‹ Paris en 1870-1871Chapitre 9 sur 14 · LES LETTRES-JOURNAUX · texte numérisé non relu

LES LETTRES-JOURNAUX

La lettre ci-après, en date du 28 décembre a été écrite sur la page libre d'une lettrejournal imprimée. (No 20, mercredi, 28 décembre 1870 )

Il s'agit de la publication bi-hebdomadaire qu'avait organisée l'éditeur M. Jouaust. En titre : " Lettre-journal de Panis, gazette des absents, — prix : 15 centimes. — Paraît les mercrei i et samedi à 10 h. du matin. — D. Jouaust, rédacteur. — En vente à Paris, rue St- Honoré, 338 et au bureau du Figaro, rue Rossini, 3 — "

Un avis rappelle que le poids réglementaire des lettres à expédier est de 4 grammes et que la lettre-journal n'en pèse que 3.

Les matières sent partagées et les événements classés et relatés par jour, avec titres et sous-titres : Rapports militaires, actes officiels, iniormations et faits divers ; — subsistance, nouvelles du dehors, communications du gouvernement, etc.. Bourse ; Dernières NOUVELLES

Le numéro du 28 décembre vise les quatre journées du 24 au 27 décembre.

Il signale entre autres faits que la ligueur de la saison empêche sans doute les pigeons de voyager ; car les dé| êches n'arrivent pas. = Le thermomètre descend toutes les nuits jusqu'à 10 ou 11 degrés au-dtssous de zéro. Les troupes ont cruellement souffert de ce froid. Le travail des tranchées est devenu presque impossible. = Le gouvernement a voulu faire une surprise aux ménages pour cadeau de Noël. On a vendu dans les boucheries du bœuf au lieu de cheval. = .\iais le peu qui rote de légumes frais se vend à des prix f. buleux. Un choux 5 ou 6 francs. = On note à propos des ballons-poste le départ de la Délivrance, enlevé à la gare du Nord, emportant un voyageur, 1 10 kilogrammes de lettres et 4 pigeons. = On annonce que le numéro 21 de la lettie- journal qui paraîtra le 31 décembre sera spécialement destiné à la correspondance du 1er jour de l'an et donnera sous ce titre " Cent cinq jours de siège ", un lésumé des événements accomplis depuis le 18 septembre.

28 décembre 70.

(Lettre parvenue le 7 janvier 1871 à Pornic.)

Mes chers parents,

Ou tient toujours ferme ; mais les nouvelles de vous sont insuffisantes. Que font les armées ?

Les Prussiens ont commencé le bombardement de deux forts et surtout du plateau d'Avron où nous avions des canons de 7. On a évacué cette position qui n'était guère tenable, n'ayant pas d'abri pour les troupes.

On vit toujours. Le pain est encore bon et abondant ; nous mangeons des ch vaux, et ne mourrons pas de faim avant longtemps. J'espère que vous ne nous laisserez pas moisir au renfermé ; mais je crains que le bombardement cache des mouvements de l'ennemi pour écraser les armées de secours. Avez-vous des

généraux, Grambetta a dû secouer la Province. Qu'elle se montre ! Il me semble que Paris s'est assez bien conduit. Un ballon part cette nuit ; j'en profite encore.

Page 1