‹ Paris drame en cinq actes, prologue et epilogueChapitre 145 sur 175 · JEAN CALAS · texte numérisé non relu

JEAN CALAS

Je suis l’aîné des Calas; je vous en prie, monsieur, laissezmoi dire : — Mes amis ! des folies de jeune homme avaient égaré un de mes frères jusqu’au suicide, lies fanatiques osèrent accuser mon père d’avoir tué son (ils parce qu’il avait voulu abju rer la religion réformée. Le noble et pur vieillard, condamné à la torture et à la roue, mourut en attestant Dieu de son innocence. Tout son bien fut confisqué , toute sa famille vouée à l’infamie. Mais un homme alors, avec la seule autorité du génie, se dressa contre le jugement ini juo, et pendant trois ans n’eut point de cesse qu’il n’eùt fait casser le monstrueux arrêt, réhabiliter la mémoire de Calas, et restituer aux siens honneur et fortune. Cet homme, c’est Voltaire !

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