Voy. p
'i. Voy. Dialogue du Maheustre et du Manant, Ibid,, t. UI, p. 434. Nous avons déjà donné (voy. p. 207), quelques renseignements sur les premier» organisateurs de la Ligue et sur la constitution des comités ligueurs. H n^est pas exact de dire, comme l'a fait H. Maitiit, 4» édit., t. X, p. 54, note 3, que « les chefs des seize quartiers faisaient partie du conseil ou comité directeur de Paris «. H est vrai que dans le Dialogue du Maheustre et du Manant (p. 445 du t. UI de l'édit. de Ratisbonne) on désigne souvent les chefs de la Ligue parisienne par cette qualification « les Seize n ; mais nous pensons qu'il faut entendre par cette dénomination générale la réunion du Conseil des Dix et du Conseil des Six, qui délibéraient en commun. Quant aux seize quartiers de Paris, nous avons expliqué que le duc de Guise les avait groupés en cinq grandes circonscriptions, confiées à cinq membres du Conseil des Six; le sixième, qui était Charles Hotmann, n'ayant pas de commandement défini, mais jouant néanmoins un rôle très actif. Le premier Conseil comprenant dix personnes et le second six, cela fait bien' seize; mais il va sans dire que les seize quartiniers, chefs officiels des seize quartiers de Paris, n'avaient rien de commun avec les seize chefs de la Ligue. Il est à remarquer que N. Poulain ne dit jamais «i les Seize » dans son procès-verbal, mais emploie des termes vagues, ordinairement « Messieurs de la Ligue ».
ques, Saint-Marcel et Saint-Germain; Compans était le chef
de la Cité : La Chapelle, Louchart et Bussy surveillaient les
autres quartiers. La Rocheblond complétait le comité des
Sia:. Se réunissant tantôt au collège de Sorbonne, dans
l'appartement de Boucher, puis au collège de Forterel, où
ce dernier alla demeurer et qui fut appelé le berceau de
la Ligue; tantôt chez La Rocheblond ou La Chapelle, les
premiers ligueurs avaient observé une grande prudence et,
tout en faisant une active propagande contre le roi, ne
dévoilaient qu'à un très petit nombre de personnes sûres
le mystère de leur organisation, « tellement qu'il n y avoit
que ces cinq personnes, avec le sieur de La Rocheblond,
au commencement qui travaillassent par toute la ville à '
instituer et établir la Ligue *. »
L'état-major de la Ligue étant ainsi constitué, il reste à dire ou à rappeler sur quelles classes de la population parisienne il pouvait compter pour recruter ses soldats. Il disposait d'abord de l'immense armée des moines de toutes couleurs,' dont les couvents ressemblaient aux citadelles de l'insurrection et qui, par leurs déclamations dans les églises ou dans la rue même, fournissaient aux Guises des milliers d'agents aussi fanatiques qui désintéressés. Les doubles d'Espagne venaient en aide à cette propagande cléricale et suscitaient des dévouements mercenaires parmi les gens du bas peuple et la tourbe qui encombrait les poris de la Seine. La presque unanimité du clergé, directement visé par les exactions de Henri III et hostile à tout prince hérétique, ne voyait pas de meilleur moyen pour écarter du trône Henri de Navarre que la suppression ou le renversement du dernier Valois. Quant à la noblesse, elle était divisée ; mais les gentilshommes qui suivaient la fortune des Guises devenaient, de jour en jour, plus nom-