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Description de Paris, tome I, page

amoindrie dans sa marge, remaniée, nivelée, er plantée d’arbres.

L’ancien boulevard, élevé en terrasse, domit de plusieurs mètres ses bas-côtés, de sorte que rues percées auprès n’étaient que des rues basses par suite des pluies, de véritables cloaques1. Pr le nouveau cours, on avait égalisé les niveaux' fait disparaître ces inconvénients. Tout le voisin; était ainsi devenu habitable, surtout dans la pai touchant à la rue de Richelieu. Il n’y avait jam * eu là, comme du côté de la Villeneuve et de butte Saint-Roch, le moindre monticule naturel, moindre pli de terrain, le nivellement avait de été on ne peut plus facile.

. Le boulevard achevé, les habitations n’avait pas tardé à sortir de terre, pour commencer à border de chaque côté. L’hôtel Crozat avait l’une des premières et l’une des plus magnifiqu D’autres avaient suivi, faisant ligne de belles

i. M. A. Vitu, dans une note du premier de ses de articles sur la Grange-Batelière, articles curieux mais t courts, publiés par la Patrie (4 et 5 juillet 1851), a p; ainsi de l’état fangeux de quelques-unes des rues bas avoisinant le boulevard vers la Chaussée-d’Antin : « Av le percement moderne de la rue Neuve-d’Antin, la d’ Antin joignait le boulevard; mais les eaux repouss par le talus y avaient formé un cloaque ; on fut obligé

Iss, de terrasses, d’ombrages. Crozat, avec ses jains immenses, allait jusqu’à l’endroit à peu ; où s’ouvre notre rue de Grammont. Là, comîçait l’hôtel de Tresmes, qui n’avait pas moins profondeur que la rue de Choiseul actuelle n’a jongueur; puis, en suivant toujours, on trouvait ijardins du petit hôtel de Conti, qui disparut vers 7 pour faire place à la rue dont M. de la Michoe, alors prévôt des marchands, avait désiré re le parrain ; enfin, sur un terrain immense on iait s’étendre le splendide hôtel Richelieu, e maréchal qui donnait dans toutes les modes, ent-elles ruineuses, s’était jeté, avec plus de pnse que personne, dans cette vogue des maisons le boulevard neuf. Il avait quitté, pour cela, le i hôtel patrimonial de la place Royale, et bien tout d’abord il n’eût trouvé à acheter que tel immense et fort délabré du duc d’Antin T

pucher pour éviter l’infection, et cette portion de la publique disparut sous les constructions. Les exemples :>nt pas rares de ces rues supprimées et rétablies après siècle ou deux. Pour en revenir au détail qui nous pe, on peut constater encore aujourd’hui, que plusieurs ons du boulevard des Italiens, notamment en face du de Paris, possèdent des cours intérieures qui ont une e en contre-bas du sol. »

Cet hôtel avait été bâti par un financier connu

dans la rue Neuve-Saint-Augustin, il avait si ta fait, à force d’argent, que cet hôtel était devenu 1 q des plus grands, et des plus somptueux de Pa: ; bien mieux, il était parvenu à lui faire prendre j r par un petit coin sur le boulevard^ ce petit cc , c’est le pavillon de Hanovre, dont un jour peut-t e nous vous dirons l’histoire.

Voir sur le rempart, c’était là le point importa ; c’était même pour ce seul avantage que toutes s belles maisons s’étaient alignées dans cet endr<:. Carmontelle, à la scène première de son prover la Maison du boulevard , nous parlant aussi de :t engouement de tout le monde, le justifie par è quelques mots qu’il prête au chevalier : « Je tro e le rempart charmant ! on n’a pas besoin de so tr

sous le nom baroque de M. De la Cour-Deschiens. Le .c de Toulouse Pavait acquis en 1712, mais ne le tromtt pas assez vaste, il Pavait revendu un an après au .c d’Antin qui le céda lui-même au maréchal, en 1757, 1 is non pas sans l’avoir augmenté et sans avoir surtout rep ses abords praticables du côté du rempart, grâce à II chaussée qu’il fit jeter à ses frais sur le marais de l’HôP Dieu, qui s’appela dès lors Cbausséc-d* Aniin. — L’hôte® Richelieu nous intéresse d’autant plus, qu’une partie P terrains sur lesquels il s’étendait était dans la censiv<® seigneur de la Grange-Batelière. Piganiol, III, 13 1. — P un plan du faubourg Saint-Honoré de 1700, se voit i w quée cette censive. Arch. de l’Enip., 3* cl., n° 57.

jour voir tout Paris, il vient passer tous les jours :ous vos fenêtres. » La comtesse qui se trouve là, ;st tout à fait de l’avis du chevalier ; pour elle il n’y l qu’une chose à reprendre : elle est comme le ustre poitevin qui se plaignait à Paris de ce que les naisons l’empêchaient de voir la ville, les arbres 'empêchent de voir la promenade. Heureusement, joute- t-elle, que ses valets lui ont promis une sorte l’eau pour faire mourir ces vilains arbres : « Oh ! ih! réplique le chevalier; cependant si tout le tionde en faisait autant, le rempart ne serait bientôt dus qu’une rue. » Or, c’est ce qu’il est devenu, ion point par l’effet de Peau pernicieuse que désiait Mme la comtesse, mais grâce aux révolutions, ui n’ont jamais laissé ces pauvres arbres languir lus de cinq ou six ans, sans les raser en coupe églée.

Il 11e faudrait pas croire que tous les beaux ôtels, obstinément dédaigneux des faubourgs, n’ont tendu leurs façades et leurs jardins que sur ce seul ôté du rempart. L’autre partie, qui commence à la îrange-Batelière et s’étend jusqu’au chemin des 'orcherons — la Chaussée-d’Antin — a de même u sa belle part de la vogue. Les environs de la irange-Batelière ont été surtout préférés. On a 3ut fait, il est vrai, pour les rendre accessibles. E11

1704, nous l’avons dit déjà, l’espèce d’abîme fai geux qui s’était creusé à l'extrémité de la rue J Richelieu, et dont les fanges débordaient jusqi sur les terrains du petit fief, a été comblé. Sur sc emplacement aplani et pavé, on a ouvert une ri qui prolonge au delà du cours la grande rue de R chelieu, et qui est continuée elle-même par u ruellette en retour d’équerre, suivant la directf de la rue Rossini actuelle et allant gagner le chem Batelier ou des Marais. La rue s’appela tout d’abo rue Grande-Batelière , et la ruellette, cul-de-sac de Grange-Batelière. En effet, elle n’avait pu être tel minée. Après plusieurs détours affectant la forr d’un Z parfait, elle avait dû s’arrêter au mur d’ jardin, placé à peu près à la hauteur de notre r Laffitte. L’ensemble du quartier, jusqu’au faubou Montmartre, avait pris le nom de faubourg Ricl 1 lieu.

Le chemin était ouvert, la place était faite, population n’avait plus qu’à arriver : elle tai encore un peu. Les choux et les pommiers : M. Crozat restèrent quelque temps seuls dans î parages, n’ayant d’autres voisins que les habita \ de la Grange et les joueurs du jeu de boule. P; » ne pouvait se décider à enjamber son rempart, ti jeter de l’autre côté le trop plein de sa fourmille’.;

1 1721, il fallut un nouvel édit royal pour encouger les habitants à franchir le boulevard et à venir nstaller de l’autre côté. Ce fut même encore une hortation en pure perte, bien que l’édit eût promis quiconque lui obéirait « exemption à perpétuité 1 logement des gardes françaises, suisses et autres ;ns de guerre. » Il n’y eut que quelques rares ibitants qui se hasardèrent à vouloir jouir de jmmunité, ét, surtout sans doute, du bon marché |'S terrains. Le malheur voulut qu’ils eussent lentôt à s’en repentir. L’horrible égout dont j:>us avons déjà trop parlé, était toujours à décourt, désolant de ses émanations fétides tous ses entours. Pas d’habitation tenable dans son voisiige ; ceux qu’il ne tuait point par la fièvre et l’inction délogeaient au bout de quelques mois. Luelques-uns tinrent bon pourtant, mais à la contion de se plaindre, ce qu’ils firent en assez bons rmes, dans une requête datée du 3 juillet 1734. . Pinon, conseiller au parlement et seigneur de la

Irange-Batelière, était à la tête des suppliants, au )mbre desquels on comptait encore un Lamarque, m Maclou d’Hauteville, etc. 1

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