SCÈNE II
Les Mêmes, MOLIÈRE, puis LA ROQUETTE.
MOLIÈRE
Oh! excusez-moi, messieurs, je dois garder le secret de la comédie.
LAUZUN
Eh bien! voyons, Molière, ne nous dites pas si madame de Montespan est du ballet, dites-nous seulement si mademoiselle de la Vallière n’en est pas.
MOLIÈRE
Et pourquoi mademoiselle de la Vallière n’en serait-elle pas , monsieur le duc?
LAUZUN
Parce que le couchant ne se rencontre guère, avec le levant, j’imagine !
MOLIÈRE
Oh! est-ce donc vrai ce qu’on dit? est-ce possible? Mademoiselle de la Vallière n’est pas seulement belle et charmante, elle
est si bonne, si désintéressée! Secourable même à ses ennemis! Tout humble et toute modeste! Une petite violette qui se cache sous l’herbe, ayant honte d’être maîtresse et duchesse! Elle aime le roi, et non la royauté, elle! Tandis que madame de Montespan, altière et froide...
DANGEAU
Oh! vous en parlez hardiment, monsieur!
LAUZUN
Bah ! s'il sait que mademoiselle de la Vallière est du divertissement?
MOLIÈRE, à part.
O les courtisans de la fortune! Je n’aperçois toujours pas Roméo! Ah! et voici ce La Roquette!
LA ROQUETTE, entrant, n pari.
Ce Molière! (Haut.) Messieurs, les carrosses de Sa Majesté. Passons-nous dans la galerie?
DANGEAU
Certes !