Ibid
Malgré Tintime et nécessaire association du corps de Ville parisien à toutes les cérémonies publiques intéressant la dynastie royale ou les hauts dignitaires de TÉtat, il ne faudrait pas croire que, dans les années qui précédèrent et préparèrent Tépanouissement de la Ligue, la vie municipale fût restreinte à de vaines parades comme il arriva plus tard sous la dynastie des Bourbons. De nom* breux textes, et spécialement les Registres de la Ville permettent d'affirmer que, durant la période que nous étudions, l'administration parisienne a déployé une grande activité et maintenu fermement ses privilèges traditionnels.
En ce qui concerne d'abord l'élection des magistrats municipaux, la royauté, de 1582 à 1586, ne parait pas avoir exercé une pression illégale sur les suffrages des électeurs ^ Le 16 août 1584, le scrutin des élections municipales fut apporté à la reine mère « estant en son palais des Thuilleries ». Elle le fit ouvrir en présence du chancelier; et le président de NuUy, élu prévôt des marchands, les sieurs Pierre le Goix et Rémond Bourgeois, élus eschevins par la quasi-unanimité des voix, virent leur nomination approuvée par la reine mère sans la moindre difficulté '. Le 16 août 1585, on nomma deux échevinsdans les formes ordinaires,
1. Il faut Bignaler cependant des lettres royales, données à Blois en janvier 1377, par lesquelles le roi « accordait aux prévôt des marchands et eschevins qui ont esté depuis Tadvènement à la couronne du roi Henri deuxiesme », entre autres privilèges, celui d'assister à toutes les assemblées générales, « mesmes es élections des prévost des marchans et esche- TinSf tout ainsi et en la forme et manière que ont esté et sont à présent les vingt-six conseillers de la Ville, pour y avoir et tenir rang en séance après lesdictz conseillers ou sur ung ou plusieurs bancs à part, et sur peine de nullité desdictes assemblées ». Ce privilège accordé aux anciens prévôts et échevins augmentait, contrairement aux traditions, le nombre invariable des électeurs. Aussi, dans rassemblée du 26 avril 1585, tenue par le prévôt des marchands et les conseillers de Ville dans la Grand 'chambre du conseil, fut-il décidé que, « au nom des conseillers de la Ville, sera donnée requeste et présentée à la Court {c'est-à-dire au Parlement) pour s'opposer & la veriffication et publication des lettres de 1577 ». Reo. H, 1788 bis, fo 455.