‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 162 sur 314 · BcG.} ibid · texte numérisé non relu

BcG.} ibid

2. Ihid, Ce mandement parait établir que THÔlel de Ville fut averti de Karrivée du duc de Guise avant même qu'il eût franchi les portes de Paris» car les documents que nous avons cités disent que Guise arriva sur le midy (voy. notamment la relat. du Bourgeois de Paris, HisL de la journée des Barricades et Amplifie, des partie,). Le mandement est évidemment antérieur à l'heure de midi, puisque les capitaines doivent avoir réuni tous leurs hommes à midi.

s'agitait, remède qui eût consisté à faire une nouvelle Saint- Barthélémy d'hérétiques. Les capitaines hostiles aux ligueurs accusaient, d'autre part, ces derniers de n'être que des rebelles et des perturbateurs de l'ordre public. Les deux camps se réunissaient d'une manière distincte et se mesuraient de l'œil. Sur le bruit qui se répandit, le 7 au soir, que le duc de Guise était au Bourget avec une armée de trente mille hommes, les échevins et les capitaines royalistes mirent leurs hommes sur pied : les capitaines ligueurs prirent alors les armes afin de se garder d'une surprise K Le dimanche 8, Pereuse, prévôt des marchands, accompagné de l'échevin Le Comte, voulut mener les archers de la Ville au Temple pour prendre possession des poudres qui s'y trouvaient; mais les archers, ou du moins la plus grande partie d'entre eux, firent mine de quitter leurs hoquetons, s'écriant bien haut qu'ils étaient catholiques; et peu s'en fallut, Sainct-Yon l'affirme, qu'ils ne missent à mort le prévôt des marchands et l'échevin Le Comte. La nuit du 8 au 9, les capitaines des deux factions prirent la garde, se surveillant mutuellement, et, bien que le prévôt des marchands n'eût adressé de mandements pour la garde qu'aux officiers dévoués au roi, les archers de la Ville refusèrent tout service *. C'était déjà une situation révolutionnaire, puisque les ligueurs, non convoqués pour le service de garde, prenaient les armes

1. Hist. très veril., etc., relation attribuée à Sainct-Yon, t. UI des Preuves de la Satyre Ménippée, £dit. de Ratiabonne de 1752, p. 40.

2. IlncL Anquetil (Esprit de la Ligue, t. II, p. 21) parait un peu s'aventurer, quand il déclare que jusqu'au jeudi matin le roi aurait pu faire arrêter le duc de Guise,» parce qu'il avoil pour lors tous les capitaines de quartier, toutes les cours souveraines, la bonne bourgeoisie et 4,000 Suisses, outre sa garde ». Les documents que nous avons analysés au texte établissent, d'une manière certaine, que, dès le 7 mai, une grande partie des capitaines de la milice refusaient tout service à la municipalité royaliste, et que les archers de la Ville se mettaient en révolte ouverte dès le dimanche 8 mai. Le maréchal de Biron sera beaucoup plus dans la vérité, en disant au roi, le 12, que les 30,000 hommes <]e milice forment le principal contingent de rémeute.

d'eux-mêmes. Cette attitude d'une bonne partie de la milice dut rendre illusoires ou tout au moins paralyser les mesures de police qu'ordonna le Bureau dans les journées des 10 et H. Il avait été prescrit aux quarliniers d'appeler les oinquanteniers et dizainiers, et de faire des perquisitions dans toutes les hôtelleries, tous les garnis et autres lieux, afin de rechercher les vagabonds et les étrangers, et d'avertir le prévôt des marchands de tout ce qui se passerait dans chaque quartier. Quant aux colonels, ils reçurent Tordre « de faire faire corps de garde aux portes et par la Ville, suivant les règlemens qui ont esté cy-devant faictz », et d'empescher « qu'il ne soit tiré aulcun coup d'harquebuzc après neuf heures du matin sonnées jusques au matin que la garde soit levée * ». Le lendemain, le Bureau transmet aux quartiniers l'injonction « d'advertir par chacun matin à l'ouverture des portes MM. les colonels et capitaines de la Ville qui entreront en garde ès-portes d'icelle Ville, de ne laisser rentrer ne sortir aulcunes personnes par lesdites portes portans armes à feu », de fouiller ceux qui entrent et de saisir les lettres et paquets qu'on pourrait trouver sur eux, puis de porter le tout à l'Hôtel de Ville '. Le même mandement invite les quartiniers à continuer les perquisitions domiciliaires et à « entrer eulx-mesmes dedans chacune des maisons ».

Le 11 mai, à cinq heures du soir, eut lieu, dans la maison commune et sur Tordre du roi, une assemblée où figurèrent le sieur d'O, le prévôt des marchands, les échevins et « aucuns colonels ». Il y fut décidé qu'on ferait, la nuit suivante, « bonne garde par quelques places », mais que ce service de surveillance ne serait confié qu'à certains colonels ou capitaines sur qui le roi pouvait compter. L'échevin Sainct-Yon représenta vainement que chaque

Page 1