Péub., Pp., part. lil, p. 1 à
. 3. Rbo. h, 1188 àis, fol. 354.
l. Ibid., fol. 365.
le tout sous peine de confiscation des tombereaux et d'amende arbitraire. Quand les entrepreneurs tardaient à enlever les boues, la municipalité prenait parfois des mesures expéditives : c'est ainsi que le H janvier 1585 elle enjoint « au premier sergent ou conmiissaire des quais de la Ville de prendre et arrester le premier basteau vide appartenant aux conducteurs de vuidanges d'icelle ville qui se trouvera sur les quais du Louvre et de la Mégisserie pour mener les boues et immondices qui sont à présent sur les dictz quais, en paiant toutesfois Toccupation dudict batteau raisonnablement, le tout suivant Texprës commandement du roi ^ ». Les bourgeois commis dans chaque quartier pour lever et employer les taxes de balayage étaient fréquemment obligés de contribuer de leurs propres deniers si les taxes dont il s'agit étaient insuffisantes pour subvenir à la défense. C'était une occasion de grandes plaintes de la part des pauvres bourgeois. En 1586, ils s'adressèrent à Henri III, qui, par déclaration du 29 août, manda au prévôt de Paris d'égaler le montant des taxes au montant de la dépense à faire. Le roi prend soin en même temps de dire que les officiers de sa maison ne seront point chargés de la levée de la recette des deniers de police.
Depuis l'époque où Philippe-Auguste avait prescrit aux bourgeois parisiens d'élever une enceinte nouvelle autour de la Ville, la municipalité avait toujours conservé dans ses attributions la surveillance des remparts, des fossés
l.Reg.H, 1788 615, fol. 435.— Par décision du 23 janvier 1585, le Bureau de la Ville prit des mesures définitives pour assurer le nettoiement des quais de Paris depuis la Vallée de misère jusqu'à la porte Neuve. Il accorda l'entreprise du nettoiement pour neuf ans aux frères Foullon, dont le second était « voicturier par eau et M* des basses œuvres des manans en ceste ville de Paris ». La rémunération des entrepreneurs se composait de deux éléments : !• des deniers payés par les riverains pour l'enlèvement des boues et le nettoiement des quais; 2« d'une taxe de deux sols six deniers tournois sur chaque bateau « chargé de marchandises qui arrivera et sera garré et deschargé le long desdictz quais ». Ibid.. fol. 435.
et des portes *. On ne sait pas exactement qui supporta la dépense des fortifications faites sous Louis XI et sous Louis XII • ; mais Sauvai affirme qu'à partir du règne de François I" toutes les dépenses nécessaires à l'entretien ou à la réfection des fortifications furent supportées par les Parisiens. En 1536, les quartiniers fournirent seize mille manœuvres pour creuser des fossés au delà des faubourgs ; les habitants de ces faubourgs durent payer une année entière des loyers de leurs maisons. En 1552, Henri II avait
1. GciLLAUMB DE Nanois, édît. Géraud, t. II, p. 279; Leroux dr LzNCT,p. 126. — Sauval (Antiq. de la Ville de Paris, t. I, p. 86) dit à ce sujet : « Depuis Phi lippe- Auguste, les murailles et les fortifications se sont toujours faites aux dépens des Parisiens. Les successeurs de ce prince les ont données aux prévôt des marchands et échevins; ils leur en ont confié la garde, la visite, la conduite et le soin de les réparer, rétablir et changer. » Le prévôt des marchands veillait avec soin à la conservation des fortifications : c'est ainsi que, le 28 mars 1586, il défend « à toutes personnes de démolir une tour estant des antiens mura estana au derrière et àl'endroict de la maison de M. le comte du Bouchaige, assise près le Louvre ». Rbg. H, 1788 bis, fol. 578. — D'autre part, il parait résulter de certains textes que le roi se réservait un droit de contrôle supérieur en ce qui touche Tembellissement des portes de la Ville, et fiiisait des commandes d*objet d'art dont la Ville assurait seulement l'exécution et la mise en place. C'est ainsi qu'en 1585 le roi avait commandé à Germain Pilon un écusson destiné à orner une nouvelle porte. Pour la forme, le dessin du travail fut soumis au Bureau de la Ville, qui l'approuva dans les termes suivants : « Âpres avoir veu la figure ou desseing des armes de France et de Polongne, accompagné des deux ordres et devises du roy que Sa Majesté entend eslre mise et apposée au portail naguères faict de neuf sur la chaussée de la porte Sainct-Ànthoine, a été ad visé que icelles armes et accompaignemens, selon ledict desseing, seront faictes en bronze et estofTées, comme il est porté par icelluy desseing. Partant, avons ordonné à Germain PilIon,controIleur des effigies de la monnoye de France, d'icelles faire faire et exécuter; et, à ceste fin, avons faict parapher icelluy desseing par le greffier de ceste Ville de Paris, ne varietur. Et lequel a esté mis ès-mains de Pierre Guillain, maistre des œuvres de ladicte Ville, pour en faire les diligences et exécution d'icelluy, les faire asseoir et mectre en la place pour ce destinée. Faict au bureau, le mardy vingtiesme jour d'aoust Tan 1585. » Rbo. H, 1788 bis, fol. 490.
2. II semble cependant résulter d'un passage des Registres que nous avons cité {HisL munie,, p. 303) qu'en mars 1512, au moment où l'on redoutait une invasion anglaise, ce fut uniquement la caisse municipale qui supporta les frais de la mise en état des fortifications, chaque communauté et confrérie de marchands ayant, de son côté, fourni un ou plusieurs canons. Sous François !•', Paris était l'arsenal de la France, et le roi comme ses généraux et même les autres villes s'adressaient au prévôt des marchands pour avoir des armes et des munitions. {Hist, munic^ p. 375 et suiv.) En noTcmbre 1555, Henri II taxa Paris à 12,000 livres pour fortifier les places de la frontière.
ordonné à la Ville de lever 120,000 par an, tant sur les propriétaires que sur les locataires, pour réparer les forifications : chaque logis était taxé à quatre francs au minimum et vingt-cinq francs .au maximum, suivant son importance. Le roi lui-même payait cette taxe pour le Louvre, le Palais et l'hôtel des Tournelles. C'était à l'Hôtel de Ville que se faisait le travail de répartition des taxes, parles soins d'une commission composée d'un député du Parlement, de la Chambre des comptes et de la Cour des aides, d'un conseiller de Ville, d'un secrétaire du roi, des quartiniers, cinquanteniers, dizainiers et deux bourgeois de chaque dizaine. D'après un édit de Charles IX, les deniers levés chaque année pour la fortification étaient mis en recouvrement au mois de janvier. Sous Henri HI, les travaux des fortifications ne furent pas moins onéreux pour les Parisiens qu'ils ne l'avaient été sous les règnes précédents. C'est ainsi qu'en mai 1585 le roi avait demandé à la Ville 60,000 écus pour la réparation des remparts de Paris ; mais, grâce à des remontrances plusieurs fois renouvelées, le prévôt des marchands obtint du prince qu'il se contentât d'un capital de 8,000 écus, dont les arrérages seraient destinés à « faire plusieurs fortiffications et réparations ès-portes, chaisnes, pontz-levis, bascules, herses, barrières, corps de garde, rehaulcement de courtines, tranchées, murailles, portes, achaptz de pièges, pelles, boyaux, hottes et aultres ustensilles pour servir aux vallides qui seront employez auxdictes fortiffications ' ». Plusieurs communautés ' avaient fait abattre les portes