LETTRE RECTIFICATIVE
A M. Eugène Ténot Monsieur,
Voici les principales inexactitudes qui se sont glissées dans le récit d'un épisode qui m'est personnel, et aue vous repro luisez d'après M. Schaelcher.
Je suis indiqué sous le pseudonyme de Voisin, sous lequel j'étais effectivement connu à cette époque, et avec la qualification de conseiller général de la Haute-Vienne.
Je m'appelle en réalité Maniavy, et j'ai tté notaire dans le département de la Hau'e-Vienne.
Il est très-exact que j'ai été pris, après avoir combattu pour la défense de la République ; que j'ai été sommairement pasé par les armes et déporté après ma guérison. Mais celte eiécuîion a eu lieu non à la barricade de la rue Montorgueil, mais bien à celle du faubourg Saint-ilartin, auprès de la mairie du cinquième arrondissement de ce temps-là.
Fusillé d'abord, pu slardé à terre de coups de sabres-baïonnettes (l'unde ces coups me perfora le poumon, blessure que l'on crut longtemps mortelle), je ne fus pas recueilli par une viei.le femme; mais, àfo'ce d'énergie, je pus me relever moi-même, et, aidé par le vieux concierge de la mairie, gagner l'ambulance établie dans la mairie, où j"ai été recueilli par les internes de service, qui m'ont donné les premiers soins. Les sjpeurspompiers, dont la caserne est contiguê à la mairie, ont pu, à un moment donné, me soustraire aux b-utslités des soldats, qui me croyaient bien mort, et me porter clandesinement à la maison Dubois.
Je vous autorise , monsieur, à faire des rectifications ci-dessus tel usage que vous jugerez convenable, dans l'intérêt de la vérité, vous .faisant observer, malgré mon déeir sincère de m'en tenir à la satisfictioa personnelle d'un devoir rempli, que j'accepte toujours, quelles que puissent en èire les con équences, la responsabilité de tous mes actes.
Veuillez recevoir, monsieur, l'expression sincère de mes meilleurs sentiments fraternels.
P. Maxdavy.
Boulevard Saint-Denis, 2o.
(Pièce ajoutée à l'édition populaire.)