VENTOSE
1» FLVillËH AU 80 MARS.
12 VBNTÔSB (8 MARS).
l a Convention drcrèto qu'il y a litMi à examen de la rondiiite de liillault-Vareniie, Collot d'Heibois, Barère et Vadier, et qu'ils soient mis provisoirement eu arrestation.
14 VBMTÔSB (4 mars).
Rapport (le la commission administrative de police.
«Suivant le rapport de Cbaton, on parait désirer de voir elifoeer de toutes les maisons le mot mort, qui se trouve h coté de celui de fraternité, attendu que ce mot rappelle le régime de terreur et de sang.
» On s'entretient aussi avec satisfaction du décret relatil aux quatre représentants mis en arrestation; Févasion de Vadier fiait regarder leur cause comme plus mauvaise.
• Il paraît une nouvelle affiche intitulée les On dit, signée Barère, Collot, Billault, Vadier. Elle tend & réfuter Timpu-* tation faite dans le journal de Galetti à l'ancien comité de salut public d'avoir fait tanner des j)eaux de guillotinés et (Vcn avoir tait laire des bottes et des souliers.
» Une (ji'unde quantité déjeunes gens se sont portés hier
9U PARIS Ey 1795.
dans plusieurs cafës en eriant : A bas les Jacobins iUs portaient
le buste de Marat. qu*ils ont fini par jeter dans le bassin du
Jardin n:itional en cliaiitaut le Réveil du peuple et criant : Vive la Convention!
» Nifjiiillc, S«idoux et Fior, ollicirr> de paix, rappoiienl rju On a tait courir le l)ruit <|ne le repr«'^enta!it I>nard et >es autres collègues rentreront dans la Convention et que ( ela ne parait pas déplaire au public ; que le mémoire d*Isaard parait être goûté.
» Les plaintes se font toujours entendre sur la cherté des subsistances.
Spectacles, — » Tout s'y est passé tranquillement ; dans plusieurs on a lait chanter le Béveil du peuple. Petit jeune rapporte qu'à celui de Louvoie on a demandé la suppression sur la toile des mots ou ta mort et qu'on y a substitué à la craie le mot paix, Sadoux rapporte que c*est le mot huma^ nité qui y a été substitué, au milieu des plus y\h applaudis-^ sements. »»
Voici dens observateurs de Tesprit public qui assistent à la même représentation au même théâtre et qui ne 8*aooordent pas sur la relation de ce qui s*y est passé dans un entr^acte. L'un dît qu'on a substitué au mot mort le mot paix^ l'autre le mot huma' nité, et le rapporteur des deux relations ne conclut en laveur ni de l'une ni de l'autre. Heureusement qu'ils sont d'accord sur un point, c'est qu'on a efiboé ou la mort, et ce point est l'essentiel. Il témoiffne des dispositions énergiques de l'esprit public contre le retour aux procédés de la terreur.
Du reste, Lacretelle confirme le rapport de Sadoux : a Les jeunes gens firent fiiire un heureux changement à l'inscription : Ubûrté, égalité, fraternité ou la morL Ce mot la mort fut remplacé par le mot humanité, n {JPréds làstanque de la Révolution , |). :U)8.) Ce détail serait insignifiant s'il ne confirmait une Ibisde plus l'exactitude des souvenirs de Lacretelle. ?ious répudierons ce que nous avons déjà dit, que lorsqu'on vent avoir la physiiK noniie vraie des cbnse!$, e'est aux historiens contemporains et témoins de la Ilévolution qu'il Êiut la demander, et non aux écrivains postérieurs.
18 ventAsb (8 mars).
Décret qui rappelle au sein de la Convention les députés mis hors la loi : Lanjuinais, Henri Larivière, Fermond , Isnard, Louvet, î\Iollevanlt et plusieurs antres sont de ce nombre.
Et le lendemain la Convention rapporte le décret qui ordonnait la célébration de Tanniversaire du 31 mai.
Les agents nationaux adressaient, une fois par décade ^ un rapport, sur la situation matérielle et morale de leur district, au comité de salut public. On pourra j n^cr de Tintérèt que présentent en général œs rapports par oelni-ci, qui parait avoir fixé l'attention des membres du bureau central des renseignements, car ils en avaient ordonné le renvoi à la section du commerce.
Compte décadaire de tarent national du district de Castel- Jatoux, au comité de salut public»
• Ca«teU Jalons, le S9 venlôae*.
» Législateurs,
« Vous avez dû recevoir de moi, avec ma lettre du 1 7 ventôse, le tableau que je vous ai renvoyé , et que vous m'aviez donné à remplir, concernant le prix des denrées et autres objets en 1790, et celui établi depuis la levée du maximum; vous avez pu Toir par 1& la différence énorme qui existe entre le prix actuel et celui de 1790. raurois dû ajouter dans ma lettre d*envoi ce que je viens vous dire dans ce moment. Législateurs, qu'à l'époque où le tableau vous est parvenu le prix des objets par moi dési(jnés n'est plus le tnènie, puisque d'un instant à Tautrc les denrées au(jmenlcnt d'un tiers; le Froment, par exemple, par moi porté à 200 livres, est maintenatit à 300 livres le boisseau, demain il sera plus cher j ainsi des autres objets.
1 Archives de F Empire, F. 11. I5M bis.
» Il lie faut pa-> iuuiii>, L('';;islatpiir> , (]ue la soumission aveujjle do nos citovoiis aux loi> (iiii i iiianent de la représenlation natioiial«\ jionr que tout reci ne cause pas de mouvcnieiit taclieiix et que le lion ordre n'eu soit point troublé; d'un autre côté, les citoyens paroissent eux-méme» se faire tout le mal entre eux, car si Fouvrier et le joomalier demandent une rétrilnition e\re>sîve pour leur salaire, le propriétaire croit le lendemain devoir demander un prix plus fort de sa deorée. J*ai donc pu vous dire, Léçislateofs, dans la lettre qui accompa^a mon tableau , et je dots tous le répéter dans ce moment, que la crise où nous nous trouvons, causée par la cherté excessÎTe de toutes choses . me parait être une des plus fortes que nous ayons essuyées depuis la Révolution.
» Placé entre le peuple et vous, je n'ai jamais manqué de vous in>trnir(' de tout ce (pic j'ai cru devoir lixer vo> re^'ai d«> et exciter votre sollicitude. Il ne me re>le plus, après avoir rempli ce devoir sacré, (pi'à éclairer mes concitoyens sur les ertets salutaires qui résulteront des mesures que vous croirex devoir prendre pour opérer notre bonheur.
9 Signé : Lacoste, agent.
» Pour copie conforme à la minute déposée au bureau central des renseignements du comité de salut public, renvoyé le 10 germinal à la section de commerce et approvisionnement. »