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2. Procès-verbal de Poulain, p. 307. Arch. cuk., t. XF, !'• série.
à lui arracher l'aveu de ses relations avec le roi; mais, comme Poulain persistait h jouer rétonnement, Villequîer proféra les jurons les plus énergiques et menaça son interlocuteur d'un châtiment exemplaire, s'il continuait à se mêler des affaires de l'État. Poulain ne s'émut pas et^ conformément à ce qu'il avait promis, ne se priva pas de faire ses confidences au chancelier, tant que dura l'absence du souverain. Ce Villequier apportait, d'ailleurs, dans ses relations avec les Parisiens, une grâce toute particulière. Comme on manquait de bras pour continuer les travaux ■des tranchées, il réquisitionna de force tous les maçons et interdit aux bourgeois de les employer. Le Bureau de la Ville porta ces ordres à la connaissance de la population *.
Pendant qu'on prenait à Paris ces mesures de précaution contre une attaque possible de l'armée allemande, celle-ci s'efforçait de passer la Loire et s'étonnait de voir Henri III en personne leur barrer le passage, alors que l'intérêt évident de ce prince était de se servir des reîtres protestants pour abattre la Ligue. Repoussés à La Charité, les alliés tournaient sur place, en proie à une sorte de panique étrange. Le duc de Guise, renforcé par les troupes de Mayenne et des ducs d'Aumale et d'Elbeuf, et par celles du comte de Brissac, harcelait la marche pénible et em-
1. « De par lb ROY. Af. le Gouverneur et lieutenant général de Sa Majesté en 4^ste Ville de Paris et Ile-de-France et les prévost des marchans et eschevins de la Ville de Paris.,, 11 est interdit à tous massons, aides et aultres manœuvres de quicter et laisser leur astellier, et & tous les dessusdictz et aides valides d'aller promptement besongner et travailler aux tranchées et advenues du pourtour d'icelle ville, demain matin, es lieux et endroictz qui leur seront ordonnez par les maistres des œuvres et aultres personnes qui ont charge de ce faire, leur déclairant qu'ilz seront très bien paies et -satisfaictz, et seront faictes deffences à tous bourgeois et aultres d'emploier lesdictE massons, aides, vallides en leurs astelliers et ouvraiges particuliers, «ur peine de vingt escus d'amende pour le regard desdictz bourgeois, et ausdictz massons, ouvriers vallides, de pugnilion corporelle, s'il y eschet, le tout jusques à ce que aultrement en ayt esté ordonné. Faict au Bureau de la Ville le mercredi 28 octobre, Tan 1587. » Rbg. H, 4789, ^ 85.
barrassée des envahisseurs , et finalement vint se placer entre eux et la capitale, en prenant position à Courtenay,, au delà du Loing : car il voulait éviter à ses amis les Parisiens le voisinage des troupes confédérées, qui auraient pu se laisser aller à la tentation de piller la banlieue. Que serait alors devenue la popularité du duc? Dans la nuit du 28 octobre, il y eut un choc entre les forces du duc do Guise et celles du baron de Dhona, à Vimori, près de Montargis. Mayenne commandait en personne la cavalerie catholique et se comporta fort bravement : il reçut du baron de Dhona lui-même un coup de pistolet dans la mentonnière de son casque et blessa son adversaire d'un coup de sabre. L'engagement n'était, d'ailleurs, qu'une échauffe urée sans importance *. Cela n'empêcha pas les ligueurs de chanter victoire, et « la nouvelle estant arrivée à Paris^ fust aussitost mise par la presse, imprimée, criée et publiée, avec les adjonctions ordinaires et accoustumées, faisans monter le cent à mil * ». L'armée protestante entra en Beauce, sans nouvelle attaque de la part du duc de Guise, qui passa de Montargis à Nemours et de Nemours à Montereau, puis à Étampcs, où il arriva le 18 novembre. Henri III se croyait trahi et envoya Joachim de Dinteville demander au chef de la Ligue la raison de cette espèce de retraite, car on pensait, dans l'entourage du roi, que Guise pouvait bien songer à conduire ses troupes près de Paris pour en rester maître après une victoire. Cette crainte reposait d'ailleurs sur un fondement sérieux, car c'est à Ëtampes que le duc donna audience au commissaire Louchart, qui l'engagea vivement à s'emparer de la personne royale, tandis que les ligueurs parisiens mettraient la main sur les membres du Conseil et du Parle-
i. Db Teou, l. X, p. 45. Rouvray, qui portait la cornelte de Mayenne, la perdit pendant l'action.