SCENE IV
Les Mêmes, NINl, ZÉTULBÉE, FLORA, ROSINE, toute la file, ensuite CHO- SE ILLO. N.
Le brait drs instrument,. 1rs cris, te tumulte... test recommence A 1s fois. Le théâtre se garnit de monda.
plora, tenant delà danse aree Zitulbie, des dames et tf autres. Ah! nous nous sommes bien amusées.
un nom vie, venant avec une autre foule du cité du mdl de Cocagne. Quel superbe spectacle, qu'un tuât de Cocagne !
Pascal. Je ne vois pas encore Frédéric...
Je suis ivouriaiil certain... (Fumant.) Ahl pouah ! que c'est mauvais I card.'.ili an. Attentez, toutàl'heure, fous feriez, fous ferrez... .
Rosine, à /Vitu. Eh bien ! Nini, ton amoureux ? ..
NINI. Ne m'en parle pas, ma chère, il m’adore.
rosine. Et que fait-il en ce moment?
nini. Une partie de b llard avec les frères Renaud... Il sait que je l'aUends ici.
pascal. Poudh ! pouah ! décidément, c’est on vilain plaisir que le plaisir des vieillards..,
cardaillan. Toutàl'heure, fous ferrez, fous ferrez. .
plora , G Nini. Et ton amoureux monsieur Croseillon?
nini. Croseillon, c'est une oiet groseillon entrant; il porte un énorme tac sur ton dot. Me voilà !
TOCS. Qu’est-ce que c’est que cela ?
GROSEILLON. Ceci, c'est une surprise. .. Que mut le monde sc range, je vais [aire une distribution générale.
Pascal. C'est drôle, c’est drôle, monsieur Cardai lan... Je ne me sens |>as bien.
cardaillan. Tout à l'heure, fous ferrez, tous ferrez...
pascal. Mais je ferrai, je ferrai, je commence à u'y plus voir du tout.
groseili.on, tirant du tac un petit mirliton. Ceci à mademoiselle Itorine.
Rosine. Ait 1 qu’il est gentill GROSEILLON, en tirant un plut grand, et ainti de suite. Celui-là à mademoiselle Zétulbée; à vous, délicieuse Flora ; à vous, paysannes.
tous, r entourant. A moi ! à moi ! à moi I ghoseillon. L'n instantl un instant!...
procédons par ordre...
pascal. Ne tournez pas , monsieur Cardaillon, {a me fait mal au cœur.
Cardaillan. Cbe ne dourue pas ti tout...
pascal. Ali! que c'est donc mauvais, que c'est donc mauvais!...
GROSEU.LON. Tout le monde en 1-t-iiT...
TOUS. Oui, oui!...
RINI. Tout le monde , excepté moi.
GROSEILLON. Nini, je vousai gardée pour U Cn ; permettez-moi de vous offrir...
11 tire <iu ur un énorme mirliton qu’il donne k Nina. TOUS. Oh ! 1 !
MM. Ab! le beau mirliton! le superbe mirliton I... (A part.) Je voudrais bien prévenir Clémence)..,
pascal. Ne tournez donc pas, monsieur Cardai'lan... Dieu de Dieu, que j'ai mal au cœur 1
GROSEILLON. El maintenant, la ronde du mirliton.
tous. La ronde du mirliton.
GROSEILLON. De la précision, de l'ensemble tt partons en même temps :
Air de M. Artut.
Vite qn’on me soutienne;
Vous tous gens du canton,
Que chacun de tou» prenne Trompette et mirliton,
Mirliton mirliiaine.
Gloire au miriitoa.
Ton, ton.
Mirliton mirliiaine,
Gloire au mitliton,
Ton.
CHOEUR
Mirliton mirliiaine,
Gloire au mirliton.
Ton, ton.
Mirliton mirliiaine.
Gloire an mirliton,
Ton.
Kim.
De Penlio a Suitenes,
Du Roule k Charratoo,
De Grenelle k Vincenoes,
Partout qu adore ton?
• Mirliton miriueiae.
C’est le mirliton.
Ton, ton.
Mirliton mirliiaine.
C’est le mirliton,
Ton.
CHOEUR
Mirliton mirlitaiae.
C’est le miilitoo.
Ton, ton.
RTKi.
Le trombone me gêne,
J'abhore le piston ;
Mais toute la semaine Qui me donne le too?
Mirliton mirlitaine,
Gloire au mirliton,
Too, ton,
Mirliton mirliiaine,
Gloire au mirliton.
Ton.
CHOEUR
Mirliton mirliiaine, etc.
Tous. Bra-nü...
NiM . à part. Courons avertir Clémence 1 que Fié léric est ici.
Eli, »n. Prad.nt te wnwrt. P««*t, 4e pim en pim incommodé, m tortille wr u chai», et quand 1a aoocf rt est fini il se lève et se sauve en disant:
PASCAL. J’ai besoin de prendre l'air ailleurs... Ali!... abl... abl...
En sortant il heurta Groseille®.
GROSEU.LON, Tieus I qu’est-ce qu’il R ce monsieur?
cabuaillan. Ce n’est rien, c’être le bibel
On voit paraître le paysan k la grosse têlo.
TOUS. Ab ! le jeu de la grosse lô*eî UN PAYSAN, portant une grotu titt en canon. Qui veut essayer le jeu de la grosse tête? qui veut casser la cruche ?...
ghoseillon. La cruche., où prenez-voua la cruche?..,
LE paysan. Là-bas. à votre droite.
; GROSEILLON Ah ! bon ! je vois. .. coiffeintoi , bourgeois... je demande à casser...
' j'éprouve le besoin défaire des miettes.
LE PAYSAN. Voilà, bourgeois.
( Il lai mat un hè'on dan» la mi'D al le coiffa tvec la grosse j tète. L**» griseltet font crrcle ainsi que las habitant».
le paysan. Je n'ai pas mou tambour et je réclame le plus grau 1 silence.
PASCAL, revenant en teint. Oufl j'avais bien besoin de prendre Pair!...
le paysan, à G' rouit ton. Maintenant, marchez tou.ours tout droit
cardaillan. Eh pien! fous refoilà...
pascal. Oui, cela va mieux ; mais si je refonte de nia vie...
cardaillan. Cela fous a fait mal?
pascal. Ça ne sera rien... Allons, je crois que je m’amuserai à Creoelie... Le cœur est
MAGASIN THÉÂTRAL
toujours un peu barbouillé , mais la tête est < bonne...
Growillon, qui a mat suivi sa roule, arrive en face de Pascal el lui assène un grand coup do bâton sur son chapeau. Pascal tombe à la renverse.
PASCAL. Ali ! c’est fini .. Je suis tout il fait mort... ;
groseillon. J'ai cassé la cruche... J'en demande un morceau ; qu'on m'en tene un morceau.
Tous 1rs spectateurs se sont approchés ; plusieurs personnes aident Pascal & rentrer dans la maison.
CAltoAlLLAN. A présent, il ne gênera pas les frères Renaud... Ce ne sera rien... amusez-vous toujours.
groseillon. Comment! c'est ce brave ■ homme que j'ai pris pour une cruche; je suis sûr que je l'ai fêlé.
Pascal sort lentement soutenu par deux hommes.
nini , entrant. Trois heures bientôt, et i Frédéric n'est pas encore parvenu à se dé- .
barrasser des frères Renaud. .. pourtant l’in- ! staut approche , el si nous manquons cette occasion...
En ce moment on entend la musique et on voit reparaître sur les tréteaux du théâtre forain les bafeleurs. dont un paillasse, un groom battant du tambour et l’cxplicatcur. Tout le monde se précipite devant le théâtre et l’expliealeur dit :
LE SALTIMBANQUE. Messieurs et mesdames, c’est pour avoir l’honneur de vous prévenir que je vais soumettre à la curiosité de vos regards, non pas des figures de cire , mesdames, non pas des animaux empaillés, messieurs, mais la seule et unique huitième merveille de la nature; l'incomparable nain Pantapolain, ic même qui a fait l’admiration des empereurs, des rois et de monsieur l’adjoint du maire... Ce nain accuse un mètre cinquanteciuq centimètres de moins que le maréchal Tom Pom e. .. Combien prenons nous pour voir un spectacle aussi rare et aussi curieux... Rien, messieurs, absolument rien, l'honneur de votre présence : vous pouvez entrer avec une entière confiance et sans rien payer ; mais si vous êtes contents, si vous êtes satisfaits, vous donnerez en sortant le faible déboursé et la bagatelle de deux sous par personne après avoir vu, un sous pour messieurs les militaires non gradés et les bonnes d’enfan's... Au bureau, prenez vos billets!...
Allez, la musique. .. suivez, suivez le monde!, suivez le monde..
Tout le mon Je entre en foule; on se pousse; c'est k qui entrera le premier; quand tous sont entrés la musique nue.
le paillasse. Qu’un réserve la loge de monsieur le maire.