ACTE V
ROUÉE
Va, mon bon Jacques! va te battre pour nous à la frontière. Moi, à Paris, j’acquitterai ta dette de reconnaissance envers ta généreuse protectrice, madame Roland. Déjà bien des périls la menacent, la noble femme, elle et son mari et ses amis.
JACQUES
C’est égal! tu me laisses la plus belle part! Je m’en vas du côté des dangers sérieux, et toi, pauvre ami, tu restes du côté des dangers sinistres, (iu se perdent un moment dan* la foule.)
THÉROIGNE; qui vient d'aborder Bahet.
... Oh! que je vous envie!
RABET.
Ainsi, c’est Vous, pauvre femme, qui avez écrit hier à Jacques, mon frère, une lettre?... Elle m’a fuit joliment pleurer, votre lettre !
l’officier municipal.
Citoyens ! les registres vont fermer.
BABET
Un instant! (a Théroigne.) Venez avec moi. {Montant à I estrade, en tenant |»i la main Tbéroigne.) CitOVCIlS, SI C’est Un effet de Votre bonté, écrivez donc voir aussi mon amie, Jeanne Michaud, que je vous présente. Tout ce qu’elle demande, c’est d’aller aux ambulances, de panser les blessés, de servir les malades. Et je vous réponds d’elle, moi, et qu’elle n’a qu’un désir, c’est de donner sa vie pour ceux qui souffl ent. Pas vrai, Jeanne?