D'ailleurs ne va-l-il pas souper d'un salmis de bravos? Lorsqu'il entre dans le salon, il aie cœur assiégé de mille commotions secrètes. Le piano est-il bien en vue? Apercevra-t-on bien le chanteur? S'il apprend qu'un académicien doit lire d'abord sa tragédie, il sourit, il est content. J'aurai le plaisir d'éveiller tout le monde, se dit-il. C'est un succès tout fait. Il vénère aussi les jeunes pensionnaires qui jouent des sonates, les amateurs qui proposent des charades, les mamans qui font danser au piano, et les enfants qui récitent des fables. Ce sont autant de repoussoirs à son profit. Le chanteur de salon possède deux ficelles infaillibles, elles sont de tradition , elles lui sont léguées de père en fils. La première licelle est de promettre quatre romances, mais de n'en chanter que deux, parce qu'il est attendu ce soir-la, dit-il, dans une foule d'autres maisons. Cela signifie quon se l'arrache. La seconde licelle consiste à préluder par l'annonce d'u nrh umeou d'un enrouement subit. Les plus audacieux allèguent leurs fatigues. Cela signifie alors qu'ils triomphent sept fois par semaine et trois nu quatre fois par soirée

Les chanteurs de salon se divisent en deux grandes catégories : les figures tendres et les figures bêtes. Les figures tendres sont accompagnées de longs cheveux bouclés, et d'un col de chemise renversé sur une cravate noire : elles roucoulent la romance. Les figures bêtes ont une cravate blanche, des cheveux courts, des favoris maigres et des oreilles rouges : elles grincent la chanson comique. La figure tendre ne consomme absolument qu'un verre d'eau sucrée à l'eau de fleurs d'oranger; mais la figure bête accepte volontiers un verre de punch, à moins qu'elle n'en accepte deux. Les figures qui ne sont ni bêtes, ni tendres, ont une autre spécialité, c'est d'être laides. Une de ces dernières s'est fait une réputation colossale avec une chansonnette qui a pour titre : A bas les Hommes'. Toutes les femmes qui voyaient le chanteur étaient si bien de son avis, qu'elles lui ont fait un succès.

Excepté un ancien horloger, qui va-t-en ville avec madame son épouse, à raison de cent francs par soirée, et fournit les bals, les raouts, les noces et les concerts hors barrière, tous les chanteurs de salon chantent gratis. C'est le côté moral de l'institution.

Nous terminerons par une appréciation générale du talent de ces artistes. Ils se distinguent tous par un don qui, pour être naturel, n'en est pas moins une qualité rare, extraordinaire, étrange, une de ces facultés qu'une longue habitude peut perfectionner sans doute, mais dont le germe est une faveur du ciel; ce privilège, c'est de savoir marcher sans se crotter.

Le chanteur de salon visite au moins trois maisons dans sa soirée, ce qui l'oblige à plusieurs courses, quelquefois très longues, au milieu des boues et des ténèbres de Paris. Eh bien ! je délie qui que ce soit de prouver qu'il ait jamais vu la plus légère tache sur la chaussure irréprochable d'un chanteur de salon. Et cela est remarquable assurément, aujourd'hui que nous comptons si peu d'hommes et si peu de choses à l'abri de toute souillure!

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