SAINT-CLOUD
\ 15 kilomètres de Paris, remarquable par son château, ses belles pièces d'eau, son parc et sa position pittoresque.
Le palais il»1 Saint-Cloud est visible, les jeudis et dimanches, de '2 lu mes à i heures seulement, en l'absence de l'Empereur, et a certaines époques de l'année.
SAINT-CLOl'b.
Grandes eaux le premier dimanche de chaque mois, de 3 heure-» à ,"> heures.
Fête justement renommée pendant le mois de septcmhre.
Moyens de transport. — 1° Chemin de fer américain, descendant devant la grille du parc et partant toutes les heures,, à l'heure, de la rue du Louvre, n° 2; 60 centimes dans la semaine et 7.') centimes le dimanche.
2° Chemin de fer américain, partant de la rue du Bouloi et conduisant dans l'intérieur de Saint-Cloud même. Prix: 60 centimes dans la semaine et 75 centimes le dimanche.
5° Chemin de fer de Versailles, rive droite, gare du Havre, parlant toutes les heures à la demie. Prix des places : dans la semaine, 50 centimes; le dimanche, 75 centimes.
i BâtettU à vapeur, quai d'Orsay (pendant la belle saisonj.
Prix des places: 1 franc 50 centimes. Ravissante promenade à la ire.
S uut-Qoud, petite ville du département de Seine-et-Oise, située entre Paris et Versailles, sur le penchant d'une colline, ett iion-Miiliinent remarquable par sa position pittoresque et accidentée, mail encore par ses cascades, son parc immensi et son château, demeure d'été de l'Empereur.
290 PARU EN I'OCIIE.
L'histoire do Saint-Cloud se rattache à nos plus grands événements historiques; c'est là que Henri III fut assassiné par Jacques Clément. Louis XIV y fit bâtir un palais pour son frère Philippe d'Orléans, et ce fut, pendant longtemps, la résidence d'été des membres de cette famille. L'habile le Nôtre fut chargé de dessiner le parc et les jardins.
Henriette d'Angleterre mourut à vingt-six ans dans ce château, après y avoir régné en souveraine des plaisirs et des fêtes ; la princesse palatine, seconde femme du duc d'Orléans, et le duc lui-même y finirent aussi leurs jours.
Saint-Cloud vit encore des fêtes brillantes sous le Régent, et surtout sous son petit-fils, qui vendit enfin cette magnifique résidence à Marie-Antoinette (1785).
Les travaux nombreux entrepris par ordre de la reine furent interrompus par les événements révolutionnaires. Le château subit les ravages de cette époque désastreuse, et ne fut restauré qu'après l'événement du 18 brumaire dont le palais de Saint- Cloud fut le théâtre.
.Napoléon Ier affectionnait particulièrement ce séjonr où avait commencé sa puissance, et où elle devait finir. Son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise y fut célébré le 1er avril 1810, dans la chapelle du château, et le 5 juillet 1815, la capitulation de Paris y fut signée.
C'est encore de Saint-Cloud que partirent les fatales ordonnances qui firent crouler le trône de Charles X. Louis-Philippe, reconnu roi des Français, reprit possession de l'ancien domaine des ducs d'Orléans et y fit de nombreux embellissements.
Le château de Saint-Cloud est aujourd'hui la résidence favorite de Napoléon III.
Le Château. — La fayade principale du château donne
SÀINT-CLOUD. '2'J1*
outrée dans le vestibule de l'Empereur, au fond duquel est une statue de Sapho par Pradier; à droite est l'escalier de lEmpereur (|ui conduit aux grands appartements. Voici dans quel ordre se succèdent les salons :
Le .salon de Mars, dont les peintures sont de Mignard : le plafond représente l'Olympe; les voussures, Mars et Vénus, et les Forges de Vulcain ; les dessus de portes, la Jalousie et la Discorde; les Plaisirs des jardins. On y voit un beau portrait de Napoléon et quatre magnifiques portières en tapisseries des Gobelins.
I.a galerie d'Apollon, la pièce la plus somptueuse du château, dans laquelle le conseil des Anciens tint ses séances sous le Directoire. Les peintures de la voûte sont de Mignard ; au-dessus de la porte (rentrée on voit: la naissance de Jupiter et de Diane, et Latone implorant Jupiter. Au centre du plafond, Apollon sur son char; à l'extrémité: le Parnasse et les quatre Saisons. Au-dessus des portes et des croisées, on voit à gauche, les portraits de mademoiselle de Valois, de Philippe d'Orléans; de Monsieur, du duc d'Orléans; de Charlotte de Bavière; à droite ceux de Marie-Thérèse d'Autriche; de Louis XIV; du Grand Dauphin.
Le salon de Diane, les peintures du plafond par Mignard, représentent Diane déesse de la nuit, et celles des voussures, la Toilette, la Chasse, le Bain cl le Sommeil de Diane. On y voit les portraits de Henri IV ; de Louis XVlll ; de Philippe de France ; de Philippe d'Orléans; de Louis d'Orléans, et quatre magnifiques \ases exécutés en chine.
Le salon de Vénus (salle de billard); plafond peint pal
le Moyne : Junon empruntant la ceinture de Vénus; deux dessus de portes par Jean Nocret: la Paix et la Science. Magnifiques tapisseries des Gobelins, où Ton a reproduit le portrait de Philippe V duc d'Anjou d'après Gérard, et quelques tableaux en l'honneur de Marie de Médicis d'après Rubens. Les meubles de ce salon et des deux qui suivent sont en tapisserie de Beauvais.
Le salon de la Vérité: plafond réprésentant le triomphe de la Vérité, peint par Antoine Coypel. Tapisseries des Gobelins reproduisant différents tableaux de Rubens sur Catherine de Médicis et Henri IV.
Le salon de Mercure, peintures par Allaux. Mercure et Pandore ; les Noces de Thétis etde Pelée, l'Assemblées des dieux, Mercure remettant la pomme à Paris, le Jugement de Paris. On y remarque quatre vases en porcelaine de Sèvres, avec des peintures représentant les quatre Saisons.
Salon de l'Aurore» plafond peint par Loir représentant le lever de l'Aurore; meubles en laque de Chine.
Salons réservés. — En outre de ces salons, il y a les appartements particuliers des souverains, que l'on ne visite qu'avec des permissions spéciales; on y remarque un petit salon tout en boiseries de chêne sculpté, d'un merveilleux travail ; les meubles sdnt dans le même goût. Ce chef-d'œuvre, d'une création récente, a été exécuté d'après les ordres de Napoléon III. Une autre pièce renferme une superbe tapisserie des Gobelins représentant Marie-Antoinette et ses trois enfants ; enfin l'on voit, dans la salle de jeu, une table tout
en mosaïque, chef-d'œuvre italien, présent du pape Léon Xïl.
Le Parc. — Le parc de Saint-Cloud, qui a \Q kilomètres de tour, se divise en deux parties : le parc public et le parc réservé ; ce dernier renferme de beaux parterres avec des statues et des bassins, et de superbes avenues ; on y voit un petit chemin de fer construit, pour l'amusement du Prince Impérial, avec sa gare lilliputienne et sa machine qui marche à l'aide d'un ressort; cette partie du parc comprend les jardins du Trocadero construits sur les hauteurs de Montretout, d'où Ton a une vue magnifique.
L'entrée principale du parc public est par la grande grille, sur la place Royale ; on peut suivre de là les belles avenues qui longent la Seine, puis se diriger sur la hauteur, soit en suivant les allées qui y conduisent, soit en gravissant les talus ; dans le bas parc vous remarquerez la grande cascade qui est une des merveilles des environs de Paris, et un bassin dont le jet d'eau s'élance à une hauteur prodigieuse ; parvenu sur la hauteur, on trouve une belle terrasse, d'où la vue s'étend sur Paru, le bois de Boulogne et les rives de la Seine; au milieu est un élégant belvédère élevé par les ordres de Napoli'iii lor, à l'imitation de celui d'Athènes érigé par Lysicrate; on l'appelle vulgairement lanterne de Diogène, mais son véritable nom est lanterne de Démosthène. Cinq belles avenues partent de cette terrasse; la principale conduit à Ville-d'Avray.
Retour à Paris. — Chemin de fer américain, dit des Gondoles, partant de l'intérieur même de la ville.
2° Chemin de fer américain, partant de la grande avenue de Sèvres (n° 17^ toutes les demi-heures, aux quarts et aux trois quarts d'heure.
S I t chemin de fer de Vcr&ailh \. nvr droite.