XI.II
INTRODUCTION
quand bien même comme la loterie de Boulanger, elle eût promis, par ses affiches, l’établissement d’un nouvel hôpital — ce fut celui de la Pitié ; — ou, comme d’autres blanques du même temps, la construction ou l’achèvement de quelque belle église, — les fonds nécessaires à la reconstruction de Saint- Roch n’eurent pas d’autre source ; — oui, quand même, au lieu de sa destination californienne, la loterie du fameux lingot eût eu en vue ces projets tout parisiens, je vous demande un peu ce qu’elle eût produit à Paris, si, \ comme celle dont nous parlons, elle eût pris pour siège de son établissement la rue Bertin Poirée ! Elle ne fût ! jamais arrivée à son premier million. Ce qui prouve qu’en fait de quartier, blasés que nous sommes par les boulevards et par les belles rues nouvelles, nous avons plus de dédain que nos pères.
Ils ne s’en tenaient pas, envers ces rues si maudites depuis, aux visites accidentelles que commandait l’engouement du jour. Gens de cour et bourgeois y venaient à toute heure, non pas en carrosse, l’usage n’en était pas encore assez répandu alors, et le peu de largeur des rues s’y fût d’ailleurs opposé ; mais sur leur mule, en chaise ou bien à pied. De notre temps, dans ce riche quartier des Bourdonnais dont a si bien parlé Dufresny1, il n’y a plus que le marchand des autres quartiers qui aille en fourniture ; au XVIIe siècle, les grandes dames s’y rendaient elles-mêmes pour acheter au détail, et quand elles s’y étaient amplement approvisionnées de taffetas, de velours, de drap de soie ou d’or, elles poussaient bravement jusqu’à la rue aux