‹ Paris drame en cinq actes, prologue et epilogueChapitre 34 sur 175 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

grand jour: ma boutique est trop obscure! Je laisse les vendeurs dehors, il n'y a que les acheteurs que je mets dedans, (a Gaiiina.] Toi, approche, petite! Tu dis donc... Ah! je suis un marchand bien chanceux! un bourgeois véritablement fortuné!... Tu d" donc que j'ai perdu mon pauvre cousin ?

G ALLINA.

La semaine dernière.

SANDREGHESIL.-

Et qu’il mè laisse tout son bien; le cher homme !

GALLINA

Seize arpents, deux vaches, un âne et une esclave, qui est moi.

SANDREGHESIL.

Seize arpents! J'en possédais déjà douze, cela m'en fait vingthuit. Te voilà, ô Sanareghesil, non-seulement le plus riche négociant, mais aussi le plus huppé propriétaire delà Cité ! Bienheureux héritage!... Esclave! tu es de ma maison.

GALLINA

Où est la huche au pain?

SANDREGKESIL, lui tournant le dos.

Il n'y a plus ni pain ni huche.

RAGNACHER.

Je crois bien! Depuis cinq cents ans (pie César a conquis la Gaule et que votre Paris appartient aux Romains, vous êtes habitués à manquer régulièrement de blé deux ans sur trois. Respectez l’usage! (Entre Jacque.)

JACQOE.

J’ai faim !

SANDREGHESIL.

Allons, bon ! cet idiot qui nous est tombé sur les bras depuis deux jours, qui pleure on ne sait pourquoi, qui vient on ne sait d’où, et qui cherche on ne sait qui!

GALLINA, l’approchant de Jacque arec commisération.

Le pauvre homme !

SANDREGHESIL, à Ragnachcr.

Oui, voilà un assez beau vase. De quel pillage provient il?

RAGNACHER.

f Du dernier saccageaient de Cambrai.

sandret/hesil.

Fort bien! J'en donne dix sols d’or.

RAGNACHER.

il m’en faut douze. J’ai à payer deux amendes, une de quatre sols et une de huit; celle de huit pour avoir volé m boeuf, et

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celle de quatre pour avoir tué un Gaulois. C'est cher, hein, un Gaulois !

SANDREGHESIL.

Oui, mais le blé est encore plus cher, et l’argent est rare comme la vertu. Dix sols, à prendre ou à laisser.

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