‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 106 sur 314 · Rbo. h, 1788 bis, fol · texte numérisé non relu

Rbo. h, 1788 bis, fol

2. Les communautés étant propriétaires de terrains considérables tout autour de Paris, on comprend que les rois aient souvent eu besoin de prendre une partie de ces clos pour y faire passer les murailles de la Ville. C'est ainsi qu'en 1401, quand on refit une enceinte, on prit, sans même se soucier de les acheter, une portion des clos que les religieux de Sainte- Oeneviève, les Gordeliers et les Jacobins avaient derrière leurs couvents. 12 en fut de même pour certaines dépendances des abbayes de Saint-Germain et de Saint- Victor. Mais il faut ajouter que les moines et les abbés n'y perdirent rien. Charles V donna aux Jacobins l'hôtel de Bourg-Moyen; les Cor-

des fortifications qu'on élevait devant les faubourgs, sous prétexte qu'elles avaient droit de haute justice sur les lieux qu'elles occupaient et qu'on ne pouvait les clore « sans leur exprès congé ». Les chanoines de Saint-Marcel avaient « empesché les ouvriers et maçons employés pour la fermeture et bouchement des advenues dudict faulbourg Saint-Marchel », et fait abattre la clôture d'une ruelle. Par arrêté du 9 mai 1585, M. de Villequier, gouverneur de Paris, enjoigm't aux doyen, chanoine et chapitre de Saint-Marcel lès Paris « de faire rétablir promptement ce qu'ilz ont desmoly ou faict abattre, sur cette peine qu'il sera advisé bon estre ^ ». Un peu plus tard, le 22 mai de la même année, la Ville, à son tour, fit commandement au même chapitre de Saint-Marcel de faire rétablir dans le délai de huit jours « ce qui est nécessaire à faire & la closlure, fermeture de la faulce porte Sainct Marcel, ensemble au mur du pourtour du portail, charpenterie et couverture des galleryes d'icelle porte, ainsi qu'ilz étoient anciennement, pour la tuition et deffense de ladicte ville ». Un autre ordre du Bureau enjoint au doyen de « faire relever les murailles du cloz de l'Hostel-Dieu dudict Saint-Marcel, bien et deuement faire clore et fermer les huys de derrière, tant dudict cloz de l'Hostel-Dieu que de son jardin, et ce dedans trois jours prochains; aultrement et à faulte de ce faire, sera ce faict à ses dépens, et pour cest effect sera saisy son temporel ». Le 14 juin, le roi adresse de nouvelles instructions à l'Hôtel de Ville; il lui demande d'envoyer

deliers reçurent des jardins et des écoles construites des deniers royaux ; enfin les religieux de Saint- Victor et de Saint-Germain obtinrent, en mai 1368, le redressement, aux frais de la Ville, de la rivière des Gobelins, avec un droit de pèche dans les fossés jusqu*à la Seine. Moins heureux, les simples laïques, habitants des faubourgs, étaient expropriés sans indemnité pour la construction des murs et fossés. Voy. là-dessus Sauval, t. I, p. 87.

1. Rbo. h, 1788 bis, fol. 459. « Aultreinent, dit la décision municipale, et à faulte de ce faire, sera ce faict aux despens de ladicte ville et la propriété de ladicte porte prinse et appliquée au profict de-ceste d. Ville. »

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1,200 pionniers aux tranchées et l'autorise à répartir la dépense entre les quartiers, en forçant les bourgeois à payer leurs taxes '.

Les historiens de Paris ont parlé à maintes reprises du pont Notre-Dame ", sur lequel la Ville avait obtenu la permission de faire construire moulins et maisons dès le début des travaux d'édification du pont, en 1412. Après la catastrophe de 1499 et la reconstruction qui ne fut achevée qu'en 1512, on avait édifié sur le nouveau pont, si l'on en croit Gorrozet, « soixante-huit maisons, toutes d'une mesure et même artifice, de pierre de taille et brique, chacune contenant cellier ou cave, ouvroir, galerie derrière, cuisine, deux chambres et grenier. Et estoit chascune escrite selon le nombre de son rang en lettres d'or ». Lors de l'entrée de Henri II (juin 1549) ', le nombre des maisons du pont Notre-Dame n'avait pas varié. Les vieux annalistes ne parlent de ce pont qu'avec enthousiasme. Gorrozet dit : « C'est le seul chef-d'œuvre de toute l'Europe, » et Philippe de VigneuUe, qui écrivait au début du xvi" siècle, s'écrie de son côté : « Je crois qu'il n'y ait point de

1. Voici le texte même de la lettre du roi : « De par lb Ror. Très chers bien amez, désirant pourveoir à la conservation de caste bonne ville de Paris, et rendre en deffense les advenues d'icelle, nous avons advisé et résolu de mectre jusques à ung bon nombre de pionniers pour les besongnier aux tranchées et advenues du pourtour de ladite Ville; et d^aultant que le nombre que nous y faisons travailler n'est suffisant, et estant nécessaire que en toute diligence il y soit besongné pour la seurelé d'icelle ville, nous vous mandons que vous ayez à faire savoir aux bourgeois de ceste dicte ville qu'ilz ayent à doresnavant envoler par chascun jour jusques au nombre de 1,200 pionniers, garniz d'outilz comme picqz, pelles, hottes et hoiaulx, pour y travailler en toute diligence ès-lieux qui seront désignez, faisant néanmoins par vous le département de ce que chacun quartier debvra porter également, suivant ce qui a esté cy>devant faict en Tannée 1567 ; et, à ce faire, contraindrez lesdictz bourgeois qui auront esté cottisez pour lesditcz manœuvres par toutes voyes deues et raisonnables, mesmes par exécution et vente prompte de leurs biens, nonobstant oppositions ou appellations quelconques; de ce faire vous donnons pouvoir. Faict à Paris le quatorziesme de juing 1585. » Ainsi signé : Hknry, et plus bas : Pinart.

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