UNE JEUNE PRISONNIÈRE
O le bon air !
M“ e ROLAND.
Oui, cela fait toujours du bien au prisonnier de voir le ciel. C’est aussi une des portes de la délivrance ! (F.iie va s'asseoir sur un
banc et navre un livre.)
ROMÉE, pré» d’elle, adosse a la muraille et futninl sa \iipe.
Madame, ne levez pas la tête de votre livre, mais écoutezmoi. Le chapeau que je vous ai fait passer tantôt complète le costume qui doit servir à votre évasion.
M* e ROLAND.
Oui, mais ne soyez pas si sûr, ami, que je veuille être sauvée.
PAUL ROMÉE
Oh ! ne dites pas cela J Vous pouvez être libre dans dix minutes, à la nuit tombante. (Bruit dans la me.) Vous entendez ce bruit? Marat vient d’être tué.
M me ROLAND.
Marat tué ! Comment ? par qui ?
PAUL ROMÉE
Par une jeune fille.
M m * ROLAND.
O soudains et redoutables coups de Providence !
PAUL ROMÉE
Veillez sur vos mouvements. On amène cette jeune fille à l’Abbaye. U va s’ensuivre une confusion dont il faut profiter.