SCÈNE II
JACQUE, MÉROWÉE, RAGNACHER, CHARARIC.
RAGNACHER, continuant l'entretien avec Mérowée.
...Bref, les gens de Paris meurent de faim et sont tout prêts à se soulever contre le gouverneur romain. Ton ennemi Julius Marcius est mûr, Mérowée.
CHARARIC.
Et tu n’as qu’à dire l’heure de ta moisson.
MÉROWÉE.
Merci, mes loups! Vous savez aussi vous faire renards au besoin! J’ai agi de mon côté; j’ai gagné, avec quelques cailloux luisants, une certaine Imperia, maitresse du gouverneur. Nous n’aurons nas même besoin de pousser la masure pour qu’elle croule etcle tuer l'homme pour qu’il meure. (RegariAnt venu ruelle de droite. ) Tenez, le voilà justement, ce favori de ma haine, qui descend la rue avec son cortège accoutumé. Cédons-lui la place, compagnons; ce ne sera pas pour longtemps. (Avec une jovialité faroociie) Dites donc! décidément elle me plaît, cette ville de Paris! J’en ai envie, je veux l'avoir, et nous l’aurons! Venez.
J ACQUE, l'arrètsul au passage.
Vous ne seriez pas de la famille Julia, dont descendait César?
MÉROWÉE, le prenant à la gorge.
Malheureux! est-ce que tu oses m’outrager?
JACQUES
• Moi !...
MÉROWÉE.
La race exécrée dont tu parles, depuis des siècles elle opprime la mienne. Elle en a fait disparaître dans un gouffre inconnu toute une moitié! Le savais-tu?
JACQUE
Elle existe alors?
RAGNACHER.
Mérowée ! cet homme est un fou !
M É RO W KE , regardant Jacquc.
C'est vrai! cotte face stupide! ce rire insensé! j’étais fou
moi-même.