‹ Paris démoliChapitre 23 sur 108 · Madame la marquise de Soui · texte numérisé non relu

Madame la marquise de Soui

d’Estrées, mère de Gabrielle (Hist. in. du P. Anselme, vin, iSa). — Son hôtel était situé au fond l’impasse qui lui doit son nom. C’était auparavant le cul-de-sac f wrt-Bdà C*eSt en : de cette impasse, que Coligny,

Béthizy, fut atteint par l’arquebuse de Maure vert. L'assassin, poste près des toits, se glissa, le coup lâché, dar. > le doitre qui était derrière, et s’échappa en descendant dans l'impasse de la qui se trouve encore rue Chüpéric, Sel M la : . : : ' | -

riens, Gabrielle empoisonnée chez Zamet, dans son hôtel de la rue

INTRODUCTION

bien encore dans le riche et plaisant hôtel, dont elle était dame et maîtresse, à l’extrémité de la rue Fromenteau 1 ; mais depuis assez longtemps nous parcourons ce quartier, nous traînant dans les fanges que la population qui l’habite nous a même trop forcé à remuer. Puisque le nom de cette dernière rue est revenu sous notre plume, avec celui de l’une de ses plus célèbres habitantes, nous allons mettre à profit la transition que ces deux noms nous offrent, pour passer dans un quartier plus paisible où se trouvait aussi une rue Fromenteau, et dans cette rue, s’il fallait en croire l’abbé Lebeuf, un autre hôtel de Gabrielle d’Estrées 2.

de la Cerisaye , aurait été apportée à l’hôtel Sourdis et y serait morte. Bassompierre, qui nie l’empoisonnement, soutient qu’elle mourut, non chez sa tante, mais dans le Doyenné de Saint-Germainl’Auxerrois. ( Remarques de M. le maréchal de Bassompierre sur les vies des Roys Henri IV et Louis XII! , par Dupleix, Paris, 1665, in-12, pag. 60.)

1. Cet hôtel, que Henri IV avait acheté au maréchal de Schomberg, était si près de la demeure royale que, suivant {'inventaire, analysé par M. de Fréville, Bibliothèque de l’École des Chartes, novembre et décembre 1841, pag. 156, note, la chambre des Pages y avait « issue sur les offices du Louvre, » c’est-à-dire derrière le cloître Saint-Nicolas où furent retrouvés, en février 1613, quelques débris de la garde-robe de la reine dont toutes les robes avaient été volées. [Lettres de Malherbe à Peiresc, pag. 153.) C’est dans cet hôtel de la rue Fromenteau, que Gabrielle fit élection de domicile, quand elle signa le contrat de mariage de son fils le du* d’Angoulême, passé à Angers, le 5 avril 1598. (V. Piganiol, ir, 311).

2. C’est une des rares erreurs du savant abbé. [Hist. du diocèse de Paris, 1, 208-209.) Trompé par une statue qu’il prit pour celle de Henri IV en manteau royal, et par cette inscription qui eût appelé la protection du fils sur l’asile des amours du père : « Ludovice domum protégé; » abusé surtout par l’homonymie des deux rues, il plaça rue Froidmentel, au mont Saint-Hilaire, au coin de

INTRODUCTION

Là aussi sont des ruines récemment faites, et voilà ce qui nous y intéresse le plus. C’est bien loin d’où nous sommes, et par la distance et surtout par la dissemblance des mœurs qui s’y agitent, c’est tout au haut du mont Saint-Hilaire, le mont sacré de ces sérieux artisans d’autrefois, imprimeurs, libraires, relieurs, dont la fabrication et la vente du livre étaient l’industrie et le commerce l. Pour y arriver, pour monter, c’est le mot, à cette contrée de la science, à ce pays Latin , il faut quitter les quartiers de l’Industrie matérielle et bruyante, le Paris actif, sensuel et brutal, la ville du peuple et du Roi ; il faut passer la Seine, il faut franchir ces ponts qui longtemps furent eux-mêmes des rues aux hauts pignons, pleines de monde et de bruit, tant le travail, en ce temps de fièvre laborieuse, avait de peine à s’interrompre et à laisser dans Paris une place inoccupée. Maintenant, le labeur n’a point cessé, mais il ne se trouve qu’où il doit être, où il n’est une gêne ni pour la circulation, ni pour la santé publiques, où, dégagé et assaini luimême, il n’oppose aucun obstacle à cet air salubre qui est la vie de la grande ville. Passez le Pont- Notre- Dame, non seulement vous n’y trouverez plus comme il y a cent ans, de hautes maisons autour de vous, mais encore le pavé est partout égal, le trottoir est uni comme le parquet d’une chambre. Plus de flaques

la rue Chartière, l’hôtel que nous venons de voir près du Louvre. | G. de Saint-Fargeau est tombé dans la môme faute. [Les Quarante -« huit quartiers de Paris, in-4, pag. 182.)

1. V. Roman bourgeois de Furetière, dans la Bibliothèque El^éviÀ rienne Je P. Jannet, pag. 222-223, notre note sur le mont Saint Hilaiie et sur le Puits Certain.

INTRODUCTION

d’eau sous les pas du marcheur, et, au sommet de l’arche du milieu, plus de courbe en dos d’âne, rendant la double pente malaisée pour les chariots qui dé- . i bouchent de la rive droite ou de la rive gauche L — De même pour le Petit-Pont , qui vient, lui aussi, d’être reconstruit, depuis la première jusqu’à la dernière pierre. Les temps sont loin où les maisons qui le couvraient, s’élevant comme un rempart devant les fenêtres de l’Hôtel-Dieu, empêchaient l’air d’y entrer et y emprisonnaient pour ainsi dire le typhus et la

i. Le pont Notre-Dame était au xv« siècle le pont central de I Paris. 11 n’était d’abord qu’en bois, « le pont que l’on passe à j planche. » Les inondations l’emportèrent. « Les habitants, dit Monteil ( Traité des matériaux manuscrits , tom. n, pag. 306), firent une collecte pour le faire rebâtir, et ils en déposèrent le produit à l’Hôtel-de-Ville : malheureusement les échevins mangèrent le pont : i il fallut plaider, leur faire rendre gorge, et les pauvres Parisiens | se passèrent de leur pont central pendant douze ans. » En 1413, il était rebâti, toujours en bois : « Là, dit Guillebert de Metz, sont | beaux manoirs. Si en y a 64 qui appartiennent à la ville et 18 qui I sont à diverses personnes. Si y fut commencé encore J maisons, l’an 1432. » (Cité par M. Bonnardot, Études sur Gilles Corro\et> etc., Paris. 1848, in-8, pag. 2;.) — Huit ans après ce qu’en dit Guille- ! bert, le pont menaçait ruine, et l’on jugeait déjà prudent de le ! rebâtir; mais de retards en retards, on arriva jusqu’en 1497, ou les | grandes eaux l’endommagèrent de plus en plus; et jusqu’au 15 octobre 1599, où il s’écroula. V. sur ce sinistre et sur le pont rebâti 1 par J. Joconde, un excellent travail de M. Leroux de Lincy, Biblioth.

I de YÉcole des Chartes, oct. 1845, Pag- 32")1* — En Ie Pont

I fut doté de sa pompe hydraulique; augmentée en 1708, elle fut reconstruite en 1777. ( Mem . secrets de Bachaumont, tom. x, pag. 40, 43, 49, 53), et dix ans après, on commença, par la démolition de ses maisons, la destruction de toutes celles qui obstruaient les ponts de Paris. ( Mémorial de l'Europe, tom. 11, 292, 18 avril 1787.) Le cousin jacques fut le seul à s’en plaindre dans sa jolie chanson sur le déménagement.

Page 1