‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 124 sur 314 · f>/. vniv., l. IX, p · texte numérisé non relu

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dissement général. » Le 23 juin, veille de la Saint-Jean \ quand le roi, accompagné de cent gentilshommes, alla présider à l'embrasement de la pyramide traditionnelle de la place de Grève, et faire collation à THôtel de Ville, il portait, si Ton en croit TEstoile, « une allégresse au visage, de Tavis (conmie on présuma) qu'il avoit eu de l'accord fait par la roine avec ceux de la Ligue, laquelle il aimoit toutefois aussi peu conune il faisoit la guerre ' ».

Le 18 juillet, Henri III se rendit au Parlement pour présider à l'enregistrement de l'édit. Tous |es présidents et tous les conseillers y assistèrent par ordre en robes rouges; la cérémonie s'accomplit au milieu d'un profond silence ; mais, quand le roi sortit du palais, quelques cris de Vive le rot! se firent entendre. Depuis longtemps pareille chose ne s'était pas vue à Paris; mais » on découvrit, dit TEstoile, que ceste acclamation avoit esté faite par personnes attitrées et apostées par les Ligneux, et qu'on avoit donné de l'argent à quelques crocheteux et faquins pour ce faire et de la dragée à force petits enfants. On nommoit le président de NuUi, entre autres, qui s'estoit chargé de ceste commission. »

Comment fut accueillie à Paris la conclusion du traité de Nemours, qui était une véritable convention de guerre entre le roi et la Ligue contre les protestants? La population parisienne ne comprit pas tout d'abord la portée d'un pareil acte. Elle allait au Te Deum de la Sainte-Chapelle et à celui de Notre-Dame en disant : C'est le « Te Deum de la paix ». On ne voyait que le résultat immédiat : Tallége-

1. Rappelons que chaque année, la veille du jour de la Saint-Jean, la municipalité parisienne faisait allumer un feu de joie sur la place de Grève. Cet usage parait remonter au xii« siècle. (Voir dans la collection Leber, t. VHI, p. 472, deux lettres de Tabbé Lebœuf sur Vorigine des feux de la Saint-Jean.) Au xvi* siècle, la cérémonie du feu de la Saint-Jean avait pris une grande importance. C'était Toccasion d'un grand banquet ou collation donné au roi et &sa cour par la Ville de Paris.

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