‹ Paris drame en cinq actes, prologue et epilogueChapitre 35 sur 175 · CALCINA · texte numérisé non relu

CALCINA

Oh! comme vous voudrez! J’ai eu déjà quatorze noms, parce que j’ai eu quatorze maîtres. C’est étonnant! tous mes maîtres se ruinent ou trépassent. Je ne resterai pas longtemps chez vous, allez!

SANDREGHESIL.

Hum! Au contraire moi, je garde mes esclaves, et trèsvieux. Voyons, ton nom primitif ?

GALLINA

Ultrogothe.

'SANDREGHESIL, effrayé.

Non, un autre. Comment t’appelait mon cousin?

GALLINA

Gallina!

SANDREGHESIL.

Gallina! poulette! poulette! Gallina! hé! hé! je te laisse ce petit nom-la, mon enfant.

GALLINA

Où est la huche?

SANDREGHESIL.

Silence ! (Examinant l'étoffe qu'ont déployée Ragnaclier et Charaiic.) Ail çà,

mais je connais cette étoffe-là. Oui, oui! C'est la pièce que j’ai vendue dix-huit sols, ne voilà pas trois mois, à Severus de Nanterre, au père de Geneviève, la sainte, comme l'appelle le peuple.

(Gallina entre dans la boutique. )

RAGNACHER.

Eh bien? Severus est mort; Geneviève a vendu, ces jours-ci, tout ce qu’elle possède; c’est un colporteur gaulois qui a acheté l’étoffe, et c’est ce Gaulois-là que j'ai tué. Voilà la source.

SANDREGHESIL.

Elle est limpide! — Ça vaut cinq sols.

CHARARIC.

Vous disiez dix-huit !

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