PAROLES DE M. M. F. — MUSIQUE DE M. MOGINO
Br*^
ÉiÉ
Pf
Je fusja ■ dis un pau-vre hè-re; Car la si - gno-ri -ta ma
ti
Dis - pa - rut en cor - ri - co
In,
Ali! po - ve
ro Gé - ro - ni - mo !
Pour suivre un jeu - ne ca - pi - tai - ne ,
éâ
De la j;ar - de na • po - li - tai - ne , En son châ - tcau.
Ah! po - ve - ro Gé-ro-ni - mo,Ah!po-ve • ro Gé-ro-ni - mo'
Me voilà donc sans sou ni maille , Couchant, comme un gueux, sur la paille , Et le jour tendant mon chapeau.
Ah ! povero
Gcrouinio !
Je chantais pour tromper ma peine , Et ma voix , dit-on, riche et pleine
Charmait l'écho.
Ah! povero
Gcronimo !
Lors un harhier passe et m'écoute; Je mets tous ses sens en déroute ; Il jure par san Gennaro.
Ah ! povero
Geronimo!
Viens, me dit-il, quitte ta niche ; Je veux te faire illustre et riche
Et soprano...
Ah ! povero
Geronimo !
Hélas ! je me laissai séduire, Et l'on appela pour m'instruire Un fort grand maestro... chirtirgo.
Ah ! povero
Geronimo !
Son instrument fit des merveilles ; Je ne gardai que... mes oreilles,
Do, mi, sol, do...
Ah ! povero
Geronimo !
l'AIIIS CHANTANT.
( )n m'apprend i cavaline,
El dans la chapelle Staline Je charme le pap* Urbano.
Ali ! povero
Geronimo !
l'uni- moi désormais toul prospère,
Kl je deviens pour le Saiiil-I'crc
Carissimo.
Ali! povero Geronimo !
Mais voilà qu'une cantatrice Me plaît et me prend par caprice,
Kl me fuit son... sigisbeo.
Ah ! povero
Geronimo !
Mais ce duo tout platonique , Selon les lois de la musique,
Fut un solo.
Ali ! povero
Geronimo!
Bientôt je sus pourquoi la belle Avait choisi dans la chapelle Un époux... accaponato.
Ah ! povero
Geronimo!
J'eus dix enfants de ma charmante , Car l'unité dix fois augmente
Avec zéro.
Ah ! povero
Geronimo!
Las d'èlre époux eu effigie Aux mécréants de la Phrygie De ma femme je fis cadeau.
Ah ! povero
Geronimo!
Mais, bast ! le sabre sur la nuque, Ue ma femme on me faii l'eunuque
E\-professo...
Ah ! diavolo !
Geronimo !
( )r, voyei l.i mésaventure,
l.e Turc elait de sa nalure
Cri sqii .iiissi neutre dans sa peau.
Qu'el povero
Geronimo !
Et mon épouse incorrigible Un jour donne au Turc peu sensible
Un bambiiio...
Ah ! povero
Geronimo !
I »u m'emprisonne et l'on m'accuse D'avoir protégé par la ruse Ce malhonnête quiproquo.
A h ! povero
Geronimo!
En vain je crie et je réclame; < )n me force à jeter ma femme
Au fond de l'eau.
Presto, presto,
Geronimo !
Pour ne pas survivre à la belle , Vile, je m'élance après elle ; On est louché d'un trait si beau.
Bravissimo !
Geronimo.
Mais je laisse ma femme au diable , Et je grimpe, au moyen d'un câble,
Sur un vaisseau.
Ah! beato
Geronimo!
Enfin, nous voguons vers la France, Où devait, avec nia souffrance, Se terminer l'imbroglio.
Incognito,
Geronimo Bientôt auprès du roi se lance, Et d'eunuque on ni Excellence
El castra tô.
Ah ! que' gusto '
Geronimo !
Ki-2
PAHIS CHANTAPiT.
yi^^rv qi^'v2!i'£»fc'okOà'ÛI3'SïOâ=»
PAROLES DE I. M. F. - MlSIQl'E DE M. I0GI3O-
hM^ti-^
Mar - gue - ri - te, c'est la que teu
ftr-W
se Pour
V-1 le jour de la Saint Mar tin; Vous la ver - rez, la pares seu-se, Ce
?^FPg
^j-crr^
te^-f-
jour- là, se le- ver ma- tin. Elle au ra cor sa - gc d'ùer - mi - ne, Et sous
iJL
g^feM^iPÊ
sa coiffe, œil plein de feu, Et doux sou rire et dou ce mi- ne. Ah!
que
! le diable au - ra beau jeu! Ah! que le diable au - ra beau jeu.
La voyez-vous entrer au prône.
Déjà tous les yeu\ sont distraits ; Vers le siège où le bailli trône Elle a porté ses pas discrets ; Mais un page passe près d'elle.
Du châtelain, c'est le neveu...
Un soupir tombe en l'escarcelle.
Ah! que le diable aura beau jeu !
Donnez, donnez, dit Marguerite, El le page soupire eneor.
Et l'escarcelle qu'on agile Reçoit deux belles pièces d'or ;
Mais quoi ? de l'or, divine dame, « Rien que de l'or, ah! c'est trop peu, « Prenez aussi toute mon âme. ... »
Ali! que le diable aura beau jeu!
Et puis tout bas, le page ajoute :
» Des trois vertus que Dieu commuml',
« La Charité veut qu'on m'écoute,
n La Foi qu'on croie à mon serment,
n Mais la troisième est la plus belle,
rt Je l'invoque avec ton aveu,
« C'est Espérance qu'on l'appelle ... >•
Ali ! que le diable aura beau jeu !
Faut il advint que la galante Ne quêta plus dans ces hameaux, Et le curé d'une voi\ lente Un jour laissa tomber ces mots :
i Je veux que rc soit la plus laide « Qui désormais quête au saint lieu, n Et que le ciel lui soit en aide... ■< Car le diable a toujours beau jeu. •>
l'Alil* CHANTAIS!
ua
Otwnleuj qni m1 devaient pis êlrc chantés ii l'inauguration de son 1 neifl
Air : Ah ! » miidiiini; nu voyait!
le \oila mort depuis longtemps !
Tu croyais, peul-élre, Molière, Faire rentrer dans la poussière Les martyrs «pie tes vers inonlauls Dilacéraient à belles ilenls ?
Détrompe-toi, poetc auguste; A l'heure où plusieurs corps savants Viennent inaugurer ton buste, Tes bonshommes sont 1res vivants.
Si lu te piquas d'avoir mis
Les tartufes à fond de cale.
Ta cécité fut saiis égale.
Le succès que tu te promis
Fut un licau rêve, et j'en gémis.
Regarde près de toi, grande ombre...
Tes coups n'ont frappé que le vent.
Tartufe n'a plus l'air si sombre ;
Mais le pauvre homme est bien vivant, bis
Tu disais peut-être en ton cœur :
Ma plume badine et féconde Va rayer, au livre du monde, L'avarice, d'un trait vainqueur...
Tu t'abusais, divin moqueur.
L'or est notre idole suprême.
Harpagon, moins gueux que devant, Ne court plus s'arrêter lui-même ; Mais le bonhomme est très vivant.
[bis)
Tu flagellas, en si beaux vers, Les ânes de la médecine, Que celle cohorte assassine Semblait, à force de revers, Prêle à déserter l'univers.
Mais, malgré les ris du parterre, Aujourd'hui, comme auparavant, Purgon porte les gens en terre, Et le bonhomme est bien vivant.
(bis)
Tu charmas tous tes bons esprits
Avec ton llourgeois gentilhomme.
Et ta muse troubla le somme
De ces orgueilleux mal appris
Qui d'un blason étaient épris.
Mais, malgré le bat qui le blesse,
De sa chute se relevant,
Jourdain forge encor sa noblesse.
Et le bonhomme est très vivant. (bit
Des pédants tu fus l' Attila.
Tu perças leurs masses serrées
De mille flèches acérées.
Tu bravas les doctes, holà !
Et le public se régala.
Mais d'une race qui trognonnr
Paris est le tableau mouvant,
Trissotin fleurit et rognone...
Le bonhomme est toujours vivant. [bit
Tu vidas enfin ton carquois
Sur le dos des femmes savantes.
Leurs grandes phrases décevantes,
Leurs mots latins, grecs, iroquois
Tombèrent sous ton vers narquois,
Mais le beau sexe métroniaue
Trouve des cavaliers servants.
Regarde l'hôtel Castellane...
Les bas-bleus sont toujours vivants (bis)
Nous l'avons perdu tout entier; Il est mort, le vieux Molière.
Notre époque est une écolierc.
Et, dans ce siècle trop allier, Le talent n'est plus qu'un métier.
Seule, dans notre mappemonde, La sottise a des survivants :
Molière n'est plus de ce monde ; Ceux qu'il tua sont bien vivants. (bis A. BAISSEY.
Le nom écrit an lias de celle piquante el spirituelle chansonnette rappellera le souvenir de beaucoup d'autres refrains non moins heureux auxquels le Cortaire a eu le bon esprit luimême d'ouvrir ses colonnes. C'est (fins ce journal que M. A. Baisse; s'est acquis depuis longtemps le renom que devait lui mériter la verve toute satirique de ses inspirations.
l'AlllS CII\M AVI