LA FABRICATION
ibie avant d*être décapés. Chaque pièce est pesée sur
1 trébuchet ; là encore la tolérance est de deux milimes. On met de côté les pièces trop lourdes ou trop tgères ; les vérificaleurs, — c'est le nom des ouvriers liargés de ce service, — ont à leur disposition trois esèces de dénéraux, qui représentent exactement le poids }rt, le poids faible, le poids droit : ils peuvent donc failement arriver à la certitude absolue. Un bon vérificaear parvient à peser mille pièces en soixante minutes, foutes les pièces reconnues bonnes sont mises à part et X)iifiées à Touvrier qui doit les faire résonner. Les )ièces sont lancées avec force, une à une, sur un bloc racler qu'on nomme le tas et qui est posé au milieu Tune large cuvette de bois ; elles doivent, par le choc, Produire un bruit vif, clair, sonore, qui indique la paraite cohésion des molécules métalliques; toutes celles ont la voix est sourde ou fêlée sont rebutées ; elles ont ne paille, c'est-à-dire une fissure intérieure qui leur iterdit le droit à la circulation. Une à une, elles sont usuitc examinées à la loupe et refusées si elles ont été lal blanchies au décapage, si elles portent trace de corps rangers, si la tranche, l'empreinte, la fonte, en sont ^fectueuses, en un mot si l'on y reconnaît une imperctîon quelconque.
Lorsque, ces multiples opérations étant terminées, la onnaic présente toutes les garanties nécessaires, la ^mmission rend un jugement en vertu duquel la brève ;t reconnue légale et délivrée ; le procès-verbal de dénrance reproduit le libellé du jugement et indique le )ids, la valeur de la brève, le nombre de pièces qui la imposent, le nombre de pièces rebutées et les motifs ni en ont déterminé le rejet. En présence du directeur
2 la fabrication, on cisaille toutes les pièces défecleuses ; puis celles qu'on nomme sonnantes et tréuchantes lui sont remises après qu'il a signé le
procès-verbal conjointement avec le contrôleur au monnayage et le commissaire de la monnaie*.
11 est difficile d'accumuler plus de précautions pour donner à. la monnaie française les caractères essentiels qui lui assurent une valeur indiscutable. Aussi nos espèces sont sérieuses, acceptées dans le monde entier, et elles servent même de modèles aux pièces de plusieurs nations étrangères ; le titre de 855 millièmes |»our les divisions d'argent a été adopté par Tltalie, la Suisse et la Belgique. Grâce au contrôle énergique de la commission, nous offrons en cette très-délicate matière toute la sécurité imaginable ; cependant, si nos monnaies gardent une identité parfaite entre elles et avec le type original sous le triple rapport de la forme, du titre et du poids, elles n'atteignent pas encore le plus haut idéal monétaire, qui consiste dans un type d*une beauté achevée.
Le côté scientifique est irréprochable, mais il est difficile d en dire autant de la fabrication, qui bien souvent laisse à désirer. Les nécessités imposées par les exigences du commerce semblent être les seules dont on veuille tenir compte. Ce qu'on demande aux monnaies maintenant, c'est de pouvoir être empilées facilement. La conséquence d'un tel système saute aux yeux. On ne fait plus que des monnaies outrageusement plates, très-aptes à être placées l'une sur l'autre, comme les dames d'un trictrac et qui n'ont plus ce qui constitue la beauté même d'une pièce, le relief de Teffî-ie. Certes ce ne sont pas les graveurs de talent qui font défaut ; mais celui qui
* Chaque soir, tous les atelieis, dont le plancher est couvert d'une claire-voie, sont balayés avec soin ; on recueille la poussière à laquelle se trouvent forcément mêlés des scories, des rognures, des éclals, de la poudre de métal. Ces précieuses ordures, mises dans de-? auges où une meule horizontale passe et repasse incessamment, sont réduites i l'état de boue liquide, et, traitées chimiquement, rendent ror et l'argent qu'elles contienucnt.
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est chargé des poinçons de la monnaie se voit contraint d'obéir lui-même à cette loi pénible qui à Futilité pratique sacrifîe toute autre considération. Ne pourrait-on pas cependant donner à nos pièces courantes l'ampleur de forme qui convient à la monnaie d'un grand peuple? On ne doit sans doute pas exiger qu'une pièce d'or ou d^argeiit soit une médaille ; mais, si la difficulté ne peut être prisé de front, il faut la tourner. Qui empocherait de creuser légèrement en cuvette le champ des pièces et d'en relever le listel ? De cette façon, le relief pourrait être très-accentué et n'apporterait aucun obstacle à l'empilage. Peut-être, si l'on adoptait cette disposition nouvelle, faudrait-il augmenter la force des presses monétaires; mais un tel détail est insignifiant et ne devrait point empêcher l'administration de réaliser une amélioration désirable.
Il faut reco maître que les presses, admirables instruments de précision, ne peuvent donner au flan qu'elles frappent la beauté d'exécution qu'on remarque sur les coins. Les procédés mécaniques infligent une uniformité monotone aux plans de l'effigie, n'en accusent point suffisamment les parties saillantes et n'arrêtent pas les contours par ces lignes à la fois grasses et fermes que nous admirons encore sur les monnaies antiques oi> même sur certains pieds-forts de Henri II et de Louis XIII. Ces défauts doivent-ils être attribués à la presse? On peut le croire, car, lorsqu'on voit côte à côte deux pièces sorties du même coin, l'une frappée au balancier, l'autre frappée à la presse, on reste saisi de surprise. Autant la première est précise et nette jusque dans les linéaments les plus fins, autant elle accuse Tarcade sourcilière, qui donne une si puissante valeur aux profils des médailles, autant elle est harmonieuse dans l'ensemble et délicate dans le détail, autant la seconde parait plate et effacée, comme si le métal n'avait pas pénétré dans toutes les a. il
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intailles du coin. On pourrait dire de l'une qu'elle est une statue originale et de Tautre qu'elle en est le surmoulé. Une modification habile dans nos presses amènerait certainement à cet égard des résultats excellents» et nos monnaies pourraient alors être impeccables aa point de vue de la beauté, comme déjà elles le sont av point de vue du titre et du poids. La forme a une importance de premier ordre; c'est par elle que les objets vivent, persistent et se perpétuent.
Le découpage des flans, tel qu'il est exécuté aujoQ^ d'hui, par des moyens d'une rapidité excessive, a d'incontestables avantages ; mais il offre un inconvénient réel auquel il serait bien facile de remédier. La lunette de Temporte-piëce coupe les flans en biseau, de sorte que la tranche, n'étant plus à angle droit avec le champ, prend irrégulièrement sous la presse l'empreinte de la légende. Tous les flans, avant d'être soumis à l'empreinte, devraient être exposés à l'action d'une machine^ qui, relevant les bords de la tranche, leur donnant un contour parfaitement droit, faciliterait ainsi l'imposition exacte des difTérentes lettres de la légende. Les flans des monnaies de bronze sont cordonnés ; pourquoi ceux qui sont en métal plus précieux ne le seraientr-ils pas aussi ? C'est là une économie mai entendue, et dont se ressent la beauté de nos monnaies. On pèse les flans, mais on devrait aussi en essayer la sonorité sur le tas d'acier, afin de n'envoyer aux presses qu'un métal régulier, n'offrant aucune paille intérieure ; ce serait tout bénéfice pour le directeur de la fabrication, qui, réformant lui-même les flans défectueux, n'aurait point à supporter les frais d'un frappage inutile. Ces améliorations viendront à leur jour, il n'en faut pas douter, et nos monnaies ne pourront qu'y gagner ; il est naturel que le directeur ne les ait pas encore réalisées, caria nécessité de fournir au public les pièces indispensables