III. — LB8 MBDAILLB
e balancier des médailles. — Canons russes.— Manœuvre. — Médailles de sainteté. -^ Les pauet, — Les médailles antiques. — L'école de David. — Les graveurs. — Dissonnance. — Une médaille de M. Bovy. — La |taiine chocolat. — La patine de M. Barye. — impuissance de la commission. — Le musée monétaire. — Dépouillé par la Bibliothèque
* A ces sommes il Tant ajouter 59.300,000 francs de monnaies de bronze, ai toutes ont élé frappées depuis rétablissement du second Empire oi du 6 mai 185i). Voy. sur ce sujet une trés-intéiessante brochure B M. Ernest Dumas : îiote sur rémission en France des monnaies déci- \aie9 de bronze. Imprimerie nationale, 18B8.
9m U MONNAIE.
impériale. — Piéc«f rares.— Le Charles X de 189S. — L*éea deCakiiiiie.
— La monnaie de Berthier. — Monnaies obsidionales. — CoUectioi des poinçons et des coiot. -^ Rosette et bronse. — Périssent leseoiml
— Annexes do musée.
L*ancicnne Monnaie des médailles était aux Ëtnves* Vers le commencement du dix-septiéme siècle, elle fiA transportée au rez-de-chaussée de la grande galerie di Louvre construite par Henri IV. Sous la Révolution, on la ferma; elle fut réorganisée en 1804 par Napoléon, qui en fit une annexe de Thôtel du quai Conti. Jusqu'en 1 830, le balancier des médaiUes releva directement de la liste civile ; mais depuis cette époque il est exploite par le directeur de la fabrication des monnaies. Les médailles, œuvres d'art commémoratives d'un événement important ou d'un grand homme, n*ont aucun caractère légal et ne servent point aux échanges. Elles n*ont pas besoin par conséquent d'être frappées avec rapidité; aussi elles ont échappé à la presse, et sont restées sonmises au balancier, instrument d'une certaine leptenrt d'un maniement pénible, mais à l'aide duquel on peut obtenir des résultats excellents. Les ateliers des médailles, soumis aussi au contrôle de la commission, sont séparés des ateliers où l'on frappe les monnaies.
Ce sont de grandes salles situées au rez-de-chaussée et dans lesquelles les balanciers, solidement établis sur d'épais massifs en maçonnerie, étendent les longues barres de fer armées de boules de cuivre à l'aide desquelles on les fait mouvoir. Napoléon, qui, avec sagacité, portait un très-sérieux intérêt à la beauté des monnaies et des médailles frappées sous son règne, ne dédaigna pas de donner quelques canons ennetnis pour faire des balanciers. Ces derniers sont ornés d'une inscription : « Bronze des canons pris sur les Russes à Austerlitz. » Du reste, on doit croire que, malgré le travail qu'on leur impose, les balanciers ont la vie
dure, car il en existe encore qui fonctionnent lous les jours, et qui datent du règne 9e Louis XIY.
Le balancier agit sur le métal comme le marteau sur Fenclume ; seulement ici l*enclume est une rotule supportant un coin recouvert d'un flan ; sur ce dernier, on place le second coin ; le marteau est représenté par une vis maîtresse qui obéit aux mouvements que lui impriment les barres dont l'instrument tout entier a pris le nom. Chaque boule est garnie de cinq ou six cordons qu'autant d'hommes saisissent; d*un seul mouvement brusque et simultané, ils entraînent le levier en avant, la vis fait un tour, et son nez vient frapper avec une force irrésistible contre le coin supérieur. Le flan reçoit donc du même coup une double empreinte, celle de la fiicë et celle du revers. La violence du choc est telle, que la vis revient sur elle-même et repousse le levier en sens inverse; il faut alors faire attention, car il suffît d'un eboc de boule pour tuer un homme. Les accidents sont ^Wres, et instinctivement les barriers se rejettent en arrière dès qu'ils ont donné l'impulsion.
Relativement aux autres salles de la Monnaie, celle-ci est silencieuse; on n'y entend que Tordre bref donné par le contre-maître et le coup sourd du balancier, qui semble trembler dans sa lourde armure de bronze. Comme en France la loi est par-dessus tout restrictive, nul ne peut faire frapper de médailles sans y être préalablement autorisé par le ministre d'Ëtat. C'est donc là, sous des balanciers toujours en mouvement, qu'on frappe les jetons de présence, les mereaux des diverses compagnies (académies, chambres de notaires, etc.), les pièces de mariage, dont tous les modèles sont fort laids, les innombrables médailles de sainteté qui, ornées d*exergues emphatiques, représentent toute sorte de personnages canonisés, guérissent les maladies, écartent le tonnerre, préviennent la mort et attirent les
bénédictions du ciel. C*est par millions qu'on en fabrique; la vertu inhérente à ces amulettes n'a rien à faire sans doute avec le métal dont elles sont composées : si i*or ou l'argent en constituent la matière, elles sont aussi minces que possible, et réduites à l'épaisseur d'une simple pellicule ; le plus souvent elles sont de zinc, de plomb ou de cuivre. Elles altectent toutes les formes, rondes, carrées, ovales, en losange, et ressemblent, dans les mannes qui les contiennent, à des écailles irrégu Hères de poisson. C'est, dit-on, un excellent commerce ; on peut le croire sans peine à voir les masses considérables que la Monnaie en fournit (4,155,550 en 1868).
Pour ces petits objets, un seul coup de balancier suffit ;'mais il n'en est plus ainsi dés qu'il s agit d'une médaille dont l'ampleur atteint seulement le module d'une pièce de cinq francs. Là, parfois, il faut plusieurs passes; une passe se compose de trois coups de balancier et d'une recuite, car, pour les médailles comme pour les lames, le métal, écrouipar les chocs successifs qu'il a reçus, a besoin d'être exposé au feu pour redevenir malléable. La médaille dont l'empreinto n'est encore qu'ébauchée est noire lorsqu'elle sort du i..ur ; elk est fourbie avec soin et n'est remise au balancier qu'après être redevenue brillante. On la réengrène alors, c'est-à-dire qu'on la fait rentrer dans les coins de façon que les parties saillantes en remplissent exactement les parties creuses. Le nombre de passes nécessaires pour la icndre parfaite est considérable. La médaille commémoralive de la loi du 11 juin 1845 sur les chemins de fer a supporlé 120 passes, qui représentent 118 recuites et 560 coups de balancier. Elle est célèbre du reste, tant par sa beauté que par ses dimensions. C'est la plus grande qui soit jamais sortie des ateliers de la Monnaie. Je me souviens d'en avoir vu un exemplaire en
or au moment tm iin. îa ingnit, « *j^m^ masse pesant nn kâmprunnip. iP4mfgme. i gmfiqnesv, disne és^ di2!ir»r ian» :i JiiiMire awî ilNDL spéchnoB ot i^iaieaE -ifl^ inDDi&. - m md Umîs-Philîpfte. run?» iiinr !e jmmtm ses nsnnc m^ blics : qoe Mt fc «ifWKUift'*
Malgré le& ferfeetiiiimiBiwni» irotir» n no nr fabricalMn, m»àspt !«» sn^Rs ie ji sxumeL qil 9Bir dètenniner 1» aOiatSFs fiv» msr SBfiniK mirtirgii^ ({ae, les belles wvéaiMiF^ mmc sms juym f^mu ^î^rv qa*oa la an caèéziec i4i !ft Sitiii0itii«mi! jnK voit les n Mmnjy'fj i sgiouBt -itgigiiemiiH:.j»ggnitf d'Eocratîdes, rasjTiAVf tTir. issmilooise: j» drpsde Macêdaîne^ i» iiiMfiBuIisf JBiiemBt û msatsait dède, et même ifndqn» iDHBÎlÉ» inD?afle»*n^ de Louis m et de Lus» î^ nx « neimnis' «¥st ^ston*nement poorqpMi cet »t & jncâmm^m^smuL, maBoam: ne poofoir se relever <j» b ûacMsnoe ^ i t fltteoiCfnr la fia dn siècle denôer- L» Irnids- wfue 'fc limée»» étroites maxînKs r«ssrx:sfll -encnr» . 1 iorcE: n^ wuHiîf fmt dn stiie, n» xm-snrE^ ^ ^ nd ne yamam : tii-- «plelalent d'esiîxniïWL peAnt 4aK nae TÏpdiit' oe %lil;» nne roidenr d'^ittitnAts. ^ ne «0! y» ^ ^ g iMi de m, et qnî^teBt iwdceqnic nB i iaiit rgypeBHiiBu c*est-è-dire la fie. Lenn «ftpcs ne Mot ^rne de( lôtefe. il n'y a pas d*ime; ce sait inHiai ées Tances ^pe des masques. On dirait qne c» artioles. mÊÊmiûSsm dam des règles mesquines, se dé&ent d'ea saaîi pet €t Tecalent avec effroi deiant tante IfatMiiT d*ançÎBatilé. liS traditûms qu'ils respectent «aft ea lenr numa d'être â one Cloque ou il a fallu réagir fcrid lin niiii cwtre les afféteries des mailres da dix- hnilMaK siècle : nais «s traditions n'ont plus rien â nous apprendre aujourdlini. et c'est faire acte de Daiblerse que de s* j soumettre encore.
iG6 U MONNAIE.
Si, dédaignant tous ces préceptes surannés, les graveurs ne s'inspiraient que de la nature, s'ils pouvaient oublier des modèles qu'ils ont admirés et se préoccuper exclusivement de la vitalité expressive du modèle qu'ils ont à rendre, il n'est pas douteux, qu'avec la merveilleuse dextérité de main qui les distingue, ils n'arrivent à égaler, sinon à surpasser leurs devanciers. Bien des graveurs, emportés par des considérations qui devraient toujours leur rester étrangères, semblent ne plus savoir qu'une médaille n'est pas un tableau. J'en ai vu une qui représentait sur la face et sur le revers des scènes d'hôpital : malade couché dans un lit, médecin, sœur de charité, visiteur attendri. C'est puéril. La gravure sur médaille est avant tout un art symbolique qui doit résumer un fait par une allégorie quelconque, très-simple et très-facile à comprendre ; mais, sous aucun prétexte, elle ne doit reproduire le fait intrinsèque, le fait nu, anecdotique, familier. Gela est bon pour les journaux illustrés, pour tes coloriages d'Épinal, pour les lithographies.
C'est là le côté moral de la médaille, pour ainsi dire, et les maîtres en cet art feront bien d'y songer; mais il est un autre aspect de la question, aspect tout matéiiel, et dont il n'est pas inutile de dire un mot. La disposition dos médailles frappées de nos jours est, quant à la face, généralement peu habile. On en restreint le champ par un listel absolument superflu qui arrête et fixe l'œil dans les contours d'une circonférence au milieu de laquelle l'effigie semble prendre des proportions trop considérables. Ce bord soulevé et composé d'un trait aigre durcit l'ensemble et lui enlève cette sorte d'infini trèsdoux, très-fuyant, qu'on admire sur les médailles antiques. Déplus, le nom qu'on a la mauvaise habitude d'inscrire autour de la tête, est gravé en lettres romaines, dont la rigidité, la froideur, la rectitude forcées
sont en contradiction directe avec les lignes arrondies, brisées, multiples du visage. Il y a là, comme on dirait en musique, une dissonance. Si le champ est en cuvette au lieu d*être plan, cela ne vaudra que mieux, car alors il n'offrira plus un ton égal et monotone, il aura des reflets qui, variant la nuance générale, donneront à cette dernière une chaleur et une mobilité qu'un champ plat ne produit jamais. Je prendrai pour exemple, non pas les médailles antiques, auxquelles le fruste donne une apparence d une exquise douceur, mais cette même médaille des chemins de fer dont je viens de parler. C'est une tentative très-hardie de M. Bovy, et malheusement elle n'a point été imitée. Il n'y a pas de listel, le champ en cuvette profonde contient une efiigie que le relief et le travail du burin ont rendue fort belle. La Idmiére y joue facilement ; nul contour trop précis ne repousse le regard, et si l'on pouvait enlever les lettres qui enserrent la tète dans des jambages grêles et froids, ce serait une œuvre d'art irréprocha'fcle. Le reverg représente une sorte d'autel du haut duquel l'Industrie lance Mercure et Mars vers de larges terrains sillonnés par des trains en mouvement; la légende elle-même est excellente : Dant ignotas Marti novasque Mercurio oUls. Voilà, selon nous, le type de la médaille commemorative ; elle est une des gloires modernes de l'Hôtel des Monnaies.
La patine demanderait aussi une étude particulière, car c'est elle qui, donnant la coloration générale, détermine l'impression première. Depuis la patine noire d'flerculanum jusqu'à la patine vernie des Japonais, en passant par la chaude patine des Florentins, il y a cent patines préférables à la couleur chocolat insupportable et banale qu'on a depuis longtemps adoptée. Tout graveur eu médailles devrait connaître à fond le secret de la<^^8loration des métaux, avoir sa nuance spéciale
SG8 U U0!91IAIE.
comme il a un différent particulier et imiter M. Barye, qui, ne dédaignant rien de ce qui peut ajouter au mérite de ses œuvres, a trouvé une admirable patine prèsque semblable aux tons de la malachite, et qui revêt ses bronzes d^un épiderme plein de puissance et dévie. Cela est important, bien plus important qu*on ne se rimagine, et la chimie, à laquelle nul tour de force n^est impossible, pourrait, si elle daignait s'occuper de cette question, la résoudre facilement pour le plus grand bien des artistes.
Si' les médailles modernes n^obtiennent pas tout le crédit qu'elles devraient avoir, c'est qu'elles pèchent sous le triple rapport de l'expression, de la disposition et de la coloration. Il serait aisé de faire disparaître ces défauts. \jk commission n'a, il faut le dire/ qu'un droit de contrôle matériel sur les médailles que les administions, les sociétés, les particuliers font frapper ; elle n'a rien à voir à la façon dont un sujet est traité, aux coins du graveur, au style de l'œuvre. Ainsi que me le disait en souriant le plus haut personnage de THôtcl des Monnaies : « La commission fait comme ses balanciers, elle gémit; mais elle frappe les pauvretés qu'on lui apporte, car elle y est obligée. » 11 y a lieu de croire toutefois que, relativement aux médailles commandées par lÉtat, la réforme est en voie d'exécution et qu'elle sera activement poursuivie; car il est temps d'en finir avec des errements qui n'ont que trop duré.
1/Hôlel des Monnaies possède un musée où la vérité des observations qui précèdent peut être constatée par une simple comparaison entre les médailles anciennes et les médailles modernes. Ce musée était fort riche en monnaies de toute espèce, de toute époque et de tout pays. Malheureusement, en vertu d'un décret de 1862, il a été dépouillé par la Bibliothèque impériale, qui est venue chercher là les pièces qui manquaient à ses eoi-
LES MËDÂIIXES. 269
lections. Pour les médailles, passe encore ; mais, pour les monnaies, la mesure paraît bien excessive, car, si un établissement public a le droit de posséder un musée monétaire complet, c'est incontestablement Tliôtel du quai Gonti. Quoi qu*il en soit, les vitrines sont curieuses à étudier, car, malgré les lacunes trop apparentes qu'elles étalent au grand jour comme des plaies douloureuses, elles renferment des échantillons d^une valeur exceptionnelle. En dehors des monnaies étrangères, nos seules pièces françaises offrent un intérêt réel. On y trouve le spécimen de la pièce d'argent frappée en 1595 à l'effigie de cet éphémère Charles X qui n'était autre que le cardinal de Bourbon ; des pieds-forts très-remarquables portant tous des légendes différentes* ; des pièces de plaisir, large moimaie arbitraire faite exprès pour les rois, qui s'en servaient en guise de cadeaux; le magnifique écu de six livres frappé en 1786 par Pierre Droz, qui réinventait la virole brisée ; cet ècu, qu'on appelait Técu de Galonné, est un essai qui, s'il avait été poursuivi, aurait mis dans la circulation la plus belle moimaie d'argent que la France eût jamais possédée ; l'effigie, dont les longs cheveux surtout sont traités avec un art infini, est d'une délicatesse remarquable, et le revers offrant l'image de trois L fieuries et réunies est un chef-d'œuvre de goût et d'arrangement. Ce même Pierre Droz avait été chargé plus tard do fabriquer la monnaie de Berthier, et il existe au musée des pièces de cinq et de deux francs qui, autour d une tête assez médiocre, portent pour légende: Alexandre,
* Teston Charles IX. 1575 : Verœ religwnvt assertoH. Te-^tons et firancs de Henri 111 : Vaci quieti ac feliciiati puUlicse. Quarl d'écu du même : ConsliluUe rei nummariae exemplum. Franc de Henri lY : Perennitaii principis Galliw reslitutoris ; huitième d'écu du même : Probaii numitmatis exemplum. Franc de Louis XllI ; Justissimi régis perenni' tait; louis d'argent du même : Ludovico Xlll moneUe restitutori, Louis et écus blancs de Louis XIV : Pondère êanciuarii. Écu de Galonné (Louis XVI, 1786) : Domine salvum fac regem.
prince de NeuchàteL H est à regretter que la nécessité de classer les monnaies selon un ordre chronologiqœ empêche de mettre cette dernière à côté du Charles! de 1595. Parmi les pièces de cuivre, on remarque quelques exemplaires bien conservés des monnaies obûdionales, monnaies d'apparence triste et presque lugubre, frappées à Mayence en 1793, à Anvers en 1814, à Strasbourg en 1814 et en 1815. En regardant la collection des médailles avec soin, on pourra reconnaître combien le temps marche vite, combien la célébrité est fugitive. Il y a là des quantités de médailles frappées à grands frais pour perpétuer le souvenir d'un événement ou d'un homme dont la date et le nom ne sont déjà plus dans aucune mémoire. Sous ce rapport, les vitrines contienr nent plus d'une leçon amére, et bien des politiques vaniteux feraient bien d'aller y apprendre la vérité, et par conséquent la modestie.
La partie la plus importante du musée est celle qui renferme les poinçons et les coins de toutes les monnaies, de toutes les médailles qui ont été frappées à l'hôtel, lis sont encore aujourd'hui, depuis le plus ancien jusqu'au plus récent, à la disposition du public, qui peut toujours demandera la commission impériale Fautorisation de faire exécuter n'importe quel spécimen. C'est un grand avantage offert aux amateurs de numismatique, mais il faut avouer qu'ils n'en abusent pas et qu'ils laissent volontiers les coins dormir dans les armoires vitrées qui les défendent contre la poussière. 11 est juste de dire que la commission, qui est dépositaire des coins, les ménage avec un soin trop jaloux, et que, lorsqu'on lui demande une médaille de bronze, elle la laisse invariablement frapper en rosette^ c'est-à-dire en cuivre rouge. Le bronze cependant est le métal par excellence [lour les médailles; mieux que l'or ei que l'argent, il en accuse toutes les finesses, en fait ressortir les
sautés ; mais il est très-dur, très-résistant, exige des isses nombreuses, et fatigue les coins d'une façon noble. Le cuivre, au contraire, est d une ductilité parîle ; il cède rapidement au choc du balancier, et, s*il "oduit des médailles d*une valeur contestable, on est trtain du moins qu'il n'use pas les matrices dont on se rt pour donner Tempreinte. Périssent les coins plutôt l'un principe ! Une médaille de cuivre est une médaille ishonorée, molle, flasque, d*un relief naturellement oste et que le moindre frottement contre un corps dur torche et met en péril. Il faut employer le bronze, dusnl les coins être brisés. Dans ce cas-là, le malheur irait loin d*être irréparable, puisque Ton possède les rinçons avec lesquels on peut toujours, à volonté, faire »s matrices nouvelles.
Dans le vestibule qui précède le musée, on a réuni, ins de grandes vitrines, des spécimens figurant les ifférents états par où passent les monnaies d*or, d'armt, de bronze, depuis le lingot brut jusqu'à la pièce irfaite. Là il est facile d'étudier Faspeci que présennt les barres, les lames, les bandes, les cisailles, les ins, et l'on peut, sans longue étude, se rendre compte ss diverses phases de la fabrication. Un cabinet voisin, Li^en^ent éclairé, contient une collection de timbresoste. Tout en rendant justice à l'esprit qui a présidé à site création, on peut trouver que le résultat en est eu satisfaisant. Une collection de cette nature n'a 'importance qu'à la condition d'être complète, d'offrir L suite chronologique et ininterrompue des types créés ans tous les pays du monde, et il faut reconnaître que, >us ce rapport, le musée de la Monnaie laisse beaucoup
désirer.
Telles sont les diverses installations de l'hôtel du uai Conti, en ce qui concerne les monnaies et les méailles, c'est-à-dire les deux objets pour lesquels il a
tHé établi ; mais celte étude serait incomplète, si Foq n'y disait un mot de deux opérations très-importantes, exigeant toutes deux une surveillance spéciale, et dont les ateliers appartiennent à THôlel des Monnaies; il s'agit de la fabrication des timbres-poste et de la garantie des matières œuvrées d*or et d'argenU
Les tiinbrefl-poste. — Imprimerie. — Le vernissage. — La gomme. — Le pointilbge. — Iroporlation anglaise. — Contrôle et précautions.— Koiiii>res comparatifs. — On apprend à écrire. — Le bureau de 1 gaianlie des matières d'or et d'argent. — Los essais.— Le laboratoire. -» Souvenir de Gay-Lussac. — Le touchau. — Pièces brisées. — Le poinçonnage. — Les poinçons. — La bigorne. — Entomologie. — I>e vrai contrôle. — Une cuiller. — La brigade volante. — La recense. — Les bijoux de mademoiselle Racbel. — Impôt somptuaire. — Améliorations morales. — Monnaie internationale. — Diversité des monnaies. — Le progrés marclie bien lentement.
Il peut sembler singulier, au premier abord, que le timbre-poste soit assimilé à la monnaie ; mais, si l'on y . réfléchit, on ne tardera point à reconnaître qu'il ne peut ^ en être autrement. Le timbre-poste, en effet, est une valeur fiduciaire, un billet de banque infiniment petit, et, comme tel, il ne devait pas échapper au contrôle de l'État. Du reste, par ce seul fait que le graveur général est chargé de fournir le poinçon de l'effigie, il ressortit à rilôtel des .Monnaies. Les planches de cuivre, portant chacune 150 empreintes, sont obtenues à l'aide des procédés de la galvanoplastie. Elles sortent du laboratoire du directeur de la fabrication des timbres-poste, qui Jouit des mômes droits et est soumis aux mêmes obligations que le directeur des monnaies, il opère à ses risques et périls, est tenu de mettre a la disposition de l'administration des postes le nombre de timbres dont on a besoin et qui ne sont acceptés qu'après contrôle;
il est payé en raison des quantités qu*il livre et garde à sa charge les machines et les ouvriers.
En somme, ces ateliers spéciaux ressemblent à ceux dune imprimerie; les machines jouent sans tapage inutile; les rouages ont des mouvements d'une douceur qui ne laisse pas soupçonner la force mise en œuvre. Là tout se fait rapidement et en silence. Les feuilles du papier particulier, fourni par la maison Lacroix d'Angouléme, sont comptées et soumises, avant toute autre opération, à un vernissage qui se fait à la presse mécanique. Un enduit incolore et dont la composition doit rester secrète est étendu sur une des faces de la feuille. Ce vernis, qui ne modifie en rien Taspect du papier, rend toute contrefaçon à peu prés impossible. Non-seulement il permet de donner une finesse presque inimitable à Tempreinte, mais encore il reçoit directement cette dernière, et si, malgré l'extrême ténuité de ce vernis, on pouvait Tenlever, on enlèverait du même coup FefQgie, et Ton n aurait plus entre les mains qu*un carré de papier bleuâtre portant une tache au lieu du ^ofil dont il offrait Timage.
Lorsque le papier est ainsi préparé, les feuilles sont comptées de nouveau, et enfermées pour être distribuées selon les besoins du service. Deux planches sont réunies côte à côte dans un châssis après qu*on les a nettoyées à la benzine pour enlever toute trace de corps gras qui pourrait les maculer. Â Taide d un rouleau, on les imprègne régulièrement d'une couche de couleur qui varie selon la catégorie de timbres qu'on veut obtenir ; puis on tire à la presse à bras ou à la presse à vapeur. Dans ce dernier cas, Tencre est mécaniquement appliquée sur les planches comme sur une p]:esse d'imprimerie ordinaire. Chacune des feuilles complètes, imprimées, contient 500 timbres, divisés par une marge blanche en cadres de 150 chacune. Lorsqu'elles lient
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sèches, on les coupe en deux à Taide d'un coupoir qui peut en trancher environ 500 d un seul coup. Les feuilles sont alors portées à l'atelier où se fait le gommage» qui exige une certaine adresse de main. Chaque feuille, ayant été gommée au pinceau, est mise isolément à sécher sur de larges claires-voies. Cette opération est la plus lente de toutes, car un bon ouvrier dans sa journée ne peut guère gommer plus de 900 feuilles. Comme ces ateliers ont été aménagés en 1848 dans de vieux locaux, ils sont peu en rapport avec le travail qu'on y accomplit, souvent étroits, coupés par des cloisons maladroites et réunis à l'aide d'escaliers biscornus qui sont de véritables casse-cou.
Lorsque les feuilles gommées sont parfaitement, sèches, elles sont envoyées dans une salle où se fait le pointillage à l'aide d'une très-ingénieuse machine que dirigent des enfants. Le pointillage a pour but d'entourer chaque timbre d'un perlé de petits trous qui pe^ met de le détacher de la feuille sans le déchirer ; c'est depuis le mois d'août 1862 seulement qu'on a introduit en France cette excellente amélioration, venue d'Angleterre. Les feuilles sont fixées cinq par cinq sur un cadre de fer ; ainsi immobilisées, elles passent sous un large peigne composé d'une série de carrés garnis de poinçons sur chacun des côtés qui correspondent exactement aux côtés du timbre-poste. Le peigne s'élève et s'abaisse automatiquement pendant que le cadre est entraîné par un mouvement mécanique, et en moins d'une minute les cinq feuilles superposées, représentant 750 timbres, sont pointillées avec régularité.
Les timbres-poste sont terminés ; ils sont soumis au contrôleur, qui rebute ceux qu'il trouve défectueux. Ceux-là sont toujours en petit nombre, deux ou trois mille par an tout au plus. Ils sont brûlés, et l'on dresse un procès-verbal de l'incinération. Les timbres droits
ifermés dans une armoire à triple clef, d'où ils ne t qu'en présence d'un agent de l'administration stes, qui signe un récépissé extrait d'un registre be. En somme, la fabrication et la comptabilité nbres-poste offrent autant de garanties que celles mnaies. La consommation en augmente tous les et si la progression continue dans les mêmes pro* is, les ateliers vont bientôt devenir insuffisants, it voir le progrés accompli en dix ans. L'atelier îcation en a fourni 196,943,700 en 1858 ; en 1868, I livré aux postes 530,847,900 q||jd ont été payés f8 fr. 32 centimes. Gela est bon digne, et prouve population française se décide enfin à apprendre et à écrire*.
ique le bureau de la garantie appartienne aux uctions mêmes de l'Hôtel des Monnaies et fasse avec elles, l'entrée en est située rue Guénégaud ; tg couloir, beaucoup trop bas de plafond, et dans un homme portant un crochet chargé de grandes d'orfèvrerie ne doit passer qu'avec peine, conisqu'au bureau même, qui s'ouvre par une caisse n enregistre toutes les matières précieuses aps et destinées à recevoir le poinçon du contrôle, èces reçues le matin sont vérifiées et rendues le lême. C'est là, dans une sorte d'antichambre, que prentis, les garçons de magasin, attendent les bi-^ u'ils doivent enfermer dans la boite de fer ratta- [ leur cou par une chaîne solide, sque les matières ont été inscrites, elles sont en- ;, ayant chacune un bulletin indicatif, à la salle sais, où, devant des établis, des hommes silencieux ssis ayant prés d'eux les instruments spéciaux qui ont nécessaires. Sur toute pièce assez considérable
. Pièces jusiifkaiives, 6.
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pour qu*on puisse, eu la grattant, enlever un gramme de métal, on recueille la prise d'essai, qui est immédiatement transmise au laboratoire, laboratoire glorieux, car Gay-Lussac y découvrit, en 1829, le procédé d*essai de Targent par la voie humide. lia, grâce aux manipulations de deux chimistes éminents, assistés d*aides rompus à toutes les difficultés pratiques du métier, on détermine d*une façon précise le titre de chacun des objets soumis aux expériences. Le laboratoire est petit, étroit, parfaitement éclairé par une large fenêtre, mais tellM^ent chauffé par les fourneaux, que par- Ibis le héjour eiî devient intolérable. Un mobilier neuf ne le déparerait pas : il y a là un certain ccinapé jaune en velours d*Utrecht qui date sans doute du temps où H. de Laverdy était contrôleur des finances. Dans cet espace resserré, où sept et huit persoimes doivent toujours être en mouvement et ne se heurter jamais dans la crainte de compromettre leurs opérations délicates, le travail est incessant de neuf heures du matin à trois heures de l'après-midi. Les prises d'essai apportées sur de minces coupelles en cuivre, numérotées et munies d'un signalement particulier inscrit sur une fiche de papier, se succèdent sans interruption et passent, selon qu'elles sont d'or ou d'argent, par toutes les phases curieuses de la coupellation ou de la voie humide. Une cuiller d'argent, une tabatière, une cuvette de montre d'or, sont expérimentées avec autant de soin qu'une brève de plusieurs millions.
Lorsqu'une pièce échappe par la ténuité ou la finesse du travail à la prise d'essai destinée au laboratoire, elle est appréciée au touchau, qui, sans pouvoir fixer rigoureusement le titre, peut du moins permettre de constater qu'il ne s'éloigne pas des tolérances acceptées. Le touchau se compose d'une pierre de touche, d'un flacon d'acide nitrique et d'un trousseau de barrettes de cuivre
Là garantie; 277
lont chacune porte, soudé à Textrémité, un échaniilloii !*or (le titre déterminé. Tous les ors de couleur qui sont î résultat d'alliages avec du fer, du cuivre ou de Tarent ont là un spécimen. Le bijou frotté sur la pierre roduit un trait métallique qu'on mouille avec de l'eau- »rte; celle-ci, enlevant le cuivre, respecte plus ou moins { trace, selon la quantité d*aliiage ; pour avoir un point e comparaison certain, on fait la même opération avec aiguille correspondante du touchau, et l'on peut dès M's juger de la pureté du métal qu'on vérifie. Lorsque, près plusieurs essais renouvelés et opposés les uns aux litres, on reconnaît que la pièce copÎMent trop de cuire, elle est déformée, brisée à coups de marteau et mdue en cet état au fabricant, qui ne réclame que bien irement, carie commerce de Paris sait avec quels soins, vec quelle science, avec quelle expérience acquise par habitude, on procède au bureau de la garantie. Le laoratoire et la salle des essais ont, en 1868, expéri* lenlé 3,408,780 ouvrages d'or et 6,239,238 ouvrages 'argent, sur lesquels 27,520 objets d'or et 10,415 obits d'argent ont été cassés, parce qu'ils étaient d'un tre trop faible.
A mesure que les objets essayés sont reconnus droits, s sont transportés dans la salle du poinçonnage, où ils oivent recevoir une double empreinte qui en constate 1 sincérité et en détermine le titre. Là une difficulté i présentait : pour déjouer les tentatives des contrefacmrs, il fallait n'opérer qu'à l'aide de poinçons si parits qu'ils fussent inimitables. C'est à quoi Ton est parmu. Les poinçons gravés par H. Barre père, qui, avant m fils, était graveur général des monnaies, sont des [lefs-d'œuvre de finesse et de précision ^ Selon qu'ils
* 11. Jules Aublin, contrôleur à la fabrication des coins et poinçoni, pnbUé un trés-curieux Tableau tifnoptiq*^^ de» monnaies et de la irantie, donnant la représentation exacte des différentSt des espèces ctalliques et des poinçons de garantie.
278 Là monnaie.
doivent être employés au contrôle de For ou de l'argent, selon qu'ils constatent des titres variés, ils diffèrentl'un de Tautre, et représentent la tête d'un médecin grec» de Minerve, d'un aigle, d'un cheval, d'un sanglier, d'un rhinocéros, de Mercure, d'un dogue, d'une girafe, un grand, un petit charançon, un crabe, une chimère; un chiffre disposé de telle oii4elle manière indique que le métal est plus ou moins pur.
Gela ne suffisait pas encore; un poinçon, si habilement gravé qu'il soit, peut, étant toujours le même, être reproduit. 11 fallait donc trouver pour la garantie une marque qui, se modifiant pour ainsi dire elle-même, donnât une empreinte toujours diverse et qui cependant fit partie d'un tout invariable. Ce résultat est obtenu par la bigame^ petite enclume qui a deux pointes, deux cornes, ainsi que le nom l'indique. La corne la plus grande est plate et offre un développement de 22 millimètres de longueur, de il dans la plus grande largeur et de 4 à l'extrémité; la plus petite corne, qui est ronde, a 14 millimètres de long, le talon est de 7 et la pointe de 5. Eh bien, sur cette surface étroite, on peut faire un cours d'entomologie, car la première porte 21 rangées d'insectes, la seconde 17, et chacune de ces catégories différentes est isolée par une bande en zigzag où se déroule une inscription ^ 11 est superflu de dire que ce travail, qui a duré trois ans, a été fait au microscope, et que l'artiste qui a produit un tel chef-d'œuvre de patience a failli y perdre la vue. Lorsque, armé d une forte loupe, on regarde attentivement ces sauterelles, ces cicindelles, ces frelons, ces fourmis, ces libellules, dont les ailes, les pattes, les antennes, les articulations du
* Une de ces bigornes ayant été volée en 1846 par un employé du bureau de la garantie, H. Barre père dut modifier le type primitif en ajoutant des ornements aux bandes de séparatiOQi qui antérieurement étaient lisses.
corsage, sont d'une exactitude extraordinaire, on éprouve une sorte d'éblouissement.
La façon de procéder est fort simple. La pièce à contrôler est posée au hasard sur la bigorne ; au-dessus du point exact par lequel le métal est en contact avec l'enclume, on applique le poinçon, qui est enfoncé d'un coup sec. La pièce reçoit donc une double empreinte : celle de l'image gravée sur le poinçon, celle d'une partie des mille traits qui sillonnent la bigorne, mais cette dernière image change à chaque opération : tantôt elle représente une tète de fourmi et une patte de sauterelle, tantôt la partie inférieure d'un staphylin et les antennes d'un fulgore. C'est là le vrai, l'inimitable contrôle, qui, malgré la multiplicité des variantes, appartient à un texte unique qu'on peut toujours consulter au besoin.
n n'est personne qui, ne serait-ce que machinalement, n ait examiné la marque d'une cuiller bu d'une fourchette. On voit alors à la face externe une marque ({oi a huit pans irréguliers, au milieu se dessine une tête de Minerve ayant le cliiOre I placé en vedette devant le front : c'est là le poinçon du premier titre d'argent ; mais sur la face interne, précisément de l'autre côté de cette marque, on aperçoit des traces qui paraissent indécises, irréguliëres, et ressemblent à une écorchure du métal : c'est la trace de la bigorne. Qu'on examine attentivement, et l'on reconnaîtra des portions d'insectes et peut-être une lettre ou deux de la légende inscrite entre eux. Les poinçons et la bigorne de la garantie, gravés en 1858, n'ont point été modifiés, car nul instrument de précision n'offrirait une plus sérieuse sécurité.
De même que les monnaies ne peuvent circuler qu'après avoir reçu la triple consécration de l'effigie, de la tranche et du revers, de même les objets d'or et d'argent ne doivent être livrés par le commerce qu'après
2M U VOliNAIE.
avoir subi les essais et le poinçonnage de la garantie; mais, comme le contrôle se paye, et que bien des maichands ne se gênent guère pour se soustraire aui mesures fiscales, une brigade volante de douze contrôleurs est chargée de visiter toutes les boutiques, tous les magasins où, sous une forme quelconque, on vend de l'or et de -l'argent mis en œuvre. Ces agents ne procèdent jamais qu'accompagnés d'un commissaire de police, car parfois, trop souvent même, il faut dresser un procèsverbal et opérer une saisie.
La garantie assiste aussi par un de ses représentants à toute vente publique, car les bijoux, les armes riches, les orfèvreries doivent, lorsque le poinçon qui les marque est périmé, être frappés d'un contrôle de rceenu (tête de girafe, tête de dogue). Il arrive fréquenuncnt que ces sortes d'objets ne sont point au titre légal ; mais dès qu'ifs offrent un intérêt quelconque de curiosité ou de sentiment, on les respecte et on les rend à leurs propriètaires. Après le décès de mademoiselle Rachel, on trouva chez elle une assez grande quantité de parures de théâtre en or bas, mis en couleur, et que l'artibte avait fait spécialement exécuter pour donnera ses différents costumes un plus grand caractère de réalité. Tous ces bijoux, considérés comme souvenirs, évitèrent le coup de cisailltî réservé aux métaux que trop d'alliage rend inférieurs.
Le bureau de garantie, en tant qu'administration, ne relève pas de la commission des monnaies, il appartient aux contributions indirectes et dépend du ministère des finances, auquel il a rapporté, en 1868, la somme de 2,285,009 fr. 30 cent. Pour un impôt somptuaire, c'est un maigre produit, qui rémunère à peine l'État des soins rju'il prend afin d'assurer à tous nos ouvrages d'or et d'argent le titre qui seul leur donne une valeur commerciale.
LA GARANTIE. i8{
Les diverses opérations dont l'flôtcl des Monnaies c>t le théâtre offrent des garanties telles, qu'il est bien difO. cile de les trouver en défaut. Pour assurer à nos monna'es la sincérité qui doit en être le principal caractère, on ne recule devant aucune considération, et bien sou* vent on a fait rejeter à la fonte des brèves entières. Sur 45,522,418 pièces d'or et d'argent frappées à la Monnaie pendant le cours de Tannée 1868, on en a rebuté 2462,652, gui ont dû subir de nouveau toute la série de manipulations prescrites avant de pouvoir obtenir le bon de délivrance et entrer en circulation.
Si l'État ne participe en rien à la fabrication des monnaies, il y intervient avec omnipotence pour les contrôler, et par conséquent il assume une part de responsabilité qu'on peut invoquer lorsqu'il s'agit de certaines améliorations à introduire. Toutes les fois que le gouvernement participe à une administration quelconque, sous quelque forme que ce soit, son action doit se faire sentir immédiatement d'une façon bienfaisante et élevée, les ouvriers employés dans l'hôtel du quaiCionti relèvent uniquement du directeur de la fabriâAion ; mais TËlat, comme tuteur des monnaies, devrait les fuire jouir des avantages qu*on trouve aujourd'hui dans presque tous les grands établissements. Rien ne serait plus convenable que d'assurer des retraites à ces humbles travailleurs qui manient avec grobité et en détail la richesse monétaire du pays, de leur procurer en cas de maladie ou de blessures les soins ^rratuits d'un médecin payé par l'administration, de leur faire distribuer à prix coûtant, des médicaments par la pharmacie des hôpitaux, de les attacher, < n un mot, à leur dur métier, de récompenser leur labeur par une sorte de bénéfice moral plus envié et plus recherché parfois que le bénéfice matériel. L'État est père de famille ; il exige beaucoup, sous bien des rap^^orts il exige trop, et jamais cepen-
ttS LA MONlf AIE.
dant on ne marchande les sacrifices qu'il réclame; ne doil-il pas, partout où il apparaît, amener avec lui le bien-être et la moralisation?
11 est une amélioration d'un autre ordre qui intéresse l'humanité tout entière, à laquelle on travaille depuis bien des années déjà, et qui, l'on peut en être certain, rencontrerait l'unanime assentiment de la commission. Il faut doter le monde d'une monnaie internationale, uniforme, acceptée par tous, et garantie chez tous les peuples par une loi semblable et consentie. Cette idée, si simple qu'on s'étonne de ne pas la voir appliquée, a souvent été mise en avant par la France. Dés le 8 mai 1790, M. de Bomay proposait un décret par lequel Louis XYl serait supplié d'engager le parlement anglais à établir l'égalité des poids, mesures et monnaies avec la France. Quelques nations, nous les avoua nommées, ont adopté le système décimal, mais combMB sont rèfractaires encore, et comment se fait-il qae dans les traités de paix on n'ait jamais songé à introduire une clause relative à l'unité des monnaies?
N 'est-il pas puéril qu'à notre époque, par un temps de chemins de fer et de télégraphie électrique, lorsque l'on dépense avec raison des millions pour obtenir un peu plus de rapidité dans les communications, les différents États, par suite d'un orgueil mal compris, d'habitudes surannées qu'on n'ose détruire, de paresse et d'insouciance, gardent une diversité de systèmes monétaires qui est préjudiciable à toutes les transactions et semble inventée tout exprès pour enrichir des banquiers habiles? Qui pourrait croire qu'aujourd'hui l'Europe emploie plus de 200 variétés de poids et de mesures, qu'elle compte le temps à l'aide de trois calendriers qui n'ont aucun rapport entre eux, et que son commerce use de 93 monnaies d'or et de 135 monnaies d'argent, qui n'ont de commun ni le titre ni le poids? Cinq types de pièces
APK2iMC£.
r, dnq d'ai^ent, quatre de bronze.
i dèfinîtiTemeiit suffire à toos les besoii». 1 à s'entendre s^t ce sojet qui tienC aux laléréfti plus précieux des nations? Il faut le crwe: sum peut reconnaître qne, à le proerés ne *'«rr*le nais, sa marche est parfois d*inie ' ^
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tppfdlirr — Les éfénonats de it^Uf:i è sur la fabrication des momnies; eeOe «e enrompae et o*a été reprise «pi'eii 1*74. P« opérations ont été presque nôiles i Hiéfed snrrection s'empara après le IS-aan anaMl 'ne « p^v^r Dt se fat réfugié à Tersailks. La GoaBBBatf a lean i :atr» irs^ ;ilien ; enTÎron i,3004KM firancs en pièces 4e aur !baca wr -;•? ppés, par son ordre, ea avril e£ nai fiO : js jttpar ne 99 ees, qui do reste étaient parûÉCaBOtt émêet wm <<s .^t^dip^ï lacircalrtiMi et refondnea.
Sa 1819^ Jt ftareao do cbatkfi a nça. KZi '?% i^im — n ; ) granHMi Jf Wjg e nt ; nnl liaûc onâ <iii^ t'ir r « t ^«^ jfi)^ Ué. Le monnayage a porté nr 9,^31^ 44 T >ii«r>!t f v:;.»». iMir !58,872 ont été rebutées eomae a:'4finat ^\ .vir«^ 0% « ^ tiaigi fa i m luises de poids, d'aloi on de MKriaê: ^,4i.« JKT ^hr» i« vhm» tété firaypiécs, sor ksqueflea ^.Mi «t "gte r*yg«wi a » S*tf» :» leur mise en dreobtioo repréieabe ise Maune li( ^ TfH T^tk mes 50 centimes d'argent et 2U^i fraaiBi £^ fxai j«r» «^ «me. La machine à peser de laaKS laréKà Saçwr «i
ffleni adoptée et faœtkmmt régaiéstaKiC deçav a msfitait itt j^ irication de Tor en 1S74.
Le nombre des médaïllef frapféei em fifT^ r^«9»e 2445, dont 4,515 en or. 4 em pfanK. S«IJO( «i eniTre; à ce chiffre d^ r—iifiriftii» a S»ir ayvMMp •T'^ fM
Sdailles dites de saintelé en «nce larte <e •A0fmx^ L'imprimene spéciale des tâHfcres-ffHUt a jn?> 491 ^MT^ #
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