‹ Paris et la banlieue piece en cinq actes et onze tableauxChapitre 48 sur 77 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, PASCAL.

PASCAL, à pari. Il n’est pas avec eux...

j’ai eu tort de venir ici... (Haut.) Vous êtes en affaires. pardon, je me retire...

M”* Renaud. Du tout... restez, restez donc, monsieur Pascal...

pierre. Au ça, comment se fait-il que vous soyez si bien portant?

pascal, riant. Est-ce que vous m’aviez donné à tuer à quelqu’un, par hasard?...

Pierre. Nous?... Oh! monsieur Pascal!...

Jacques. C'est qu'on nous avait assuré que vous étiez fort malade.

Pascal. En effet, apres ce qui m'est ariivé je devrais être mourant; mais je suis comme ces vieux meubles inutiles, qui gênent, qui embarrassent; on voudrait bien s’en défaire, mais on les retrouve toujours sous sa main, et quand on veut les briser, c’est trop dur, ça ue casse pas...

U se louche la tête

Lazare. Diable d’bomme! j'ai bien envie.. .

M“ RENAUD, bat. Silence'...

pierre, bat. Mais il va voir Frédéric, il va lui parler, et alors...

m“* renaid, bat. Laissez moi faire...

(Haut, à ut troit neveux.) Laissez-oous... laissez-nous...

L«« troit frères di«par»i«*ent.

pascal, à pari. Que veut elle me dire?...

M"'* RtfsAU^'d pari. Monsieur de Clama* rins se pjàtiii dé son sb-riice... il sera heureux de têjlrevoir... ça sert mes projets...

tout sera" pour le mi- ux. ( Haut à Pascal, qui >e tient près de la porte de droite.) Approchez donc, monsieur Pascal. ..

pascal. Mille reinerdinenta, madame...

(Il approche lentement en regardant toujourt la porte.) Mais j'ai une pethe affaire...

M m * RENAUD. Et moi , j'ai quéqu' chose de très- important à V"us dire.

PASCAL. A moi, madame Renaud?

M ”• Renaud. A vous, monsieur Pascal.., et j’vas vous parler tout franchement, comme j'en ai l'habitude...

pascal, à part. Bon, alors méfions-nous.

M"' RENAUD. Tenez, monsieur Pascal, vous êtes un brave homme... et quéque opinion que vous ayez de moi. ..

pascal. De vous, madame Renaud? mais j’ai toujours eu de voua la meilleure opinion. ..

m“* RENAUD. Ecoutez, monsieur Pascal, je regrette sincèrement que vous vous suyiez éloigné de m n-iour de Clamarin*. .

Pascal. Eli! madame, ce u'e»t pas ma faute...

m°” renaud. C’est peut éire la mienne...

c'est possible... mais j’ai vu que vous lui étiez nécessaire.

Pascal. Pour cela, madame, sans vanité

je le croyais...

m" renaud. Oui... je me connais en hommes, et je sais ce que vous valez, monsieur Pascal...

PASCAL. Je ne me connais pas beaucoup en femmes, m. is je crois savoir vous apprécier, madame Renaud...

M“* renaud. Vous êtes bon, monsieur Pascal...

pascal. Vous êtes bien bonne, madame...

M”'* RENAUD. Et pour être mile à vot’ maître , j'suis ben sûre que rien ne voua coûterait...

pascal. Oh! rient...

Jacques, à part, en entrouvrant la porte.

Ah ça, quel est donc ton projet?

M"' renaud. Pour servir monsieur de Clamarius, vous donneriez tout saus hésiter?

Pascal. CM» I oni, oui, madame; pour lui, j'aurais donné, quaud j'étais jeune, ma vie tout eutière, et maintenant je donnerais encore le pen de jours qui me restent I

MAGASIN THÉÂTRAL

Sî

M"' Renaud. Bien, bien, monsieur Pascal ; tenez, j’ai eu des torts envers vous...

PASCAL. Des torts?...

M m * renaud. Oui, de grands torts. . je le reconnais. . .

Pascal. Se peut il?...

M 1 "' renaud. Je vous ai éjoigné de monsieur de Clauiarins, vous, son. plus Hd- le serviteur, presque son ami... [Mouvement de Pascal.) Oui, oui, son ami.

pascal. Haut. 01»! madame!... (A part.) C’est qu’en vérité... je ne sais plus où j’en suis...

M m * RENAUD. Mais comme il u’est jamais trop tard pour réparer le mal qu’on a fait... touchez U, monsieur Pascal...

Elle lui tend la main.

pascal, avançant lentement. Moi... que je.. . Oh! vous êtes mille fois trop bonne...

M™ renaud. Allons, allons, pas de façons ; je ne suis guère plus que vous, et deux serviteurs peuvent se. donner la main...

pascal. Quoi I madame... (A part.) Et moi qui blâmais mon vieux maître... mais c’est qu’elle inc subjugue. .. c’est qu’elle m’entraîne. ..

M“* renaud. Allons... v’Iit ma main, monsieur Pascal; est ce que vous me refuserez la vôtre... est-ce quç vous aurez l’cœur de m’ gaider rancune?...

pascal. Eh bien!... ma foi non...

Il lui pr^nd la main.

lestrois frères, paraissant. A la bonne heure, père Pascal !

pascal, avec effroi. Heinî...

M”* RENAUD, à part. Maladroits!

JACQUES. Nous avons fait une sottise...

pascal, à part. Diable !... Où voulait-elle en venir?... (Haut.) Vous disiez donc, madame ?...

M’’"’ renaud. Que je veux... que nous voulons tous rendre à monsieur le comte son meilleur serviteur.

pascae. Madame...

M"" renaud. Je me repens de vous avoir fait renvo er, et comme monsieur de Clamarins a besoin de vos services... vous rentrerez h l’bôteL.

pascal. Eh bien, merci, madame... Oni.., dans quelques jours...

M m ' renaud. Non, non... à l’instant...

pierre. Bravo! je la comprends...

pascal, à part. A l'instant., et Frédéric?

Ali ! c’est pour ça.. .

m"* renaud. Et cette fois, personne ne vous renverra plus... nous allons y retourner ensemble... Venez !...

pascal , arec force, et après s’ètre approché de la petite porte. Permettez, permettez, ma bonne madame Renaud...

M"' renaud. Comment... refusez-vous de rentrer à l'hôtel... de revoir monsieur de Clomarins?

pascal. Non, madame, non, messieurs, j'y ri titrerai, à l’hôtel. .. je reverrai monsieur de Clamarins

M"' renaud. Mais quand donc?

pascal. Quand j’aurai accompli ma tâche madame iïeuaud ! Il sort précipitamment.

M“* renaud. Il nous échappe cl c’est vol’ faute... Vite â Frédéric.. . pas d’einparieinent, pas de vio ence. .. de l’adresse et de la fermeté. Allez!

Jacques. Soyez tranquille, ma tante, il ne lui pat 1er, i pas... (M m ' /tenaud sort.) Alloua rejoindre Frédéric, et ensuite...

pierre. Ensuite, aux Champs-Elysées !...

TOUS. Aux Champs-Éljséesl...

ôiïiimf îablrau.

Le théâtre représente U grande allée des Ch«rop*-Êlysées, le IP juillet , la nuit \

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