SCÈNE II
Les Mêmes, PASCAL.
PASCAL, t'arrilanrpdU et tremblant à la porte. Monsieur le comte ..
le comte. C’est toi ! que veux-tu ? qu’y a-t-il?
Pascal. Hélas! monsieur le comte, un malheur, un grand malheur...
LE COMTE. Gu malheur?
Catherine. Il .-ail tout, et tout est fini.
le comte. Parle donc... Eh bifu?
PASCAL. Eh bien... vous êtes ruiné...
CATHERINE. Ruiné...
LE comte. Ruiné?...
pascal. Oui. cette fortune que vous m’aviez confiée, pour lui... on ute l’a volée...
LE COMTE. Volée...
Il tombe dans un fauteuil.
j CATHERINE, à part. Confiée pour lui..
Ah! bon... j’coinprrnds...
LE COMTE. Mais qui t’a volé?
pascal. Ali I si je le savais, mon Dieu I
Catherine. El voilà, monsieur le comte, i c’te conGance dont vous me parliez tout à l’heure , et que vous avez toujours eue en ntoi !... c’tc confiance qui vous faisait déposer, en secret, toute votre fortune dans les mains ! d un homme qui vous eu récompense bien I aujourd’hui...
1 le comte. Catherine I...
PASCAL. Qne voulez-vous dire, madame?., expliquez-vous, je le veux...
Catherine , avec dédain. Vous l’voulez?
pascal. Oui, madame, oui, je le veux...
car mus semblez (aire planer un soupçon sur ma probité... sur mon honneur... mon honneur et ma probité... tout ce que j'ai...
tout ce que je possède après trente ans de
travail ! Oui, je le répète, je veux que vous
vous expliquiez ... Ah I j'ai tremblé devant tous jusqu'à présent, j'ai eu peur de vous comme tout le monde ici. Peur d'une femme, c'est une lâcheté... mais enfin j’aimais la tranquillité, j'aimais la paix, moi... et je baissais humblement la tête... mais ce que vous venez de me dire, voyez-vous, ça tne fait monter le sang au coeur et au visage... ça m'indigne, ça me révolte. .. ce que vous venez de me dire... mais... mais ça signifie que je suis un voleur!... moi, un vol... Ali!.,, vous m’avez fait birn du mal, madame.jp ne peux vous dire que ça... vous m'avez fait bien du mal... vous... m'avez fait... bien... du tu...
Il sanglot*.
le comte. Pascal, mon ami, calme-toi, calme-toi.
Catherine , avec une brusquerie mêlée de borné. Voyons, monsieurPascatl...
pascal, apercevant Catherine. Ah! madame , laissez-moi... par grâce... laissezmoi...
le comte , lui tendant la main. Mon pauvre Pascal !
pascal. Vous ne le croyez pas... vous...
Oh! merci! merci!.. ( Tombant à ses jenoux.) Mon maître, mon bon maître, ah! j’en étais bien sûr, vous ne le croyez pas... non , vous ne pouvez pas le croire...
11 tombe à genoux.
LE comte. Non ! non ! mais ne reste pas à mes genoux ., xélève-toi. . . je le veux... Entends-tu? je le veux.
pascal. Oui, monsieur... oui... je me relève... [A madame Renaud qui lui tend la main.) Merci, madame.
le COMTE. C’est un malheur , un grand malheur, sans doute. .. non pas pour moi qui n’ai que peu tle jours à vivre... mais pour. .. pascal. Ah! je vous comprends!...
le comte, tas. Pour lui... que je n'ai pas même revu!...
pascal, bas. Vous ne l’avez pas revu!...
(A part.) Que signifie?... Est-ce encore un malheur?
le comte. Qu’as-tu donc , Pascal?
pascal. Moi?... je... (A part.) Ahl ne nous alarmons pas encore... et surtout devant son père... {Haut.) Vous le reverrez, uiondi-ur le comte , vous ath z le revoir.
LE COMTE, se levant. Oh I oui, le ciel enfin aura pitié de moi !.. . et quaut à ce vol,
il ne fallait pas, l’en justifier... je net’accuse pas moi d'une pareille infamie...
pascal. Monsieur le comte... votre cœur me comprend, lui; c’est beaucoup; c'est plus que je 11e mérite; mais ce n’est pas encore assez : il faut que je retrouve votre argent , il le faut, ou bieu, si je ne puis y parvenir, dites adieu à votre vieux Pascal; vous le voyez pour la dernière fois...
le Comte. Pascal, que dis-tu... je t'ordonne de rester...
PASCAL. Non , non , ne me retenez pas , c'est inutile... ne commandez pas. je vous
désobéirais rien au monde ne saurait me
retenir... seulement, donnez-moi votre main Voyez-vous, ça me fait du bien... ça me portera bonheur... Quant à vous, madame, j'espère vous prouver tout à fait que je suis un honnête homme; mais si je ne réussis pas, si je ne retrouve pas cet argent, si vous ne me revoyez pas bientôt, enfin , c’est qu’alors je serai... Serviteur de tout mon cœur I
Il sort précipitamment*
le comte . Pascal !... Pascal 1 . ..