SCÈNE PREMIÈRE
Foule de Soldats et de Parisiens. — a droite, an centre
d'nn groupe de carien, GRENADE, vivandière, FLAFLA, taua-
bour, MONBONNET.
FLAFLA, «'accompagnant «or le tambour.
On nous a vus partir, c'était Lien; nous voilà revenus, c'est mieux ! Après cinq ans qui en valent cinquante, nous vous rapportons d'Italie force vieux drapeaux et un jeune général. Nous allions sauver la France, nous avons, par occasion, délivré l’Europe. — Et ra ! et fia î
MONBONNET.
Comme il pince du tamlxiur !
GRENADE, accompagnée par le tambour de F) a fl a.
En une seule campagne, nous avons livré soixante-sept combats et gagné dix-huit batailles rangées, dont Lodi, Castiglione, Arcole, Rivoli, — de jolis noms de. baptême pour vos rues! (a u petite mie des enrôlements.) Ma petite fille, en as-tu pour tes quinze sols ? — Et ra! et fia !
FLAF LA.
Nous avons conquis Bruxelles, Mantoue, Milan, Trêves, Cologne, Mayence, — et chacun une paire de souliers. — Et ra ! et lia!
GRENADE (Flafia bat la charge).
Nous avons fait 150,000 prisonniers, et pris 170 drapeaux et 1,200 canons! — Ra! fia !
FLAFLA, battant aux champs.
Aujourd’hui fête de la victoire ! Le général Bonaparte présente au Directoire le traité de paix de Campo-Formio ! Et nous, nous l’avons nommé caporal. Et lui, il nous a dit : « Soldats, je suis content de vous! » Et Grenade, qui est l’éloquence même, lui a répondu au nom de t’armée... Dis ce que tu lui as répondu, Grenade.
GRENADE
Je lui ai répondu : « Mon général, c’est réciproque 1 »
FLAFLA
Tel est le récit incomplet mais véridique de nos quelques
lauriers, (il termine par un brillant roulement.)
PARIS
M0NB0NNET.
Oui, mais tu n’as pas dit, Flafla, qui est-ce qui s'est particulièrement distingué. C’est moi. Dans la personne de mon remplaçant Jacques Bonhomme. 11 est capitaine. J’ai la double épaulette. Et, tenez, le voilà! suis-je beau! (ji va sérier la main de Jacquet.)