‹ Paris chantantChapitre 94 sur 130 · UNE MANIERE DE VOIR · texte numérisé non relu

UNE MANIERE DE VOIR

3 ill. le boetcue (El), flnubena.

Air : Du Ciritavat,

Chaque mortel, jeté sur celte terre Par le Destin reçoit son lut de mal L'un est bossu, mais droit de caractère, I. 'autre est bien l'ait, mais boiteux au moral. J'ai l'esprit faux, on le dit, je m'en moque, S'il m'inspira souvent de méchants vers, C'est qu'ici bas, tout nie semble baroque... Que voulez-vous, moi j'y vois de travers.

On aime à voir ce tribun taciturne Contre le centre ameuter les sifflets; Mais le jour vient où sa boule dans l'urne Donne à ses sœurs le doux baiser de paix. N'oublions pas, quand tonne à la tribune, Le tiers-parti contre le parti-Thiers, Qu'à la buvette, on n'a plus de rancune... Que voulez-vous, moi, j'y vois de travers.

Je nie souviens qu'un vaillant cri de guerre Til un malin frémir les Léopards, Kl dès le soir, on entamait la terre, Pour y semer le granit des remparts.

Sublime élan! mais répondez sans gêne, Ces lourds canons dont les forts sont couverts, Menacent ils le Rhin ou bien la Seine?... Que voulez-vous, moi, j'y vois de travers.

Quoi! tour à tour de louange ou d'opprobre, Vous accablez ces ministres d'un jour, Ce premier mars ou ce vingt-neuf octobre, Pauvres jouets dont s'amuse la cour.

Injustement, votre voix les harcèle, Ce sont pantins sous le manteau des pairs : On sait la main qui lire la ficelle .. Que voulez-vous, moi, j'y vois de travers.

Ne vantez pas ces fougueux publicislcs, Ces fils d'Armand, et du vieux Châtelain ; Les noms proscrits, barbouillés sur leurs listes. Honnis hier, seront absous demain.

Tous ces Zénotis, assemblés au Portique, Et griffonnant autour des tapis verts, Sont des marchands, assis dans leur boutique... Que voulez-vous, moi, j'y vois de travers.

J'entends partout chanter la tolérance, De cet abbé, riche pharisien, Qui, tout rempli d'une sainte espérance, Couvre son front du bonnet phrygien.

Je pense alors qu'une œuvre d'imposture Autour de nous étend ses fils pervers, Sous le bonnet j'aperçois la tonsure...

Que voulez-vous, moi, j'y vois de travers.

Vite, messieurs, cà qu'on se transfigure lin ducs et pairs, sur le nouveau Thabor, Plus d'épiciers, de vilains, de roture.

Tous les Français sont égaux devant l'or. Mais, croyez-moi, dans vos armes nouvelles, Écarlelez d'hermines et de vairs, Un pain de sucre entre quatre chandelles. . Que voulez-vous, moi, j'y vois de travers.

Au temps jadis, écoulez bien, madame, La reine Berthe, en ce temps-là, filait, De fille honnête on faisait une femme, Et pas plus mal, le monde n'en allait. Mais aujourd'hui, jugez la peccadille !

Nous avons mis les choses à l'envers, Et c'est la femme, hélas! qui devient fille .. Que voulez-vous, moi, j'y vois de travers.

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et antres Danses populaires.

A de naïfs tableaux je trouve un charme étrange. J'aime à me rappeler ces danses du pays, Tous ces gais campagnards s'échauffant dans la grange. Pendant i|ue les anciens boivent frais au treillis.

Voyez-les, en sabots, côtoyant leur gros ange, Et guettant des baisers souventefois cueillis.

It lie et démener leurs jambes de vendange

A fatiguer l'orchestre, à vous rendre ébahis.

Oui, j'aime ces danseurs et ces brusques allures. La main qui prend la taille est rouge d'engelures. Mais la fraîche amoureuse aime ces gros garçons;

L'orchestre est un vielleur juché sur une tonne : Un lampion sert de lustre en n'éclairant personne ; C'eSI burlesque... mais c'est du plaisir sans façons

l\ PAYSAN

Comment ces danses se trouvent-elles là? Par quelle idée, dans un recueil chantant, avons-nous autre chose que des chants? et d'où vient, à la place d'un air gai ou langoureux, l'ébaUement pittoresque de ces rustiques danseurs, ces jupes et ces blouses qui se

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