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Sermones Dominicales , Paris, 1 544, in-12, fol

2. Il en est parlé dans les gestes des Quatre fils %Aymon. V. Hist. lift, de la France, tom. xxii, pag. 68 > . — La place Baudoyer avait

INTRODUCTION

ainsi un vrai centre de concours populaire, le vrai quartier général des badauds, à ce point même que, sans m’étendre davantage, je vous dirai qu’à mon avis ce dernier mot peut bien ne pas avoir d’autre origine, d’autre patrie 1 ; songez ensuite que l’âne est le plus badaud des quadrupèdes, et peut-être ne serez-vous pas éloigné de savoir pourquoi on l’appelle baudet. Il y aurait ainsi, entre les deux noms, synonymie com^ plète, sinon homonymie ; j’en demande pardon aux Parisiens, mais, encore une fois, je crois la chose très probable.

Ce qui ne dut pas peu contribuer à la réputation de badauderie que s’était acquise la place Baudoyer, c’est la coutume qui y faisait loi. Sitôt qu’une dispute s’y élevait, et Dieu sait si, sur un pareil terrain, elles devaient être rares ! une fois la contestation entamée, pour peu qu’il y eût pour amener la conciliation des difficultés d’arbitrage, il fallait aussitôt en venir aux mains. La coutume le voulait ainsi, et l’instinct des parties n’y répugnait point, au contraire. Le combat faisait la sentence, et jugez de sa justice! Il en était

aussi son marché, « et à la porte Baudet vendoit-on moult de vivres », écrit Guillebert de Metz. — Bonnardot, Étude sur Gilles Corro\et, etc. Paris, 1848, in-8, page 52.

1. C’est l’opinion du P. Labbe et celle aussi du savant Toussaint- Duplessis, Nouv. Annales de Paris, 1753, in-4, pag. 72. — Badaud, pris comme nom générique des Parisiens, qui furent d’abord une population de mariniers, de Nantes, peut venir, comme on l’a dit, du celtique badawr ou badwr (batelier), mais pris comme surnom moqueur, il doit se rapprocher de l’étymologie que nous soutenons et emprunter quelque chose aux souvenirs de la place Baudet. Pour chaque acception, il y aurait ainsi une étymologie, ce qui n’est pas très rare.

INTRODUCTION

là comme dans la fameuse juridiction de Lorris, dont Philippe le Bel avait octroyé la Charte : c’est le battu qui était déclaré avoir tort, et qui payait l’amende : « Et le droit de la Porte-Baudoyer , lisons- nous dans des lettres de rémission de 1374, qui est battu t si r amende 1 . »

Les hôtelleries étaient nombreuses à la place Baudoyer aussi bien que dans les environs, et les arrivées, les départs de voyageurs y étaient ainsi matières quotidiennes de badauderie. La plus célèbre était celle de r Aigle , placée tout près de la porte, à cet endroit qui fut plus tard réuni à la place, et qui s’appelait carrefour des Champs . C’est de ce point que partait la rue Saint-Antoine, qui d’abord même en prit son premier nom de rue de l’Aigle : vicus de Aquila , comme il est dit dans les Cartulaires, per quern itur ad sanctum Antonium 2.

L’hôtel de l’Aigle, selon le Traité de la Police , était une propriété de l’abbaye de Saint-Maur-des-Fossés 3 ; les moines, plus heureux que les Bagaudes, avaient ainsi pris pied au delà de la porte, tant de fois heurtée par les bandes furieuses. La qualité des propriétaires n’avait pas sanctifié l’auberge. Comme tous les gîtes de son espèce, elle était ouverte aux méfaits et aux crimes. Quand Jeanne de Divion vint à Paris pour créer au comte d’Artois, à l’aide de faux titres et de

1. Ce droit de la Porte Baudoyer avait été consacré par une ordonnance de Louis le Gros. V. Quitard, Hist. des Proverbes, pag. 40.

2. Traité de la Police , tom. 11, liv, v., ch. 11. La place Baudoyer y est appelée vicus Balœdri.

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