SCÈNE IV
VELLÉDA, HÉRIMAN.
HÉRIMAN.
Ma mère ! entends-tu cette clameur affreuse? les Romains égorgent les nôtres !
VELLÉDA
Ah ! c’est lui encore, c’est toujours lui qui m’accable et qui me presse!
HÉRIMAN, arec étonnement.
Mère, sans doute ! n'es-tu pas druidesse? n’est-ce pas à toi de conjurer la colère des dieux ?
V K LL É D A j avec épouvante*
Tais-toi! (s* remettant.) Et cependant, tu as raison, Hériman. Dans ce danger suprême, mou devoir veut que j’éveille et que j’interroge la grande voix de notre ancêtre. Tu vas me laisser seule avec lui, mon enfant. Mais auparavant, écoule, écoute bien. Prends ce chaînon de collier, c’est un signe do ixvomiais-
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sance. Hériman , celui qui te présentera le chaînon semblable sera ton frère. Quoi qu'il arrive, fais-moi serment de l’aimer et de le servir comme ton frère.
HÉRIMAN, surpris.
Un frère ! à moi?
VELLÉDA
Ah ! mon fils ! crois à ma parole sans m’interroger ! cède à ma prière sans me comprendre ! Quand tu étais tout petit, mon fils, tu te débattais parfois pour ne pas dormir; car l’enfant a un effroi instinctif de la demi-mort des yeux fermés. Alors, moi, je te berçais, pour t’endormir, de ma voix la plus douce. Aujourd’hui, c’est peut-être ton tour, vois-tu, de m’enchanter le dernier sommeil avec ce serment que je te demande.
H RR IM A N j effrayé.
Le dernier sommeil ?
VELLÉDA
Ce serment ? ce serment ?
HÉRIMAN; étendant la main.
Eh bien! reçois-le, ma mère! Mais dis-moi...
VELLÉDA
Rien pour l’heure, rien avant que Merlin m'ait parlé, (uéri-
tnan s’incline et sort.)