ACTE I
SANDREGHESIL.
A vendre, mais pas à acheter.
RAGN ACIIER.
Voyons, vous donnerez par-dessus le marclié six bouteilles de votre "meilleur vin.
, SANDREGHESIL, à part.
J’en ai là de malade, (mui.) Va pour les six bouteilles, mais j’y perdrai.
RAGNACHE.
Et moi donc! Mon homme tué, mon amende payée, mon bœuf mangé et mon vin bu, il me restera pour moi trois sols ! Pauvre
industrie! ( Gallina rentre mangeant à même un groa morceau de pain. Elle en donne la moitié i Jacque, qui dévore. Au même iusUnt, Mérowée pjrail au fond. ) CHARARIC, bat A Raguaclier.
Mérowée!
RAGNACHER, de même.
Je suis à lui.
SANDREGHESIL, payant Ragoarhcr.
Voilà vos éeus; envoyez chercher vos bouteilles. { Apercevant
Gallina et Jacque mangeant. ) Oh! qu’CSt-Ce que je Vois là?
( Raguaclier et Ctiarorio vont rejoindre Mérowée au fond. ) GALLINA.
J’ai trouvé la huche !
S ANDREGHESIL.
Malheureuse! Tu laisde ces libéralités royales, toi, quand il n’y a pas trois livres de pain dans tout Paris?
GALLINA
Oh! je ne sais rien avoir à moi.
SANDREGHESIL.
Veux-tu bien rentrer au logis, effrontée. ( n fait rentrer Gaiiiua. Arrachant à jacque» ton pain. ) Et toi, vil besacicr, rends-moi mon bien tout de suite. As-tu de l’argent pour le payer?
JACQUE
Non, je n’ai que de l’or.
SANDREGHESIL.
De l’or! Mon ami, tu as de l’or! montre un peu?...
JACQUE
Non! Vous n’ètes pas de la famille Julia.
SANDREGHESIL.
Julia?
JACQUE
Julia, — de Rome, — dont descendait Jules César et qui remonte au roi Marcius.
PARIS
SA M) K KG H ESI L, à lui-mémo.
Niais! j’oublie à qui je parle. — C'est égal, Sandreghesil, tu as fait une bonne matinée. Tu as gagné trois cents pour cent sur ces mangeurs de sauterelles , et tu t’es augmente de seize arpents dans la considération de les concitoyens, (n rentre «lie* lai.)