Bachaumont, tome IV, page
lui étaient restées à la Grange-Batelière, s’occup de s’y bâtir un joli hôtel au meilleur endroit, d’avoir pour le reste de bons et solides acquéreu Il les trouva parmi ses collègues de la ferme.
Le Normand d’Étioles s’était établi déjà à l’ang du boulevard dans un assez chétif hôtel, qu’il demandait qu’à agrandir. Il menait en effet grand train, par goût pour le luxe d’abord, puis p1 bravade contre Mme de Pompadour, qui avait éj sa femme ; enfin et surtout, par amour pour 1: filles d’Opéra, dont il avait la tendre et coûteu; passion. Pour elles, il avait refusé même une ambd sade à Constantinople, dont on lui avait fait l’offr moins pour l’honorer certainement que pour débs rasser la marquise. « On avoit donné à Madan un fort bon conseil, dit Mme du Hausset : c’étoit faire envoyer à Constantinople, en qualité d’amNj sadeur, M. Le Normand, son mari. Cela aur< diminué uue partie du scandale qu’il y avoit à vc Madame avec le titre de marquise à la cour, et s* mari fermier général à Paris. Mais il étoit tellemL attaché à la vie de Paris, à ses habitudes, à l’Opéil qu’on ne put jamais le déterminer à accepter ce mission. Madame chargea un M. d’Arboulin, oj avoit été de sa société avant qu’elle fût à la coi de négocier cette affaire. Il s’adressa à une mac
1 noiselle Raime, qui avoit été danseuse à l’Opéra, |ît qui étoit la maîtresse de M. Le Normand. Il lui it les plus belles promesses; mais elle étoit comme ui, et préféroit la vie de Paris. Elle ne voulut point >’en mêler. »
Mademoiselle Raime aimait mieux rester joyeuse ille à Paris, qu’être ambassadrice anonyme à Consantinople. Elle s’en trouva bien. M. Le Normand a fit sa marquise de Pompadour. Il ne fut pas plus idèle que ne l’était Louis XV ; mademoiselle Raime e fut beaucoup moins que ne l’était la marquise; nais tout s’arrangea : on avait fait Fhôtel d’Étioles issez grand pour que Monsieur et Madame eussent e loisir de vaquer sans encombre à leurs infidélités espectives.
A force de prendre sur son voisinage, cet hôtel, i petit d’abord, était devenu une fort belle demeure. Il avait commencé par s’arrondir avec le aste terrain où M. Crozat avait autrefois établi on potager extra mur os; ce n’était même pas sans eine que la cession s’en était faite par les nouveaux ossesseurs de l’hôtel Crozat 1 et de ses dépen-
1. La portion du terrain de l’hôtel Crozat qui touchait à i Grange-Batelière fut vendue à Le Normand d’Etioles par : duc de Gontaut, agissant pour sa femme, fille de Crozat
dances. « M. Le Normand, dit Piganiol % l’av< acheté un prix excessif à cause de la convenance. D’un autre côté, il s’était agrandi par les terrai que lui avait cédés La Borde. Mademoiselle Rair avait donc ainsi un hôtel qui, pour l’étendue au bien que pour le luxe, aurait satisfait une princess mais, en ce temps-là, il ne fallait pas moins à u danseuse maîtresse et future épouse d’un fermi général. — Le Normand épousa mademoise Raime en 1765, aussitôt après la mort de la m. quise2. — Ces filles si bien pourvues avaient dn d’exiger plus et mieux que ne le pouvaient d1 altesses. Le fermier général n’était-il pas la me, leure vache à traire, le meilleur oison à plumer q se pût trouver dans le monde taillable et corvéab des amants opulents? Qu’était-ce qu’un duc et p; auprès d’un fermier général? Celles qui tenaie
et sœur de la duchesse de Choiseul, qui hérita de Paupartie de l’hôtel.