‹ Paris drame en cinq actes, prologue et epilogueChapitre 163 sur 175 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

M m * ROLAND.

Ainsi, moi, dévouée à la Révolution, je fuirais comme si je l’avais trahie ! Quand il se passe de telles choses an grand jour, je me déroberais dans l’ombre!...

PAUL ROM É E

Par grâce, conservez-vous du moins j>our votre fille et jatur votre mari. Vous avez les clefs des deux premières grilles. Je vais être de garde au troisième guichet; c’est moi qui vous l’ouvrirai.

M m ' ROLAND.

Oui, et qu’un hasard me trahisse, je vous aurai perdu, n’est-ce pas?

PAUL ROMÉE

Ah ! si je veux vous dévouer mon existence ?

M“* ROLAND

Et si je veux, moi, dévouer la mienne à notre cause! Ami, nos soldats se battent sur la frontière, ils triomphent à Valmy, ils triomphent à Jemmapes. Nous pouvons, nous aussi, attester de ce côté la grandeur de notre patrie et la sainteté de notre principe : nous pouvons mourir ! Nos défaites alors valent leurs victoires ; car les martyrs valent les héros. Ami, laissez-moi rendre tranquillement mon témoignage. Nos signatures pour la vérité ne sont bonnes et authentiques par devant l’avenir qu’écrites avec notre sang. Remplissons cette formalité.

PAUL ROMÉE

Épargnez-vous, ne fût-ce que pour lutter encore ! Rélléchis-

sez... (Xourcan tumulte au dehors. — Une cloche retentit dam l’intérieur de la

prison.) Non, il ne faut plus réfléchir, il faut résoudre ! — Voici la prisonnière qui arrive.

M“® ROLAND

Ah! cette jeune tille, que je voudrais la voir !

PAUL ROMÉE, élerant !a voix, — Aux détenus.

Allons! vous avez entendu la cloche? Rentrez aux cellules.

(Les prisonniers rentrent lentement. — Ras et rite à M 106 Roland.) Je VâiS

laisser votre porte ouverte. Changez de costume en hâte. — Au nom de tout ce que vous aimez !...

(Sortent M m * Roland et Paul Rotnée.)

Page 1