‹ Paris démoliChapitre 12 sur 108 · X LI · texte numérisé non relu

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mercer L Sa voisine, la rue Bertin Poirêe s’est aussi donné des airs mondains et une sorte de renom chez les gens de toutes classes ; seulement le principal établissement auquel elle le doit prouve que les habitudes aléatoires ne sont pas tout à fait perdues dans le (Quartier du vieux Thibault-le-Joueur, et que, comme les jeux de hasard, ses complices ordinaires, le vol aussi ne s’en est pas autant éloigné qu’on pourrait le croire. Il n’a guère changé que de nom et de forme. La B langue royale , ou, pour parler plus clairement, la loterie s’y est établie et y fait rage sous la direction du sieur Boulanger, émule ou plutôt successeur du grand Tonti, et comme lui subtil organisateur du hasard et de ses chances.

Une lettre que Sauvai écrivit à Racan au sujet de cette Blanque de la rue Bertin Poirée , prouve que cet habile homme eut l’art d’enfiévrer tout Paris et d’attirer à la distribution de ses numéros, puis à leur tirage qui se fit « dans la salle du grand logis de la rue Saint-Martin, où pend pour enseigne Notre-Dame de Paix », la cour et la ville, gens de toutes sortes, de noblesse, de robe et de littérature1 2. Il eût fait beau voir que de notre temps on mît ainsi, dans ces rues perdues ou roturières, les bureaux de la loterie du lingot d’or! Quand bien même elle eût annoncé, comme la Blanque de Tonti, que les fonds produits seraient employés à la construction d’un pont entre les Tuileries et la rue du Bac, — ce qui fut en effet exécuté; —

1. V. plus loin le chapitre Almavach des Adresses sotis Louis XV.

2. Histoire de la Loterie en France , Ier art., Revue de Paris, 2> sept. 1831, pag. 198.

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