‹ Paris en 1794 et en 1795Chapitre 4 sur 47 · IIS · texte numérisé non relu

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courage de persévéraoïie rare en Francet Auroos-nous la force de nous détourner de la routine, et de substituer à ce qui a fonctionné mal chez nous te qui a réussi chez d'autres? Ne tiendfOOHions aucun compte de notre propre expérience, et recommencerons4K>as à perpétuité le même jeu, qui doit nous conduire aux mêmes résultats? Contii)ucroiir«nous à faire des révolutions contre la monarchie, pour tomber à plat venlre dans la tyrannie démagogique, sauF à rebondir vers le pouvoir qui veut bien nous reprct)dre sous sa prolection, mais en se redressant de toute sa hauteur? Agités par des be<ioins continuels de déplacement, préteudrons-nous vivre en républicains sous la royauté et en monarchistes sous la République, broyés dans la perpétuelle contradiction des institutions? Nous verra-t-on planter incessamment des arbres de la liberté à la même place, sans penser à leur faire d'abord le sol que réclame leur nature?... — Elle est qudque part, la liberté, non pas k Fétat de plante délicate, étouffée entre deux pavés, mais à Pétat de géant, dont quatre-vingtdix ans de vie ont développé les rameaux puissants qui s'étendent sur la moitié d'un monde. C'est là que les penseurs, sufpris de son prodigieux développement, iront étudier les conditions de sa culture, chercher les méthodes nouvelles, car il fout bien que tout marche, la politique ou la science humaine, comme toutes les autres sciences.

Et marcher, progresser, ce n*est pas toujours aller eu avant, c'est souvent changer de route...

On lit dans l'histoire de l'antique Orient (juedes seigneurs ayant tué leur roi .>e disputèrent .» qui prendrait sa place. Il fut convenu que le premier d'entre eux (jui verrait le lever du soleil serait roi. Ils se hâtèrent de se rendre tous à l'endroit le plus élevé de la campagne voisine. £n ce moment, le soleil se couchait dans un abfme d'or et de pourpre. Les seigneurs, le voyant disparaître, passèrent la nuit l'œil fixé sur le point où s'était montrée la dernière clarté ; un d'entre eux cependant s'était mis à l'écart, et il regardaitobstinément

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la partie du ciel opposée. G*est là qu'il vit briller la première étincelle du jour naissant auquel ses compagnons tournaient le dos. Il l'emporta sur eux, comme le progrès doit toujours remporter sur la routine.

Cette histoire convient à tous les temps. Elle n'a vieilli que sur un point : le conteur de qui nous la tenons ftiisait venir la lumière de TOrient; le monde a tourné, et c*eft à l'Occident, du côté de la patrie de Washington, qu'il faut la chercher.

Dauban.

P. S. On trouvera dans ce livre, en Ule <le la prt'iiiiiir jia{je qui suit rintiodiii tion , ce tilic : La Ruf, i.k Ci. tu kt i.a Phison A Paris fn 1794. — Nous n\iv()ii> pu réaliser qu'on partit' la promesse contenue dans ce titre. La Famine a pris la place de la Frison. Celle-ci joue un si Qnaâ rôle et a une si grande importance dans rhisloire des années 179S et 1194, que nous avons dû la réserver pcmr lut omsacrer un volume tout entier, dont les matériaux sont prêts et dont la publication sera prodiaine.

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