‹ Paris en décembre 1851Chapitre 76 sur 97 · LE PEUPLE SOUVERAIN · texte numérisé non relu

LE PEUPLE SOUVERAIN

Le résultat cherché par ces proclamations fut atteint. De-

puis le vendredi matin jusqu'au mercrecîi suivanl, Bédarieux, sous la gardd da peuple armé, n'eut aucune espèce d'excès à déplorer. Ce fait remarquable et qui prouve les sentiments honnêtes Je l'immense majorité de la population ouvrière de cette ville, démontre combien estpeti' le nombre de ceux sur lesquels doit peser la responsabilité des actes de vengeance et de représailles , commis dans la nuit du 4 au 5.

Le gendarme Flacon était, si l'on s'en souvient, resté caché chez les Mica'. Un citoyen de Bédarieux, M. Mouton, l'apprit et en informa Bonnal en l'engagea'it à sauver le gendarme. Bonnal s'empressa d'envoyer avec M. Mouton un chef d'insurgés, nommé Pradal, dit Jean-de-Rose, et un peloton d'hommes armés. Flacon sortit, Pradal lui donnant un bras, M. Mouton l'autre, et il arriva sans encombre à la Mairie ' .

On enterra ce jour-là les victimes. Gabrol et Eugène Combes furent ensevelis au milieu d'un immense concours de population. On y remarquait presque tous les fabricants.

Les gendarmes, au contraire, furent enterrés presque furtivement.

Le 6, les ouvriers se réunirent pour discuter quelques questions de sa' aire. Il est bon de constater que ces hommas, qui se croyaient vainqueurs, ne se montrèrent pas biin exisreants dans leurs orétentions. Les tanneurs voulaient sra2:n3r dix ou onze francs par semame, les autres à proportion.

Enfin, le 10 décembre, le général Rostolan fit son entrée à Bédarieux avec une imposante colonne d'infanterie, cavalerie, artillerie.

La majeure partie des ouvriers avaient quitté la ville et avaient cherché un refuge dans les forêts qui couvrent les sommets des Cévecnes.

Le département de l'Hérault avait été rais en état de siège par décret du 8 décembre : il y fat appliqué daas toute sa rigueur. Le nombre des arrestations fut supérieur à trois raille. Les colonnes mobiles battirent le pays sans ralâ:he. L'ordre de tuer quiconque essayerait de fuir fat souvent appliqué. Un détachement du 35' de ligne fouUiait, le 17, les carrières de Roujau; un républicain, nom né Jules Giy.'ol, y fut tué en cherchant à échapper à la troupe-. L3 22 du

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