‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 101 sur 314 · Rbg. h, 1788 bis, fo 41 i · texte numérisé non relu

Rbg. h, 1788 bis, fo 41 i

et le scrutin ayant été présenté au roi en son ch&teau du Louvre, l'ouverture en fut faite par le secrétaire d'État Pinart, et le monarque reçut le serment de ceux qui avaient obtenu le plus de voix : MM. Jean de la Barre, avocat au Parlement, et Philippe Hotman ^ Mais si la candidature officielle n'a pas vicié, au moins ostensiblement, les élections de 1584 et 1585, celle de 1582, ayant pour objet la désignation d'un prévôt des marchands et de deux échevins, fut signalée par un curieux incident. Le nombre des votants n'ayant été que de 76, on trouva dans le chapeau mi-partie rouge et tanné quatre-vingt-deux bulletins. Le Bureau de la Ville, en présence de ce résultat, décida qu'il y avait lieu de procéder à une nouvelle élection, que tous les billets seraient brûlés, et qu'on en référerait à la reine mère. Conformément à la résolution du Bureau, on brûla les bulletins, et l'échevin Poussepin, conseiller au Châtelet, accompagné du procureur du roi et de la Ville, alla trouver la reine mère, qui se trouvait alors à Saint- Maur-des-Fossés. Catherine manda pour le lendemain matin le prévôt des marchands et les échevins, « ainsi que les sieurs qui avoient la pluralitté des voix de prévost des marchans et eschevins nouveaux en ladicte assemblée ». Les personnages ainsi désignés se rendirent aux ordres de la reine, avec les scrutateurs. Après avoir entendu faire par le président Luillier, l'un des scrutateurs, le récit de ce qui s'était passé, Catherine déclara que messire Etienne de NuUy, premier président de la Cour des aides, ayant été désigné pour l'emploi de prévôt des marchands par la grande majorité des votants, et Antonin Huot, bourgeois de Paris, et Jean de Loynes, avocat au Parlement, ayant, de leur côté, obtenu le plus grand nombre de suffrages pour

1. Rbo. h, 1788 6t5, fo 485. Jean de la Barre élant mort cette année même, 1585, une élection partielle eut lieu (pour le remplacer jusqu'à Texpiration de son mandat) le 23 septembre 1585, et Télu fut Jean le Breton, avocat.

les places d'échevin, il n* y avait pas lieu de tenir compte des billets trouvés en trop dans le chapeau, parce qu'ils u ne faisoient aucune concurrence ou préjudice aux voix et eslections desdictz sieurs président de NuUy, Huot et de Loynes, parce que les autres personnes qui avoient voix en ladictc élection n^aprochoient à beaucoup près en nombre de voix que y avoient iceulx * ». On ne recommença donc pas l'élection, et les trois candidats désignés par la majorité prêtèrent serment, en présence de la reine et entre les mains de M. de Ghevemy, garde des sceaux.

Sur des points secondaires, les privilèges des officiers municipaux et de leurs auxiliaires étaient maintenus et même développés. C'est ainsi qu'à la date du 9 janvier 4584 les conseillers de Ville font décider « qu'ils demoureront, tant pour le passé que pour Tadvenir, francz, quictes et deschargez des cottisations qui se lèvent pour la fortification de ladicte ville, desquelles partant le receveur (lesdictes fortiffications sera et demourera deschargé en ses comptes ' ». Les archers, arbalétriers et arquebusiers de la Ville, que les capitaines des dizaines voulaient assujettir « à aller et envoler aux gardes des portes, guetz et sentinelles, malgré l'exemption dont ils jouissoient de tout temps et ancienneté », obtinrent, en mai 1585, la confirmation de cette dispense, en invoquant « les services qu'ils font, de préférence à la garde des pouldres du Temple et ailleurs ^ » . Une application intéressante du droit de résignation fut faite le 16 décembre 1583 à propos de l'important office de greffier de la Ville. W Claude Bachelier, titulaire de l'emploi, présenta au Bureau comme successeur

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