Histoire d'un Coup d'État, par Belouino, pages 55 et
f M. Carlier, dit M. P. Mayer, avait signalé au Président les « dangers de 1852, et le remède qu'il croyait efficace. Malheu- ( reusement la restitution du suffrage universel, cette grande et a héroïque justice qui a sauvé la situation, lui parut inoppor- « tune et impraticable. Il se retira'. »
Une autre opinion, enfin, attribue rajournement des projets du Président aux énergiques mesures de défense prises par le général Bedeau, président de la Commission permanente, pendant la prorogation de l'Assemblée.
Informé de ce qui se préparait, le général s'était mis sur ses gardes. Il veillait avec un soin extrême sur le palais de l'Assemblée nat'oaale qu'il habitait, et dont la garde militaire lui obéissait directement. Il avait déjà fait rédiger un certain nombre de copies, marquées du sceau de la Présidence de l'Assemblée nationale, de décrets requérant certains corps de troupes pour la défense de l'Assemblée, ainsi que d'un décret nommant un nouveau commandant en chel de l'armée de Paris. Ces derniers détails ont été affirmés par le général Bedeau lui-même, ainsi qu'on le verra plus loin.
Le Président de la République, a-t-on dit aussi, tenait essenuellement à ne pas agir avant d'avoir proposé à l'Assemblée l'abrogation de la loi du 31 mai, loi qui avait contribué plus que toute autre à amasser les ressentiments populaires contre la majorité royaliste de la Législative.
La crise ministérielle du mois d'octobre se lie intimement à l'ajournement du Coup d'Etat, en même temps qu'à sa préparation dans des conditions nouvelles.
Le cabinet Faucher-Baroche se retira, vers le milieu de ce mois, et fut remplacé, après une dizaine de jours d'interrègne ministériel, par un cabinet composé d'hommes particulièrement dévoués à la fortune de Louis-Napoléon.
Le général de Saint- Arnaud, dont l'élévation avait été préparée comme on a vu plus haut, eut la ministère de la guerre. Le même jour M. de Maupas, préfet de la Haute- Garonne, remplaça M. Carlier à la préfecture de police.
Ces deux personnages étaient déjà dans la confidence de ce qui se préparait.
Au moment où l'Assemblée nationale allait reprendre ses travaux, il n'était bruit que du Coup d'État qui avait failli éclater pendant la prorogation. Les journaux en entretenaient