‹ Paris: dans la seconde moitié du XIXe siècleChapitre 20 sur 41 · SIS LB TABAC · texte numérisé non relu

SIS LB TABAC

trois shillings. On peut imaginer, d'après cela, quelles herbes cueillies au hasard, détrempées dans une décoction de nicotine, on livre au public sous le nom de tabac.

Chez nous du moins il n*y a jamais rien de semblable à redouter, et les produits, quels qu'en soient les éléments et Forigine, sont toujours purs et d*une sincérité irréprochable. Aussi la réputation des mannfoctures françaises est établie; malheureusement nos marques sont imitées partout. 11 y a telle ville d outre- Rhin qui a des fabriques de scaferlati et de râpé français. Cette imitation, souvent grossière et à peine déguisée, tend à s*accroitre ; les expositions universelles, en constatant la supériorité de notre fabrication, ont donné à la contrefaçon une impulsion que les ma^ chands étrangers ne songent guère à modérer, car elle leur procure d'énormes bénéfices. Ne pourrait-on porter remède à cet abus déplorable et même un peu compromettant pour nous, en établissant dans les grands centres de cunsommation extérieurs, Berlin, Vienne, Saint-Pétersbourg, Baden-Baden, Hombourg, Florence, des dépôts réguliers, constatés, où Ion serait certain de trouver nos tabacs, que l'on remplace, au grand détriment des consommateurs et de notre réputation, par des produits sans valeur et sans bonne foi?

Cette probité imperturbable, cette envie de bien faire qui dans les choses matérielles distingue la direction générale, se retrouvent aussi dans la partie morale de son œuvre. Loin de considérer les ouvriers comme des machines intelligentes qu'on paye en raison du travail accompli et envers qui l'on se trouve quitte, les employés supérieurs ont fait les plus louables efforts pour amener le nombreux personnel dont ils sont responsables aux idées d'association, aux sociétés de secours mutuels, aux caisses de retraite. Dans cette voie où 1û

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tr. ^ LA VICOTI

Nqnefteet grand vin. — Drails de dtfnsM;. — CnuMnnarian. —Ct les tabacs ont rapporté depvis ISIfl. — Eléacac focacfbm* ; é IbeaL — lodificaliMi à ofércr. — Kaatcrc ic f fr*Mmr^ eommerce. — La pnnic an caf» d'or. — ftuidci jra. — Jkt% da tabac. — Menaces -«t piédictianL — Oj^ion jadieiaire. — La niroCîne. — frofortiom, — L le tabac. — L'alcoolisme. — L'ateindK. — La bretons. — Ooniers des —a— factTes de tafcncs Cifé noir. - U boite de Pandore.

Il y a autant de difierence entre les tabacs qa*eiitre les vins, et le caporal de cantine Tendu I franc 50 ceo- Urnes le kilogramme peut être comparé an TÎn de Sonnes, comme certains cigares r'e la HaTane, qui coûtent 355 francs le kilogramme, sont naturellement assimilés ^ux grands vins produits par la Bourgogne et la iprr^ de Ifédoc. Si le monopole a pour but d'enrichir ITtat, il a pour devoir de satisfaire le public, et c*esl ce qu'il essaye de faire depuis sept ou huit ans arec une persévérance à la fois digne d'éloges et trés-habile. 11 est en effet de son intérêt de se placer si bien au-dessus de toute concurrence, que celle-ci ne soit plus possible.

L'introdaction àm tabacs, n'èlant point interdite en France et tout le monde poQTant en fiire iFenir à la condition d*acquiUer un droit de 56 francs par kilogramme de cigares et de 10 francs par kilogramme de tabae fabriqué, la direction i^errait diminiier promptementle débit des cigares de luxe si les siens n'étaient supérieurs k tous ceux qu'on peot se procurer, même en s'adressent aux prodocteurs de la Havane.

Quant aux cigares sortis de nos manufactures, 8*îls ne sont point irréprochables, ils offrent du moins des qualités qui paraissent appréciées, car la consommation en a augmenlé d'une façon prodigieuse : un pea plus de 200 millions en 1852; 738,276,448 en 1868. C'est pour l'État un bénéfice trés-régulier. En effet, l'impôt qui frappe les tabacs est un impôt absolument volontaire, qui n'atteint aucune denrée de néce&ité indispensable. C'est là le caractère particulier et excellent de cette taxe. Il suffit de voir ce que le monopole a produit depuis qu'il existe cher nous pour en comprendre immédiatement l'utilité. Depuis le l**^ juillet 1811 jusqu'au 51 décembre 1868, les recettes générales de rexploitation ont été de 6,637,887,652 francs et les dépenses de 2,042,955,461 francs. Bénéfice net, plus de quatre milliards et demi. Cela vaut la peine qu'on alimente avec soin une si bonne vache à lait.

Ces bénéfices déjà si importants, et qui sont, lorsqu'on les examine de près, un allégement notable pour la nation, sont-ils encore susceptibles d'une augmentation qui, en se produisant, permettrait peut-être de diminuer d'autres charges? Sans aucun doute; mais pour obtenir ce résultat, convient-il, comme on l'a fort imprudemment demandé, de supprimer une seconde fois la direction générale? Nullement. Ce serait une singuHére anomalie de subordonner une exploitation purement technique à une administration exclusive-

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scale. Si Ton veut laodifier la situation actuelle ervice, il y a mieux à iaire que de le décapiter veau el de tourner toujours dans le même cercle, ictère dominant, pour ne pas dire absolu, du moest industriel; de plufi» il se rattache au cornpar des achats 4lirects de matières premières i valeur dépasse annuellement 42 millions de à Tagnculture par la surveillance de plantations oduisent, chaque année, 22 millions de kiloes de tabacs indigènes. La vraie place de la ya des tabacs nous semble ilevoir être au minise Tagriculture et du commerce, auquel elle ent de droit par la nature de ses attributico:^. en raison de Timpôt dont ils sont Tobjet fn'Éll ini les tabacs au ministère des finances, poui^ s canaux n'iraieut41s pas les rejoindre, puisqu*on itte un droit de parcours; les chemins de fer, ils sont atteints par l'impôt du dixième, et les les facultés, les écoles militaires, puisque les Y versent une somme qui rentre au trésor pu^ a situation, telle qu'elle est déterminée ai^ourest irrégulière, et, de plus, elle n'est pas -sans e danger.

souvent, en effet, l'esprit inventif des ingénieurs i briser contre les réserves exagérées de l'esprit Les employés supérieurs des finances sont à coup ; hommes éminents, mais ils manquent pour la t des coimaissances techniques qui sont indie^ les pour diriger, même de très-haut et d'un peu ne industrie qui dosme 200 millions de bénéfice . Us semblent ne pas comprendre suffisamment ts sacrifices momentanés sont parfois nécessaires luisent dans l'avenir des résultats excellents, iépense qui a pour but une amélioration dans la que, dans la main-d'œuvre, dans l'aménage-

ment, dans la matière première, est une plus-value an bout ôfi très-peu de temps. Les preuves abondent, k torréfacteur Rolland solde son prix, de lui-même, en moins d'une année, par l'économie qu'il apporte dans la manutention. îiO râpage à bras coûtait 12 francs 50 centimes par 100 kilogrammes; certes, les moulins qui l'ont remplacé ont dû être payés fort cher, mais ils ont produit dix fois la valeur qu'ils représentent, puisque pour 50 centimes ils pulvérisent la même quantité de tabac. De tout il en est ainsi : les achats par larges masses, l'agrandissement des manufactures, l'augmentation du personnel ouvrier, permettront de donner au public des produits qui, étant plus soignés, seront mieux accueillis, et par conséquent apporteront chaque année quelques millions de plus à notre budget.

Il est à regretter qu'en 1860, lorsqu'on a rétabli la direction, on ne Tait pas du même coup placée dans les conditions normales où elle devrait être pour échapper à certains malaises qui l'atteignent et acquérir le développement qu'elle comporte. La consommation augmente d'elle-même dans des proportions dont il faut tenir compte; elle ne pourrait que s'accroître encore si le soin de la satisfaire était remis à un ministre que ses fonctions rompent forcément à toutes les difficultés, à toutes les ressources, à toutes les exigences de l'industrie, de l'agriculture et du commerce.

Les chiffres que nous avons cités dans le courant de cette étude prouvent que le tabac a de nombreux amateurs, mais en revanche il a des adversaires déclarés qui lui font une guerre à outrance. Bien des médecins, qui ne partagent pas l'opinion de Sganarelle, entreprennent de temps en temps des croisades en règle et nous prédisent que si nous continuons à fumer, nous tomberons inévitablement « dans la bradypepsie, de la bradypepsie dans la dyspepsie, de la dyspepsie dans

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