SCÈNE VIII
ABAILARD, P ui. HÉLOÏSE et MÉL USINE.
A B A I L A R D, seul.
Quoi! mon Dieu! je retrouverais mon fils! Je déclarerais à la face de tous mon amour pour ma sublime Héloïse ! Je renouerais ma vie au passé et à l’avenir ! N'est -ce pas trop de bonheurs à la fois , mon Dieu? Quant à la lutte pour la pensée, ce n'est pas seulement le devoir, c'est encore la joie ! — Ah ! Héloïse ! — Dieu ! et Mélusine ! ( Elles entrent toutes deux. )
HELOÏSE
J’ai rencontré madame à votre porte : j’ai voulu entrer avec elle.
ABAILARD, loi donnant la main.
Et vous avez bien fait , Héloïse !
M ÉL U S I ?< E, cherchant des yeux.
Aliénor? — N’est-il pas ici, messire?
ABAILARD
Vous le verrez dans un instant, Mélusine. Mais, puisque nous voici tous trois en présence, je vais, s’il vous plaît, vous parler une minute. . . Oh ! sans embarras et sans réticence ! — La vérité ne cherche pas ses mots, la loyauté ne balbutie pas. — (a Mélusine.) Voici Héloïse qui est ma iemme, qui a mon amour, qui portera mou nom dans cette vie, qui ne fera qu’une âme avec moi dans l’autre !.. ( a Héloïse. ) Mélusine de Lusignan, — une douleur, une erreur de mon passe,— météore avant le jour, amour faux qui
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ne peut rien sur l'amour véritable, que l’attester et le prouver pour le cœur.