AU CAFÉ GRILLON
Là, pour ne pas être mêlés aux habitués, nous montons sur une terrasse d’où l’on a vue sur une cour. Nous entendons des sons discordants; c’cst la cour qui vient d’être envahie par un joueur de vielle. Je donne un sou à Jenny :
— Quel atroce instrument! Jotlc-lui ce sou pour qu’il déguerpisse.
— Pauvre homme! s’il joue de la vielle, c’est qu'il n’a pas les moyens de louer un orgue, '’oilà
tout... Oh! qu’il est adroit! il a allrapc ton son au vol. Eu as-tu d’autres? Passe-m’en, que je les lui jette.
Je donne une poignée de cuivre à la prodigue Jenny.
— Il n’en manque pas un. Je suis curieuse de voir s'il attraperait aussi bien une pièce de dix sous. En as- tu?
— Pourquoi pas tout de suite essayer d’un billet de mille?
Jenny, sans se fâcher de ce sarcasme, fouille dans sa poche.
— Attends, mon petit Auguste, j’en ai une, moi... Ohl qu’il est leste, ce petit gueux-là 1 II ne lui a pas plus donné le temps de tomber qu’aux autres.
Jenny s’assied, enchantée de sa bonne action.
• — Ça tient toujours, notre partie de campagne, mon chat?
— Certainement. Où veux-tu que je te mène?
Digilized by Goc^le
l.NE JOUllfiEE AVEC JENKY.
— Allons à Croissy, veux-tu? Je connais l’endroit. C’est très-gentil.
— Va pour Croissy.
Nous sortons du café- pour aller prendre le cliemin de fer. En route, Jenny s’arrête volontiers devant