LE CLUB ET LA PRISON
A PAUiS £i\ 1794
LE GOUVEU.NEME.M RÉVOLU TIO.NNAIRE
AXAUt LA CHUTE DE BOBESPISRBB.
A p.irlir (lu ti juin ITîKi, la (ItMivciuioii {jouverne ii-voliuiorinairenient la France , .substituant à toutes les institutions et à tous les rouages anciens son des|)otisinc tyrannique; les comités gouvernent la Convention, et jus(]u'à la mort d*Hébert, la Commune a dominé les comités et ]a Convention.
Sur la tonte-pnissance des comités nous avons les dédaration» laites par Gambon et Barère dans les séances du 11 et du 12 thermidor an II , deux jours après la chute de Robespierre. Nous les rapporterons ici, pour laire voir combien il importe de connaître le nombre et l'organisation des comités quand on veut se rendre compte de Pétat politique de Paris à cette époque.
HiAIlCB DU 80» 11 THBBHUDOB.
• Caïuhon... Depuis que le gouvernement révolutionnaire est organisé , la partie exécutive en est confiée à des commissions qui cmt remplacé l'ancien ministère * ; les conimis-
* Ge int aeuleoietit le 1*>^ avril 1794 que la CoaventioD supprima le coiMeil M^cutif et les lîx ministres qui le composaient; elle créa pour le« rrmplecer àante cnmmhnon* txéndivei, «nsqnellcs elle nsslgua |pon«
i PARIS EK 1794.
sions rendent compte journellement au comité de salut public, qui s^est organisé en sections pour se diviser le tra- ▼ail, en plaçant un membre à la téte de chaque section.
» Certains membres ont sous leur surveillance jusqu'i'i trois» commissions, de sorte r|iit', surchar{}és de travail, ils onf subdivise leur section en bureaux, à la téte desquels il-» onl placé des cliefs.
V Lfs ( onimissionN Iciu' j)it'sentent les vue> , i ;j[)ports et airi'ti'^ qu'elles croitiil ru-cessairt's pour rexécution des lois, ♦•t rlaiis lo rompte qu'elles rendent le membre du comité v trouve des vues utiles à la léfjislatiou.
» Le représentant du peuple à la tête de la section examine, modifie ou adopte les projets qui lui sont soumis, et en fait son rapport au comité. Mais comme les alTaires sont multipliées, il renvoie quelquefois dans les divers bureaux , et les cbefs lui en font le rapport.
» 11 serait possible que des représentants du peuple, surchargés d'afiÊaires et trop confiants dans la commission, adoptassent sans an examen approfondi les projets qui leur seraient présentés.
» Il peut résulter de cet ordre de choses que la législation et la surveillance que la Convention doit se réserver, pourraient passer entre les mains des chefs de bureaux on des commissions exëcutives.
» Je puis citer, sans craindre de compromettre persotiiie, un «le nos collé{;ues qui est char{»é dans le comité de salut puMic (le la surveillance de trois ou quatre partit s très-considérables, parmi lesquelles se trouve celle du ( oinmerce et approvisionnements; tout le monde sait (ju'il examine, sans l'intermédiaire des chefs de bureau, tous les projets qui lui sont soumis; mais on sait encore qu'il est obli^^é de passer les jours et les nuits, il est certain que celui qui le rempla-
atlribiitions rPS|>0(-(îvo«. Ce rliaiigemrnt ne fut qu'une niodihratiun de forme dans le gouverneoieni. Avant comme après, le pouvoir resta aux maini dn comité de nhit piil^c, avqad le comité de sAteti gfnfaJe InimAme eM imboidoiiiié.
LE GOl VERNEMENT n É V OLC TION N A I H K. ;|
cerait et qui n'aurait ni m santé ni son actrrité, serait obligé on de ralentir les opérations , on de les oon6er à des chefe de bureau.
» Ce qu'il y a de certain , c^est qu'insensiblement tous let» comités de la ConTcntion doivent se trouver sans occupation ou se trouver en concurrence avec le comité de salut public.
» Nous trouverons la preuve de cette hypothèse dans la formation de la section de police générale que le tvraii Robespierre organisa, dont il laneait des lettres de j)ro,s< ription qui contrecarraietit le-> opéraliuris du comité de sûreté générale, en enlevant des patriotes souvent chargés des opérations importantes.
» Le remède à appoiler serait de nous occuper de l'organisation intérieure de la Convention, de supprimer tons les comités existants, de les remplacer par autant de comités qu'il y a de commissions exécutives; chaque comité surveillerait les opérations d^une commission , exigerait d'elle les comptes journaliers; les comités se réuniraieni partiellement ou ensemble, par l'invitation d'un commissaire, à un centre commun , qui serait le comité de salut public, pour tous les objets qui seraient relatif à Texécntion et & la convcntion pour la législation : dès lors la Convention serait le centre du gouvernement, la séance deviendrait plus intéressante par les travaux des comités; tous les membres de la Convention seraient employés à surveiller le gouvernement et feraient le travail (]ui , dans l'état actuel, pourrait être dans les mains des chefs de bureau. »
Depuis janvier 1794 jusqu'au mois de juin , époque où les comités comoicnccnt à préparer la chute de Robespierre^ le gouvernement fot surtout un gouTerneoient de police, et Cambon et Barère ont dit vrai lorsqu'ils ont avancé que la section de police générale organi:iée par Robespierre, ef entièrement conduite par lui, comme nous en donnerons la preuve, dominait, paralysait , maîtrisait les comités.
4 PAniS EN 1794.
Voici maintenant nn extrait <iii rapport tie Harère lu à la Convention h' lendemain de la mort de celui (|n\>n appelait alors le tyran. Personne n'a mieux rorun», n"a plus conirihné à la j)r.itiqiu.' (K' la Terreur (jue Barère, le portovoix des eomités. Mons aurons done plus tl'nni' lois ro<"c.ision d i u\ o(pier dans ee livre Pantorité du tlu'oiicieii d»' la Terrenr, d'un lionnne pour lequel on peut se st'iifir une l)i<Mi médiocre estime, mais dont personne ne contestera le (;rand rôle et l'iutelli(^eiicc »upérieure.
Extrait du ' rapport de Barère ^ fait au nom du eomilé de satut pubUc dans la séance du if themndor.
» La terreur fut toujours l'arme du despotisme, la justice est Tarme de la liberté... La tyrannie de ropiniou , la censure des écrits, les réputations usurpées et excessives furent dans tous les temps les svmptùnies qui amenèrent la perte de la liberté. — Robespierre, par ses manœuvres dans T Assemblée, vous avait fait décréter que le eomilé de salul public nommerait tous les membres des comités : opéraMoD difficile, pénible, odieuse, et tendant à avilir la représentation nationale et à défavoriser les membres de oe gouvernement aux yeux mêmes de leurs collègues...
• Robespierre rabaissait la Convention en lui étant le plus nécessaire de ses droits, celui de ne laisser la confection des travaux législatif qu'à des citoyens qui possèdent sa confiance; il aî&iblissait la représentation en Tisolant des comités, en la privant des travaux, en paralysant ses pensées, et en la réduisant à une approbation simple quand il lui appartient une discussion lumineuse... Il avait fait donner au comité le droit de nommer les commissaires et les adjoints des commissions exécutives , afin de s'emparer des choses, de se saisir <Ie tous les bras de l'empire, de tous les moyens d'administration , de puiser à son gré dans les finances attribuées à chaque commission , et de nous cerner de ses propres commissaires pour nous perdre d*un seul coup.
LE GOlJVERNEUENT RÉV0LUT10£(£i AIRE. 5
> La ceotralisatioii est bien un moyen de gouvernement; | mais la oentralisatîon totale est la monarchie totale ou le des- [ potisme. Robespierre dessëduit toutes les branches de l'administration qu'il ne pouvait plier ou couper ; il détournait dans un bassin commun toutes les sources de pouvoir, toutes les dénvations d'autorité publique, afin de s'en saisir plus facilement.
» ... Dans ce moment nous vous proposons de désobstruer le comité de salut pui>iic des travaux législatifs qui ne lui appartiennent pas naturellement; de lui ôter l'obligation de faire la législation de cliaque commission exécutive, et de déverser dans douze comités les travaux et les opérations relatives à chacune des commissions.
» Il est au-dessus des l'orces humaines de douze membres du comité de salut public de suffire constamment à tant de travaux disparates et successifs. 11 est contraire à la saine, politique de donner tant d'influence et de pouvoir à un seul comité.
9 ... Le comité de sûreté générale, que Saint-Just et Robespierre avaient dépouillé sous prétexte de ùâre un bureau de police générale, était presque anéanti, ou du moms
paralysé. »
Enfin, dans notre désir d'être impartial, nous aurons leoours aux paroles de oe sombre Billaud-Varenne, qui était ter* roriste par tempérsment autant que par politique. Atteint, dans l'exil, de la nudadie qui l'a emporté. Il aimait à revenir, en causant avec le médecin français qui le soignait, sur les tempêtes de sa vie. Il ne regrettait rien de son passé que sa participation aux événements du 9 thermidor. Il invoquait pour la justificati<m des comités : f immensité du iravaU et te démuéreuement, — Ce n*ett pas nous qui voudrions que l'histoire ne tint aucun compte de ces cireonttances atténuantes pour les actes qu'elle condamne le plus....
PARIS EN i7U4.
Xûle tU' BiUauH'Varenne écriie à Stùnt'Dommgue, transcrùe par ie docteur Chervin et publiée dans la Nonrelle Minerve dajnrès tonginai, (Toae I, pêge 355.)
« Les décision^ que l'on nous reproche tnnt , nous ne les voulions pas le plus souvent deux jours, uujoiir avant de les 1 prendre : la erise seule les suscitait. Elles élaient pri>es au nulieu des lassitudes do nos loufjues séances de nuit au eo- ' mité; nous ne voulion!> pas tuer pour tuer, c'est trop stuj pide; nous voulions vaincre à tout prix, être les niaitres, ' pour donner l'einpire à nos principes. De là, mille malheurs que vous dénoncez, que nous ne oonnaii»sions pas! Au comité nous ne perdions pas un moment de vue le grand but que nous nous étions proposé; et nous tous, le jour et la nuit, nous reprenions du même cœur et les mains fatiguées la tâche immense de la conduction des masses. Quelle tAche, et comme tout marchait!... Dans celte sphère de tempêtes nous ne pouvions voir que le salut commun; nous feisions de la dictature sans autre intitulé : Dictature... Reprocheznous les niovens, j'y consens; niais dites aussi : Ils n'ont pas tailli à la Ht-publique. — Nous, du moins, nous n'avons pas lais>é la France humiliée, et nous avons été (jrands au ujilien d'une noble pauvreté. N'avez-vous pas retrouvé au trésor public toutes nos coniiscations? »
Passons maintenant, après tout«>s ces déclarations qui font un préand)ule nécessaire, à l'organisation des comités de la Convention dont VAlmanaeh natùmai, publié an commencement de 17M, nous fournit le tableau détaillé que voici :
GOMITiS DE LA COlIVEIfTION NATIOHALE ET LEUK EMPLACEMENT.
N* 1 . Archives, arriêre^orps entre Us pavillons de VUnité
et de l'Égalité* .
* • Loral d«' 1.1 (Convention .m l'al un natiiui.il (les Tiiil«Ties^ :
• Nota. Le |»avill<Mi ilu càlé du uurd »c nomme Pavillon de la Liberté ; celui du milieu. Pavillon de FUnité; et cdtû du anidi, Pavitton de l'Kgali§i. m (Le MépubUeain, n»csci.)
LE GOUVERNEMENT RÊVOLUTIOMNAIRB. 7
N* 2. Comité de salut public, pavillon de VÈgaUté.
N* 3. Comité de sAreté générale, maison de Brienne.
N* 4. Comité des décrets et procès-verbaux réunis, pavil-
ion de la Liberté.
N' ."). Coinitti (le-j Ht'[)èche>, pavillon de la Liberté, N" 6. Conimisbiou i ciiliale, <jalfvir Ju Jardi/t .