H K LO I SE
Merci, Abailard !
M ÉLU SI NE
Ah! vous triomphez, madame!
HÉLOÏSE
Je vous plains ! S'il disait de moi ce qu'il vient de dire de vous, je mourrais!
ABAILARD
O la force divine! l’amour!
MÉLCS1NE.
Mais je suis la force fatale, moi : la vengeance. Héloïse, vous êtes de celles qui meurent? soit! Mais prenez-y garde! je suis de celles qui tuent.
ABAILARD, pressant avec effroi Héloïse sur sa poitrine.
Ma bien-année !
HÉLOÏSE, souiianl.
Est-ce que vous vous imaginez que j'ai peur de mourir, madame? de mourir pour lui? Frappez! je vous bénirai, je crois, à mon dernier soupir. Vous donneriez à cette passion immense que je sens eu moi la consécration suprême. On se figure qu’on tue l’amour? on l’immortalise!
MÉLUS1NE, écrasée.
Ah ! c'est la vérité !
ABAILARD
Grande âme! prête à donner la vie après la réputation! One puis-je, moi, auprès d'un dévouement pareil?
MÉLUS1XE.
Ils sont heureux 1 Je suis vaincue.
HÉLOÏSE
Et ne vous irritez pas de l’être, madame! Vous n'avez pas de pouvoir contre nous; vous n’avez pas de droit sur nous. — Pauvre femme qui n’aimez pas! l’archange au lumineux glaive vous défend l’entrée de notre Paradis.